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deadman - in the direction of sunrise and night light

Deux ans après no alternative, le groupe indies deadman sort son deuxième album complet, in the direction of sunrise and night light. Leur dernier single en date, Seija no Koushin sorti en mars de l’année dernière annonçait les grandes lignes de cet album résolument plus calme et posé que les précédentes productions du groupe. On se souvient de notre déception face à ce single un peu terne et espérait que les trois garçons se reprendraient, mais force est de constater que sur les 11 pistes de cet album très peu arrivent à nous rallier à la cause de deadman.


Rock mou du riff et ballades hurlantes

Le titre d’ouverture, star baby ne présente aucun intérêt particulier, c’est un morceau répétitif au chant agonisant qui laisse l’auditeur perplexe et peu disposé à écouter la suite de l’album. Heureusement, il ne dure qu’une minute et la seconde piste se lance avant que l’envie de fuir ne nous prenne. Et on ne regrette pas d’avoir fait preuve d’un peu de persévérance, rip roll soil, bien qu’étrange, est assurément efficace. C’est une composition au son vieillot fusion de guitare heavy, de rythme pop enrichi de handclaps et de chœurs tout droit sortis des belles années du glamour rock. Préparez vous aussi à de surprenants éclats de voix et cris country qui en feront sourire plus d’un.

Mais notre enthousiasme naissant est décapité par la piste suivante, raison d’être. Les riffs pâteux plombent la mélodie malgré le rythme marqué de la frappe sèche de Toki. Le refrain, avec une rengaine à chantonner jour et nuit, pourrait être efficace si Mako daignait mettre un peu plus de sentiments et d’énergie dans son chant. On finit par se lasser et ce ne sont pas les morceaux suivants qui nous sortiront de notre torpeur ; les ballades pop se mêlent aux compositions de rock apathique et les tentatives d’un batteur esseulé d’y donner un semblant de vie sont peine perdue.

La nouvelle manie de Mako à geindre avec force et fracas est de plus très pénible, une véritable agression pour nos oreilles et certaines chansons, en particulier when the saints go marching in (anciennement intitulé Seija no Koushin), en deviennent insupportables. Sa voix lancinante sied tout de même aux chansons orientées "déprime" comme addition cause for sorrow, une ballade sombre sans grande originalité mais qui a le mérite d’avoir une jolie mélodie pour porter un chant profond et clair.



in the direction of sunrise and night light n’est pas un drame musical, les mélodies ne sont pas désagréables et on se surprend même à fredonner les refrains. La qualité des musiciens n’est pas non plus à remettre en question : Toki a déjà prouvé par le passé qu’il avait une bonne frappe, aie nous a maintes fois fait la démonstration de son habilité à titiller ses 7 cordes, Mako chante juste avec une belle voix, bien que commune en Visual Kei. Mais il semble qu’ils souffrent tous d’une grosse baisse de tension et on a peine à reconnaître leurs talents dans cet album qui manque cruellement d’originalité et de punch.

Qu’ont-ils fait de la fougue de leur jeunesse ?

Les récentes productions du groupe nous laissaient prévoir un assagissement des mélodies ; les derniers singles, aussi bien °C que Seija no Koushin sont axés ballades et pop rock gentil. Ce nouvel album s’inscrit dans cette progression et est totalement dénué du rock violent qui faisait les lettres de noblesse de deadman il y a quelques années. On ne peut certes pas reprocher à un groupe de faire évoluer son style en vieillissant, mais on a le droit de pleurer sur la fadeur de cet opus. Ainsi, l’écoute des cinq premières pistes de l’album suffit à nous transformer en conservateur extrémiste remplit de regrets et de nostalgie des premiers instants, du maxi single in media pour ne citer que lui, avec sa chanson titre au rythme enlevé et lunch box violente à souhait. Deux titres repris d’une main de maître dans no alternative, le premier album complet de deadman sur lequel le groupe nous avait offert des morceaux de rock puissants, des mélodies bondissantes, que du bonheur…

On pense trouver un peu de réconfort auprès de grand ground mais c’est un leurre ; malgré un bon début toutes guitares sorties, la mélodie est plate et Mako qui n’en finit plus de hurler, semble ne pas avoir la voix assez puissante pour faire de ce titre un moment fort de l’album.



Comme pour se faire pardonner, deadman nous réserve tout de même une sympathique surprise : follow the night light. Les couplets, tout juste susurré avec une diction rapide instaurent une ambiance intimiste et chaude et on se souvient que lorsque Mako ne cherche pas à concurrencer Véronique Sanson, il a un joli timbre de voix. La mélodie bien ficelée bénéficie d’une ligne de basse slappée où Kazuya, membre de session et nouveau venu, nous montre un peu de sa technique et insuffle enfin un semblant d’énergie à cet album. On trouve ici ce qu’on cherchait depuis le début, une chanson accrocheuse.

A noter, le CD cache un bonus vidéo, le clip de follow the night light. On peut ainsi apprécier le visuel très singulier de deadman, Mako livide au maquillage noir est très visualesque alors que les trois musiciens en jeans et veste noire classique semblent avoir abandonné pour de bon le look corbeau des premières années du groupe. L’effrayante maigreur de Mako souligne l’ambiance glauque de ce clip tout en contraste de noir et de blanc et on retrouve follow the night light chargée d’une noirceur pas évidente à sa seule écoute. On espère alors que tous les titres de cet album prendront une autre couleur lorsqu’ils seront portés par un visuel que ce soit un clip ou un live.



Ce deuxième opus est en somme bien décevant, les quelques titres accrochants ne suffisent pas à contrebalancer le manque d’énergie qui se dégage des autres. Les nouvelles compositions de deadman ne sont pas mauvaises, pourtant on ne peut s’empêcher de trouver le temps long à l’écoute de In the direction of sunrise and night light. Mais cela ne nous empêchera pas d’aller traîner nos guêtres du coté du Trabendo le 28 de ce mois, deadman ayant la réputation d’être un très bon groupe sur scène, il serait triste de rater une occasion d’assister à un show de qualité.

Lorraine Edwards


Sortie : 14 décembre 2005
Référence : DSDA-4
Site officiel : www.deadman.jp

Tracklist :
1 - star baby
2 - rip roll soil
3 - raison d'etre
4 - when the saints go marching in
5 - asthenia bullet stain
6 - additional cause for sorrow
7 - follow the night light
8 - fragile sandy
9 - dim quiet
10 - grand ground
11 - this day.this rain.

Bonus vidéo :

follow the night light (clip)

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