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girugämesh - 13's reborn (version européenne)

girugämesh ou comment un groupe de metal japonais sort des sentiers battus du visual kei. Le quatuor fait résonner depuis quatre ans ses riffs assassins à la surface du monde, enfin… du Japon. Une chance pour nous, son premier album 13’s reborn a su traverser les mers grâce à GAN-SHIN. Et c’est avec plaisir, headbangant dans sous les sens, que l’on découvre Satoshi au chant, Nii à la guitare, ShuU à la basse et Ryo (ex-roadie de Dir en grey) à la batterie. Une vraie tuerie. Pour preuve, il s’est directement glissé en 9ème place de l’Oricon indies dès sa sortie. C’est dire si cette "renaissance" est enthousiasmante ! Une petite dissection s’impose.

Bien qu’il ne s’agisse apparemment pas de la source d’inspiration directe de leur nom, pour la petite histoire, Gilgamesh est un héros légendaire courant après l’immortalité. Avec l’accent japonais, ça donne donc girugämesh. Et pour courir autant, il faut beaucoup d’endurance et de détermination. Les quatre Tokyoïtes sont fidèles à ces préceptes et offrent des rythmes, des sons et des prestations scéniques des plus énergiques. Depuis la naissance du groupe en 2003, ils ont tourné dans tout le Japon, mais aussi à Los Angeles (au Jrock Revolution de YOSHIKI), en Allemagne, et ils entameront bientôt une tournée européenne qui passera par Paris le 28 janvier 2008. On les compare souvent à 12012 ; cependant, leurs influences se trouvent plus aux États-unis que sur leur île natale. C’est certainement cela qui fait toute la différence.

girugämesh reflète une musicalité japonaise, cette sensibilité à la fois aiguë et froide ; de savoureux ingrédients mélangés avec des riffs néo-metal. Oui, néo-metal. Ce terme peut sembler obsolète, mais il prend tout son sens quand les accords de guitare sont lourds, quand le chant s’exprime entre hurlement bien maîtrisé et mélodie, quand la basse sait compléter la batterie dans leurs martèlements respectifs… Ce qui donne lieu à de très bons morceaux comme Owari to mirai, dont le clip est largement diffusé. Pour les connaisseurs, l’atmosphère peut rappeler les premiers pas de Slipknot (à la Spit It Out ou Wait and Bleed) sur Shadan, qui laisse présager un sacré pogo en live ! On peut également trouver dans 13’s reborn des accents de Wednesday 13, des Murderdolls sur Mouja no koushin, grâce aux ambiances sombres et samplées, doublées d’un petit côté rock indéniable. Pour rester dans le rock’n’roll à tendance heavy, Ame to fukousha ramène aux grandes heures de Mötley Crüe (ou de Velvet Revolver) -alors qu’il s’agirait presque d’une ballade- ainsi qu’aux très bons titres des Backyard Babies (robust conviction est un véritable hit en puissance). Un beau bazar !? Tout cela est pourtant d’une cohérence saisissante à l’écoute de l’album.



Dès les premières secondes, impossible d’échapper à l’univers à la fois obscur, rythmé et terriblement attirant de girugämesh. Nul besoin d’être un parfait japanophile pour ressentir ce que le groupe souhaite transmettre, tant la musique est chargée d’émotions et suffit à procurer tout un panel de sensations. La version européenne de 13’s reborn, calquée sur l’édition simple nipponne (mais avec un feuillet de traductions françaises, anglaises, allemandes et romaji, en sus au livret original), intègre le douzième et dernier titre très apprécié des fans japonais : Kaisen sengen. Il s’agit de leur premier maxi single sorti fin 2004. Une vraie chance, puisque l’édition limitée japonaise CD+DVD, elle, en est privée. Dans le sillage de Kaisen sengen, se trouvent quelques anciens titres, et pas des plus mauvais : Fukai no yami et Deceived Mad Pain ont la fâcheuse tendance à laisser les refrains trotter dans les têtes pendant un bon moment. La voix de Satoshi, toujours sur le fil, un peu cassée et parfois très pointue transporte très très loin. Mais jusqu’où ? girugämesh aime jouer avec notre imagination. Laissons-la divaguer alors, elle est entre de bonnes mains.



L’efficacité de 13’s reborn n’est plus à prouver. Un vrai coup de cœur pour tout amoureux du metal ; du rock dans tous ses états ; dans sa version la plus douce, la plus violente, la plus déchirante, la plus prenante en somme. Cet album est un savant mélange de made in girugämesh et de tout ce que ce que la musique a fait de mieux outre-Atlantique ces dernières années. Que demande le peuple ? Ce disque ? Comme c’est compréhensible… girugämesh, c’est une grosse claque. Et n’allez pas dire que vous n’étiez pas prévenus… Pour finir, une petite traduction des derniers mots d'Owari to mirai : "Si cette voix dont je joue t'atteint, je t'attirerai et j'arracherai tes plus profonds sentiments / Pourrais-tu rehausser pour moi, incapable de chanter, le plus petit des sourires ?". Prochaine étape, un second album prévu le 26 décembre prochain au Japon… avant la fameuse tournée d’hiver en Europe.

Mélody Ikasu


Référence européenne : GSCD-030
Sortie japonaise : 27 septembre 2006
Sortie française : 29 mai 2007
Site officiel : www.girugamesh.com

Tracklist :
01 - 13
02 - Jarring fly
03 - Shadan
04 - Mouja no koushin
05 - Aimai na mikaku
06 - robust conviction
07 - Ame to fukousha
08 - Furubita shashin
09 - Deceived Mad Pain
10 - Fukai no yami
11 - Owari to mirai
12 - Kaisen sengen

Visuels © 2006/2007 DANGER CRUE ENTERTAINMENT, INC. GAN-SHIN / NEO TOKYO.

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