Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

Koda Kumi - LAST ANGEL feat.TOHOSHINKI

Ce que l’on aime avec Koda Kumi, ce n’est pas sa propension à porter superbement bien ses mini shorts en jeans, ni les couleurs criardes à vous péter la rétine sur ses pochettes de singles, mais certainement le nombre impressionnant de contradictions qu’elle engendre. Kumi la chaudasse ultra sexy et glamour ? Qu’à cela ne tienne, nous avons eu droit en 2007 à des visuels plus hideux les uns que les autres et des robes meringuées tout droit piquées dans une garde-robe de mini miss américaines. Kumi est encore une des meilleures vendeuses Jpop de l’année 2007, pourtant elle enchaîne les flops : Aisho, FREAKY, Ai no Uta… Même son dernier LAST ANGEL ne vient pas sauver son palmarès avec à peine 72.000 copies difficilement écoulées, alors qu’avex lui avait monté une dream team en l’associant aux DBSK / TOHOSHINKI, le plus populaire boysband coréen du moment.

Et pourtant, il est bon ce petit LAST ANGEL ! L’année dernière à la même époque, on se contentait d’une autre collaboration avec WON’T BE LONG, une reprise assurée avec les joyeux singes d’EXILE. Cette année, il fallait donc compter sur la présence exceptionnelle du boysband coréen TOHOSHINKI, plus connu sous les noms de Dong Bang Shin Ki ou de TVXQ! dans leur pays. Leurs prétentions japonaises ne sont aujourd’hui plus si clairement affichées : si la maison de disques avex a bien tenté de les imposer face à l’écurie Johnny’s Entertainment, avec un joli coup d’éclat côté single en août dernier, la récente déferlante KinKi Kids / NEWS / KAT-TUN les a totalement balayés. TOHOSHINKI, c’est un peu l’équivalent coréen des V6, un ersatz de SMAP (oui, frappez-moi !) avec leur copie de Kimura Takuya, leur grande bringue décoloré, leur bad boy réfractaire au code de la route, etc. Bref, cinq garçons plutôt séduisants de leur personne, qui dansent ici avec la mollesse des matins calmes et dont deux savent réellement chanter hors play-back… Mais, ne nous collons pas d’œillère pour autant, si Koda Kumi a prouvé qu’elle savait chanter, elle ne fait pas pour autant montre de sa légendaire énergie lors de ses quelques performances de LAST ANGEL. Est-ce la nonchalance des danseurs de TOHOSHINKI ou les braillements légèrement faux de ces minets qui empêchent la formation de se lâcher un peu sur scène ?

Malgré son rythme bien-comme-il-faut, LAST ANGEL intrigue par sa mélodie quasi mono-octave et une instrumentalisation discrète par rapport aux dernières productions. Seules les voix de Kumi et des TOHOSHINKI, qui s’accordent bien, dynamisent finalement une chanson qui pourrait être banale. Mais ce qu’on aime avec LAST ANGEL, c’est ce petit côté old school qu’on avait apprécié à l’époque où le Japon intégrait le R’n’B. Il y avait toujours un petit passage de rap en plein milieu d’un morceau bien pop, bien dansant (voire dance), avec son rythme léger et une mélodie facile à mémoriser. Encore plus rétro, on retrouvera avec délice le riff de violon qui avait imprimé le morceau Papa don’t preach, tube incontestable de Madonna dans les années 80. On appréciera également le travail d’harmonisation des voix des TOHOSHINKI et de Koda Kumi qui exclut d’emblée des cœurs de studio, et qui donne de l’ampleur à ce single malgré sa platitude mélodique. On regrettera au même titre l’absence de prise de risque dans les vocalises, spécialité pourtant toute Kumiesque.



Le clip inclus au DVD de l’édition limitée est emprunt de la même simplicité. Passée l’intro qui rappelle l’onirisme de la pochette M d’Ayumi Hamasaki, c’est dress code blanc et argent pour tout le monde (décor inclus) à l’exception de quelques plans dédiés à Kumi, habillée pour l’occasion comme une J.Lo (queue de cheval incluse) dans un décor entièrement fait de vecteurs et de pixels. Merci la technique ! Le making-of de quatre minutes ne méritera quant à lui pas la moindre seconde d’attention, à moins de comprendre le Japonais (et encore…).

Avec Dear Family, face B du disque, Kumi semble s’être encore moins foulée ses neurones peroxydés que pour Ai no uta. Il s’agit une énième ballade, guimauve, sucrée, trop proprement chantée pour que l’on surprenne la moindre émotion. Sauf qu’elle parle bien évidemment de sa famille, d’histoires de cœur sentant clairement trop le réchauffé. Et dire qu’on avait tripé et pleuré sur les premières ballades de la belle, comme pouvaient l’être I believe, 1000 no kotoba, et plus récemment YOU sur lesquelles Kumi semblait vraiment s’arracher le cœur en l’interprétant. Après une production aussi vide et ennuyeuse, il ne resterait plus à espérer que Kumi, 25 ans passés depuis peu, se refasse larguer avec le moins de délicatesse possible, qu’elle reprenne les 5 kg qui lui manquent et ponde enfin une vraie ballade, avec son histoire d’amour qui finirait mal, mais qu’elle chanterait si bien.



Malgré l’effet médiatique de la collaboration à l’échelle de l’Asie toute entière, en dépit de son exploitation comme chanson thème pour le troisième film Resident Evil au Japon, LAST ANGEL affiche les plus mauvais chiffres de vente single de Kumi depuis 2005. On pourra chercher des excuses : une tracklist plus que pauvrette, une face B à se cacher sous la couette, le goût douteux de la jaquette… Ça représente tout de même un râteau de plus pour une reine de la pop en ballottage défavorable depuis des mois ! Pourtant, LAST ANGEL à elle seule est une chanson extrêmement sympathique, pas la bombe attendue certes, mais qui se laisse écouter et apprécier à mesure que le titre tourne, et surtout à un volume sonore adéquat. Peut-être cela fait-il trop de conditions pour qu’il soit apprécié de tous, mais comme LAST ANGEL ne renie pas les fondements même de la pop et qu’il ne s’enfonce pas dans le m’as-tu-vu et la débauche de forfaits voyelles (merci Gad) si chers aux artistes actuellement, il en est qu’encore plus digne d’intérêt. On se rassure donc déjà de le voir figurer sur le prochain album de Koda Kumi, Kingdom, à paraître le 30 janvier 2008.

Wendy Roeltgen


Sortie : 7 novembre 2007
Référence édition limitée CD+DVD :
RZCD-45766
Référence édition CD : RZCD-45767
Site officiel : www.rhythmzone.net/koda

Tracklist CD :
01 - LAST ANGEL feat.TOHOSHINKI
02 - Dear Family
03 - LAST ANGEL feat.TOHOSHINKI (instrumental)
04 - Dear Family (instrumental)

Tracklist DVD :
01 - LAST ANGEL feat.TOHOSHINKI (MUSIC VIDEO / MAKING VIDEO)

>> Acheter l’édition limitée CD+DVD officielle chez YESASIA (environ 13 euros)

Visuels © avex & rhythmzone
Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême