Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

ikimono-gakari - Akaneiro no Yakusoku

A l’approche de cette fin d’année 2007, on constate avec dépit que peu de nouveaux groupes Jpop ont réussi à percer et que la plupart des anciens n’ont pas été assez brillants pour créer l’événement. En fouillant mieux derrière ce bilan un peu déprimant, on réussit à s’accrocher à quelques lumières lointaines, pour la plupart (quasi) inconnues du public européen. Le trio ikimono-gakari fait partie de ces lucioles musicales qui animent l’automne. Ce "petit" groupe parti de rien, rêvé par deux camarades de classe, s’est finalement envolé, et nous a proposé le 24 octobre dernier un magnifique single, Akaneiro no Yakusoku, déjà vendu à plus de 40.000 exemplaires.

En 1999, les camarades de classe Yamashita Hotaka et Mizuno Yoshiki, tous les deux nés en 1982, comptent parmi les espoirs de l’année. Ils montent un groupe en débauchant Yoshioka Kiyoe, la sœurette d’un de leurs amis de lycée. La jeune fille, née en 1984, devient leur chanteuse. Le trio ikimono-gakari se lance alors dans la fourmilière du milieu amateur. Leur nom japonais, que l’on peut traduire par "la corvée de la mascotte animalière de la classe", renvoie aux lapins, hamsters et autres poissons rouges dont les élèves doivent s’occuper, en lavant les cages ou en nettoyant leurs déjections… Hotaka et Yoshiki se chargeaient régulièrement de cette tâche et ont décidé d’y faire une référence amusée. De 1999 à 2003, ikimono-gakari zigzague entre les études et les concerts dans les coins branchés d’Atsugi, leur ville d’origine. Leur popularité croît progressivement, et ils finissent par sortir un premier album en 2003 : Makoto ni Senetsu Nagara First Album wo Koshiraemashita. C’est le label cubi club, découvreur de talents qui ne produisait jusqu’alors que des artistes solos, qui les signe jusqu’en 2005, avec deux albums semi amateurs à la clé. ikimono-gakari passe définitivement professionnel en rejoignant le label EPIC Records Japan (Crystal Kay, Misato Watanabe, HALCALI…) en 2006. Les études terminées, le groupe se lance corps et âme dans la musique avec un premier single major courant mars 2006. Quatre autres suivront jusqu'au succès de leur nouvel album Sakura Saku machi Monogatari. Commercialisé en mars 2007, il s’impose à la première place des charts avec 154.000 copies écoulées. Un nouveau single sort en août, puis arrive Akaneiro no Yakusoku, le CD de cette fin octobre, qui confirme le potentiel et le charme simple du trio pop.



Le packaging, tout en sobriété et dans une authentique innocence, n’abuse d’aucun artifice tape à l’œil : la jaquette est une banale photo des trois amis dans un parc pour enfants. Dans leurs mains, trois ballons aux couleurs jaunes orangées dessinent subtilement un dégradé évoquant un coucher de soleil… Le "hasard" fait bien les choses : il s’agit du paysage coloré thème de la chanson principale : Akaneiro no Yakusoku ("la promesse orangée", en référence au tableau naturel), premier des trois titres du single si l’on excepte la version instrumentale de la face A.

Composée en 2006, Akaneiro no Yakusoku fut originellement écrite pour le mariage du frère aîné de Kiyoe (plus précisément pour celui qui avait présenté la chanteuse aux deux autres membres du groupe) et fut ensuite rapidement interprétée en concert sans passer par la case CD. Les fans la réclamaient, et la voici enfin, réarrangée, pour le plaisir du grand public. Sur un thème romantique et fédérateur (devant un soleil couchant, un couple, main dans la main, se promet de rester unis pour toujours), Akaneiro no Yakusoku est une ballade pop, douce et particulièrement chaleureuse. Les guitaristes se font très discrets pour laisser s’exprimer pleinement les violons, piano et percussions. L’accompagnement très harmonieux donne du volume à la mélodie enjouée qui captive rapidement. Le chant de Kiyoe, plus grave et assuré que ceux de nombre de ses compatriotes en jupon, est aussi particulièrement envoûtant par son côté malicieux, sans pour autant relever d’une quelconque démonstration de technicité (on lui reprocherait éventuellement quelques passages un tantinet criards). La simplicité est de mise, la composition aussi efficace que le refrain (parfaitement amené lors des climax musicaux) et les nuances appliquées avec justesse. Akaneiro no Yakusoku dégage une étrange sensation de proximité ; son innocence naïve semblerait faire partie de notre inconscient, et on réécoute facilement cette chanson avec le même enchantement. Le clip tourné à Tôkyô, notamment dans le parc qui illustre la pochette, joue sur la même atmosphère avec le voyage d’un ballon qui "vit sa vie" au grès du vent. C’est plein de bons sentiments, d’amourettes, de légèreté… le tout sur un rythme lent et cotonneux. Idéal pour se reposer et s’aérer l’esprit.



Les deux pistes suivantes prolongent le voyage avec homogénéité, faisant de ce single un modèle de cohérence. Kokoro Hitotsu Arugamama, tiré de la période amateur du trio, trouve parfaitement sa place ici, en ramenant les guitares au premier plan. La musique se fait plus pop, guillerette et rythmée, obligeant la chanteuse à davantage de pirouettes -qui rappelleraient Yuki de Judy and Mary, notamment dans Doki Doki, mais ici en version light et moins braillarde-. Yamashita Hotaka reprendra ensuite musicalement le chant à l’harmonica avant d’accompagner Kiyoe. Délicieux. Enfin, Tsukiyo Koi Kaze, plus doux et posé, a pour thème "les nuits de lune" (tsukiyo). Bienvenue sur une plage de détente au style bosa nova, bercé par une guitare acoustique et le ruissellement de l’eau sur des galets. On aimerait vraiment faire durer ce moment si relaxant, mais le titre est hélas bien court (2mn30). ikimono-gakari prouve néanmoins son aptitude à varier les registres avec succès.

Le trio continue tranquillement son chemin avec un succès d’estime justifié. Après l’excellent album Sakura Saku machi Monogatari, le très bon single d’août Natsuzora Graffiti/Seishun Line et ce Akaneiro no Yakusoku, ikimono-gakari démontre une nouvelle fois ses qualités et sa capacité à toucher son auditoires par des sensations familières. Avec sa musique fraîche et son chant vivifiant, le groupe devrait encore charmer de nombreuses années, tout particulièrement les jeunes adolescentes fleur bleue, public déjà tout acquis à leur cause. Son unique point faible pourrait être la voix criarde de Kiyoe (ressemblant un peu à celle d’Hitomi Yaida), instable dans les aigus. Cependant, c’est aussi ce genre d’imperfection qui fait la personnalité et l’originalité d’un groupe. On attend leurs prochaines productions avec impatience.

Pierre-Yves Tonin


Sortie :
24 octobre 2007
Référence : ESCL-3012
Site officiel : www.ikimonogakari.com

Tracklist :
01 - Akaneiro no Yakusoku
02 - Kokoro Hitotsu Arugamama
03 - Tsukiyo Koi Kaze
04 - Akaneiro no Yakusoku -instrumental-


>> Acheter la version japonaise officielle du single chez YESASIA (environ 9 euros)

Visuels © Epic Records & cube inc.

Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême