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Dio - distraught overlord ~Embrace at Distraught~

Dio - distraught overlord, ce groupe de metal visuel japonais au nom un peu difficile, sort son premier DVD live, filmé à l’occasion de son premier concert one man le 14 mai dernier à Tôkyô. En surfant un peu tard sur la vague visual kei, Dio est souvent malmené pour son soi-disant manque d’originalité. Le quintet a pourtant le mérite d’offrir à son public des maxi intéressants sous la forme d’éditions CD+DVD particulièrement soignées. Voici donc un vrai DVD live après seulement un peu plus d’un an d’existence. Dio a-t-il assez de maturité et de contenu à proposer pour assurer un one man et le diffuser internationalement ?

A peine le disque (distribué en France par J-Music Distribution) est-il avalé par le lecteur que Dio arrive en trombe. Ça fait un peu peur, il faut l’avouer : commencer par M s’avère être un choix violent, car il s’agit d’une des chansons les plus assassines du répertoire. Visuellement, on se croirait, avec les toutes premières images, à la MJC de Perpette la Nouille dans le Larzac. Ah non, c’est le Shibuya O-Crest de Tôkyô (pardon !), qui apparaît ici comme l’équivalent de la Boule Noire parisienne. Ressaisissons-nous, le but du concert n’est pas de faire un cours sur l’architecture de la salle, ni sur les décors un peu minimalistes (bien que de très jolis lustres à pampilles sont suspendus et donnent un côté baroque pas désagréable à la scène). Voir jouer Dio - distraught overlord dans un lieu si petit peut surprendre après les avoir appréciés dans l’immense hall de JAPAN EXPO 2007, devant quelques milliers de spectateurs. On comprend mieux pourquoi le groupe était impressionné de jouer devant un public si nombreux en juillet dernier, et on resitue aussitôt "l’importance" de la scène visual kei sur le marché japonais, ce qui explique les raisons de l’exportation salvatrice du mouvement…

Pour revenir un peu au sujet, la prestation des cinq metalleux costumés tient la route. Comme en France, ils apparaissent vêtus de dorures et de velours bordeaux, et sautent dans tous les sens. Seul bémol vestimentaire, les ailes du chanteur Mikaru sont un peu fripées. On oublie assez vite ce détail puisque sa voix caverneuse, qui ne tient pas toujours les notes, s’avère cette fois plutôt bien maîtrisée. Véritable âme des compositions, elle transporte tout fan de Dio dans l’antre des enfers, où le groupe est roi. Les tenues et clips du quintet sont à ce propos de véritables cartons d’invitations pour les ténèbres enflammées ; flammes qui, d’ailleurs, manquaient cruellement en live. Ce n’est pas le concert de KISS à Bercy ? Pas faux… Néanmoins les lights un peu faiblardes essaient de faire ce qu’elles peuvent pour rendre l’ambiance un minimum glauque et plus appropriée.



Heureusement, ce théâtre visuel, les compositions bien ficelées et le talent des musiciens (bien qu’encore à ses prémices) sont autant de raisons d’apprécier ce DVD. Cela pourrait faire taire les mauvaises langues qui ne voient que le côté "salle des fêtes minuscule", mêlé au côté amateur des images (quand on n’a pas de budget pour des caméras et du staff pros, on fait avec les moyens du bord, et ça se voit…). En ce qui concerne le public, il se déchaîne et réagit aux rythmes des chansons de façon assez démonstrative. Il est d’ailleurs plutôt amusant de comparer l’audience occidentale (une horde de jeunes sauvageon[ne]s habituée à être collée à la barrière face à la scène, pensant simplement à leur survie) et les chorégraphies japonaises mignonettes qui consistent, par exemple, à faire le crabe. Toute la fosse, exclusivement féminine, sautille ici de gauche à droite le long de la scène.

Pendant
Yume wa Gareki no Naka ni, chanson extraite du dernier maxi, le son s’affaiblit de façon impromptue… Surprise, une interview !... En plein milieu d’un titre ! Une seule question vient alors à l’esprit : Pourquoi ?! Quelle idée, franchement, de coller du bavardage en plein milieu d’un concert qui joue autant sur son ambiance survoltée ! Mystère… et cette chanson ne sera pas la dernière à être massacrée de la sorte. Trancher un morceau et son atmosphère pour y incruster un speech du guitariste Erina est tout simplement incohérent. On découvre donc là, en noir et blanc, un Erina pas bien vif que l’on croirait à peine tiré du lit… avec en fond, deux posters de Dio. Un premier laïus du guitariste Erina, donc, puis du chanteur Mikaru, de l’autre guitariste Kei, et enfin du bassiste Ivy, le tout en japonais. "Évidemment" direz-vous ! Mais fatalement incompréhensible pour tout non-japanophile. Non, aucun sous-titre, même en anglais, ce qui déçoit désagréablement après les maxi-singles dont chaque DVD était sous-titré dans la langue de Shakespeare. Les cinq longues minutes de "je suis ravi qu’on fasse notre premier one man live" (pour résumer avec efficacité) sont suivies d’un solo de batterie, offert par Denka, le dernier arrivé. Il démontre son potentiel, sa capacité à jouer de la double pédale, et rappelle qu’il aime ses cymbales, ce dont personne ne peut douter après le premier quart d’heure. Comme le batteur avait été privé d’interview avant son solo, l’erreur est aussitôt réparée (youpi…). Denka pense avoir encore ses preuves à faire au sein de Dio et affirme travailler tous les jours pour offrir au public et au groupe le meilleur de lui-même. S’ensuit une de ses chansons favorites (selon ses propos, ni traduits, ni sous-titrés, rappelons-le).

La puissance de Dio en live n’est plus à prouver après des titres phares comme GOD forsaken et yuki hana (pour lequel le quintet s’est changé et porte des t-shirts Dio très seyants). Cependant, on sent que les moyens techniques laissent à désirer, ce qui rend malgré tout les garçons plus proches et plus humains : ils ne sortent pas de chez Dracula ni de chez Satan. Pour un début de carrière, ils ne se débrouillent pas trop mal et expriment une ambition positive.



Le DVD se termine rapidement (même pas une heure de concert, à cause d’un répertoire encore maigre) par une version piano/voix de Last Dance. Tradition typique des groupes japonais mais pas désagréable pour autant, on apprécie entendre Mikaru dans une atmosphère plus calme. La reverb n’était pas obligatoire mais elle crée une ambiance d’église qui colle plutôt bien à l’image un peu profanatrice. Ce serait presque le paradis (toute proportion gardée) si Last Dance n’était pas coupée à la fin du générique. Plus de nom à citer ? Plus de musique ! Mon dieu… C’est pour le moins abrupt…

Sortir un DVD aussi vite est une initiative louable pour ce jeune groupe de metal japonais entreprenant. Sa précipitation n’enlève rien à l’efficacité, mais aurait pu faire l’économie d’un montage aussi approximatif, voire assassin (sans parler de la médiocre qualité des images). Cependant, offrir aux fans (au nombre grandissant, surtout en Europe) une mise en scène moins exubérante que celles des vidéos incluses aux maxi-singles est une bonne idée. La simplicité de ce concert va un peu à l’encontre de l’exigence de perfection dont fait habituellement preuve Dio… Ce qui ne veut pas dire pour autant que le DVD est à jeter aux oubliettes. Il est juste loin des grandes productions (à la Dir en grey par exemple) auxquelles sont habitués les fans de rock japonais. A noter qu’il existe une édition limitée de cet ~
Embrace at Distraught~ (tellement limitée que personne n’en parle), avec comme fantastique bonus une jaquette rouge chromée et noir au lieu de… euh… noir et rouge. Au final, ce DVD est un joli premier essai pour ce groupe indies, qui donne envie de voir la suite. Ce sera chose faite en février 2008 avec la première tournée européenne de Dio (plusieurs dates en France).

Mélody Ikasu


Sortie japonaise : 8 août 2007
Sortie européenne : septembre 2007
Référence :
MISD-0001
Site officiel : www.dio-0514.com

Tracklist :
01 - M
02 - PUPPET SHOW
03 - Garasu no umi
04 - Yume wa Gareki no Naka ni
05 - Drum Solo
06 - Fuzai to iu genjitsue
07 - COMA GOLD
08 - GOD forsaken ~Boku wa kimi no kikazatta karada kyouyuu suru sekai no rinjin nado de wa nai~
09 - Yuki hana
10 - Dantoudai wa Ta ga Tame ni Yureru
11 - last dance

Visuels ©
JDC / Red List Entertainment / J-Music Distribution

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