Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

Koda Kumi - Kingdom

Chère Kumi, ou plutôt Kumiko, ton vrai nom de vraie personne de la vraie vie, puisque c’est à la vraie vie que tu te destinerais désormais…
Certes 2006 a été ton année, une consécration méritée pour une chanteuse de 24 ans jetée par son mec, et une revanche sur la vie pour l’ex-boulotte que tu as été. Certes, ton image préfabriquée par avex, glamour et sexy à la limite du putassier, tu ne l’aimais pas. Certes, en 2007 tu fêtais tes 25 ans, et la recherche d’un potentiel parti devenait pour toi LA tâche du moment. Mais pourquoi chercher à saboter la promotion de Kingdom, dernier opus qui aurait pu être sauvé par quelques producteurs avisés de chez avex ?

À vrai dire, Kingdom est beaucoup moins mauvais que ne le laissait penser la discographie désastreuse de l’année 2007. Enfin, seulement si l’on se contente de l’édition CD seule. Il faut bien avouer que Kingdom souffre du syndrome Blackout, tout ce qu’il y a de plus Brit-Brit à défaut d’être bling-bling ! Explication de texte.

gimme MORE : de Britney à Kumi, d’un talon pété à une robe brûlée

Blackout, l’album retour de la petite fille de l’Amérique, c’est avant tout une bombe de titres beaucoup moins pop et mieux travaillés qui en font véritablement un bon disque, à faire tourner en boucle… en se passant de l’imagerie "spearsienne" qui va avec : les lives foirés pour cause de talon cassé, des clips hideux pour cause de brioche, de cellulite gansée dans une résille vulgaire et des perruques de cosplayeuses (en attendant que les cheveux de Britney repoussent). Eh bien, Kingdom de Koda Kumi, c’est un poil pareil : l’album se révèle être plus intéressant à l’écoute qu’au visionnage ! Cela peut faire sourire dans nos contrées où le son prévaut encore sur l’image, il n’empêche que le concept est complètement hérétique quand on parle de Jpop !



S’ouvrant sur une nouvelle variation instrumentale, introduction for Kingdom, piste R’n’B sensuelle comme Kumi n’en avait plus fait depuis longtemps, ce dernier opus semble vouloir rattraper la platitude des ballades 2007 par de nouvelles pistes inédites. LAST ANGEL feat.TOHOSHINKI (collaboration avec le célèbre boysband coréen DBSK), une des rares chansons up tempo (oxymore ?) se voit ainsi aussitôt casée en seconde piste, juste avant la nano-bombe audio de Amai Wana, qui reprend cependant un titre de Hikki, la structure musicale de JUICY et les sonorités de Candy (de Kumi toujours). Himitsu a beau être un titre neuf, il sent le réchauffé. Agréable mais pas transcendantal ; une bonne piste pH neutre, en somme. Grâce à elle, Ai no Uta, pourtant championne de niaiserie, finirait même par s’écouter non sans déplaisir, à l’instar d’anytime qui la suit et qui sombre définitivement dans les abysses de l’inécoutable, souffrant d’une mélodie trop niaise et d’une pénible débauche de violons synthétiques.

Under est certainement l’exemple le plus parfait de la dérive Brit-Brit de Kumi. Montée sur les ressorts d’une boîte à rythmes, les "ah uh" gourgandinants pompés sur Piece of me (de Britney), Under fait l’apologie de la chanson facile mais très efficace, avec son clip cliché et terriblement hideux. Boudinée dans une salopette jaune poussin aussi classe qu’un vulgaire survêtement de la même couleur vendu en friperie, Kumi se déhanche dans un décor artificiel censé la transporter sur les toits d’une quelconque city yankee… une illusion totalement ratée. Quand elle ne s’aère pas l’entrecuisse, en copiant la routine de Christina Aguilera, Kumi se repose alanguie dans un effet des plus Maki G(r)oto-esque, ou nous gratifie d’un superbe lancer de jambe finalisé par un grand écart ; certes, mais que même votre rédactrice savait faire avant que Kumi ne sache porter des talons… Beaucoup moins ambitieux, BUT reste la piste pop un brin électro que l’on avait déjà découverte, et pont tout indiqué pour découvrir Koi no Mahou, quatrième piste inédite de Kingdom. On appréciera, sans aduler, Koi no Mahou et enfin anata ga shite kureta koto, les derniers vestiges de la pop sympathique saupoudrée d’un brin de R’n’B erotico-kawaii de Kumi… R.I.P. Entre les deux, on regrette de subir la ballade folk qu’est Aishou, qui ressemble -en beaucoup moins bien- à une pléthore de titres langoureux de la discographie de Kumi. Mais on regrette encore plus Wonderland qui s’ouvre comme un titre électronique de capsule, mais sans le génie du duo, et qui se mue rapidement en morceau qui ne déparerait pas sur le dernier CD du Hello!Project. Décevant !



Heureusement, l’originalité rock et le punch de FREAKY relève le niveau, tout comme MORE, une superbe piste jazzy. Bien évidemment, cette dernière n’invente rien : un poil de Joe Cocker par-ci, une cuillère de Maxwell© qualité filtre par là, beaucoup de chœurs et un forfait voyelle en prime. Ceci dit, ça se laisse écouter avec beaucoup de plaisir, d’autant plus à imaginer Kumi s’époumoner dans son micro. Le clip, beau mais avec un budget à l’image des tops de la chanteuse, décrédibilise le tout. Toute de rouge vêtue, abandonnée perchée sur une colonne en image de synthèse au milieu du vide, notre Kumi s’enflamme de manière incroyablement cheap dans un mauvais playback. On préférera donc la version audio… Définitivement ! Enfin, la dernière piste, Black Cherry, rappelle rapidement que Kumi Koda est quand même davantage dans son élément avec des pistes aux tempos marqués, à mi-chemin entre le rap et le R’n’B. Cette version longue de l’introduction for Black Cherry, termine plutôt bien Kingdom.

Pour des raisons déjà évoquées plus haut, nous ne nous attarderons pas sur l’édition limitée CD+DVD, qui propose pas moins de seize clips ! FREAKY fait figure d’exception ; privilégié, il bénéficie d’une véritable chorégraphie (et quelle chorégraphie !) ainsi que d’une imagerie classieuse, à côté des guenilles que Kumi semble désormais apprécier, avec son maquillage papillonnant, rappelant les heures de gloire de Cutey Honey ou de Butterfly. Pour le reste, les PV (Promotional Video) ne sont pas éminents, et les clips inédits semblent avoir été réalisés avec trois francs six sous, à la va vite et avec le plus grand désintérêt ! Ne gâchez donc pas vos euros dans une version CD+DVD qui ne les vaut finalement pas, sauf pour les collectionneurs. A la rigueur, les fans ultimes se consoleront avec le DVD supplémentaire de la seconde édition limitée (CD+2DVD), live et beaucoup plus intéressant, mais qui est vendu nettement plus cher.



La ménopause musicale à 25 ans

Kumi Koda, qui a quand même porté à son paroxysme l'image de la femme phallique, forte et abusant de son pouvoir sexuel sur les hommes, héritée en partie des précédentes icônes de la Jpop, vient en l'espace d'une année de revenir sur quinze ans de féminisme à la japonaise.

En décembre 2006, sacrée reine de la Jpop, Kumi Koda nous dévoilait, non sans fierté, sa collection de kimonos traditionnels. Alors que tout un chacun s'attendait à y retrouver quelque chose de sexy et d’aguicheur, renouvelant ainsi le kimono en version XIXème siècle, Kumi proposait des modèles finalement assez basiques, dont seuls les motifs pouvaient revendiquer un petit et banal intérêt pour la fashionista lambda. D'ailleurs, plus personne n'en entendit parler deux mois plus tard... C'était le prémisse de ce qui attendait le monde de la J-music quelque temps après.

Le 13 novembre 2007, Kumi Koda fêtait ses 25 ans. Cela faisait d'ailleurs un moment que des rumeurs couraient à propos d'une possible relation avec le leader du très charismatique boysband SMAP et co-présentateur d'une émission de variété, j'ai nommé Masahiro Nakai (précédemment intéressé par Ami du duo PUFFY quand elles étaient au sommet de leur gloire, ou plus récemment par la petite Maki Goto -une Morning Musume quand elle n'avait pas encore ses règles-). Ni Kumi, ni Nakai ne démentent et en plus, elle sort à la rentrée 2007 un titre plus qu'évocateur : Ai no Uta, la chanson de l'amûûr en français.



Avoir 25 ans au Japon, pour une femme, c'est toujours un âge critique. La société nipponne ne considère pas encore d'un oeil bienveillant, ou tout du moins tolérant, qu'une jeune fille ne fréquente sérieusement ou ne soit mariée après cet âge fatidique. On se souviendra avec quelle ferveur les Japonais désapprouvent les filles-mères du Hello!Project. Mais Namie Amuro (née en 1977) a pris soin de faire respecter ses choix de carrière, en plaquant son producteur initial pour ré-apprendre le métier ailleurs et autrement. Ainsi, au lieu de mettre la pédale douce sur sa carrière artistique à l'approche de ses 25 ans (en 2002), Namie lui donne au contraire un coup d'accélérateur en s'associant au projet SUITE CHIC et en portant à maturité l'esprit R'n'B de ses chansons (Put'em Up, So Crazy...). Après elle, Ayumi Hamasaki (née en 1978) prouva que le cap du quart de siècle n'était pas une fatalité en réussissant à placer son premier single post-catherinette, No Way to Say, Best Pop Video 2003 (MTV Japan), à rafler pour la troisième année consécutive le Japan Record Awards, et à dominer l'année 2004 avec les quelques titres qui sortiront (Moments, Inspire c/w Game, CAROLS).

En face de ces deux "poids lourds" de la Jpop, nombre d'artistes féminines ont néanmoins raccroché le micro pour assumer leur rôle de gentille femme au foyer. Exit également les Morning Musume qui dépassait le cap des 25 ans (et parfois même beaucoup moins). Ne parlons pas plus longtemps des MAX et de leurs performances plus que rarissimes, voire pitoyables, depuis le départ de Mina en 2002 pour se consacrer à sa famille. Aussi incroyable que cela paraisse, Mina allait avoir 25 ans en décembre 2002. Parmi les artistes féminines incontournables des années 90, il y avait Nanase Aikawa (née en 1975), dont la carrière s'est largement ralentie dès 2001 avec la sortie des albums Purana et The Last Quarter (écrit alors qu'elle était enceinte de son premier enfant), et ce malgré un fantastique sursaut fin 2005 avec l'excellent mini-album R.U.O.K?!. On passera sur Tomomi Kahala (dite "ma parkinsonnienne préférée") ou encore Ami Suzuki -deux produits estampillés T.K.- qui ont réalisé des débuts de carrière fulgurants à la fin des années 90, mais ont aussitôt été lâchées par Komuro qui souhaitait alors recentrer ses compositions pour son groupe globe. Si, après maintes et toutefois vaines tentatives de suicide, Tomomi Kahala a fini (enfin !) par sombrer dans un oubli le plus total, la petite Amigo rame encore en essayant, à 25 ans et des brouettes, de se repositionner sur la scène musicale nippone japonais.



Que penser de ce Kingdom à la jaquette aussi prétentieuse ? En dépit des mauvais titres qui se sont enchaînés en 2007, la cuvée 2008 de Koda Kumi arrive presque à se sauver du syndrome "album pour midinette et ménagère de plus de 50 ans". Heureusement qu’avex, sentant venir le naufrage, a eu la bonne idée de rajouter à la tracklist, déjà saturée en glucose, de nouveaux morceaux plus R’n’B et pop. Kingdom bénéficie donc, à défaut d’une réalisation hyper-soignée, d’un beau panel de titres rythmés, et finalement de peu de ballades. On appréciera LAST ANGEL, FREAKY, MORE, Koi no Mahou, BUT et surtout Under à leur juste valeur. Les copieuses éditions avec DVD partent d’une bonne intention, mais la médiocrité de trop nombreux clips risque de décevoir… Les jaquettes de Kingdom sont également là pour rappeler que Kumi est avant tout une figure royale du féminisme moderne… avant que celle-ci n’ouvre la bouche pour donner son point de vue sur la maternité... En effet, la chanteuse est actuellement mise en pause forcée par sa maison de disques, suite à une plaisanterie très mal prise par les Japonais. Et de récentes excuses larmoyantes à la télévision n’ont rien changé.
Bien qu’avex ait nié que les deux tourtereaux Koda Kumi et Masahiro Nakai allaient mettre un frein à leur carrière respective après leur mariage annoncé, il semble cependant que Kumi ne se voit pas attendre 35 ans pour combler papa Nakai d’un rejeton…… Pour le moment, les remarques "déplacées" de Kumi lui valent un congé, histoire de laisser la crise se tasser ; mais qui dit qu’on la reverra au top après sa tournée d’avril 2008 et son mariage ? Ce ne sont pourtant pas les prétendantes sérieuses qui se bousculent chez avex : BoA, Ami Suzuki et les suivantes sont à la peine… Ai Otsuka reste dans la kawaii-pop… Et si la situation profitait finalement à Ayumi ? Sur une semaine, son GUILTY (sorti le 1er janvier) a fait mieux que Kingdom : 430.000 contre 420.000 exemplaires environ. Sans constater de chute importante des ventes chez Kumi, voilà probablement la conséquence significative la plus croustillante de l’affaire du liquide amniotique !

Wendy Roeltgen


Sortie : 30 janvier 2008
Référence édition limitée CD+2DVD :
RZCD-45829
Référence édition limitée CD+DVD :
RZCD-45830
Référence édition simple CD : RZCD-45831
Site officiel : www.rhythmzone.net/kumi

Tracklist CD :
01 - Introduction For Kingdom
02 - LAST ANGEL feat. TOHOSHINKI
03 - Amai Wana
04 - Himitsu
05 - Ai no Uta
06 - anytime
07 - Under
08 - BUT
09 - Koi no Mahou
10 - Aishou
11 - Anata ga shite kureta koto
12 - Wonderland
13 - FREAKY
14 - MORE
15 - Black Cherry

Tracklist DVD 1 MUSIC VIDEO :
01 - Introduction For Kingdom
02 - anytime (album version)
03 - FREAKY
04 - Under
05 - Koi no Mahou
06 - Himitsu
07 - Ai no Uta (album version)
08 - MORE
09 - Amai Wana
10 - Aishou
11 - anata ga shite kureta koto
12 - Wonderland
13 - Run For Your Life
14 - BUT
15 - LAST ANGEL feat. TOHOSHINKI
16 - Black Cherry (Live Version)
17 - Bonus video DVD trailer KODA KUMI LIVE TOUR 2007

Tracklist DVD 2 PREMIUM LIVE :
01 - Cherry Girl
02 - BUT
03 - WON’T BE LONG
04 - Someday
05 - you
06 - hands
07 - MORE
08 - Your Song
09 - Koi no Tsubomi
10 - sweet love…
11 - WIND
12 - EC1. FREAKY
13 - EC2. girls
14 - EC3. Through the sky

>> Acheter la version japonaise CD+2DVD de Kingdom chez YESASIA (environ 38 euros)
>> Acheter la version japonaise CD+DVD de Kingdom chez YESASIA (environ 30 euros)
>> Acheter la version japonaise simple CD de Kingdom chez YESASIA (environ 22 euros)

Visuels © avex / rhythmzone
Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême