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Review Express 01 : ''Shion'' de MUCC, ''and hate'' de the studs et ''Ruriiro de egaku niji'' de MATENROU OPERA

Avec la multiplication des événements européens impliquant toujours davantage de reportages illustrés, d'interviews et de dossiers, il devenait difficile de vous proposer parallèlement autant de critiques minutieuses des dernières sorties CD et DVD, faute de temps suffisant. Celles-ci nous paraissent pourtant indispensables pour guider judicieusement vos achats, pour vous faire découvrir le meilleur de l'actualité musicale asiatique, et pour vous en épargner le pire. Dans ce contexte, nous lançons aujourd'hui un nouveau type de publication permettant de chroniquer plus brièvement un plus grand nombre de productions, toujours avec la même impartialité. Cela ne remet aucunement en cause la publication de critiques plus poussées, particulièrement appréciées pour leur richesse et leur exhaustivité si l'on se réfère à vos courriers et commentaires.

A l'occasion de ce Review Express numéro 1, spécial J-rock, Orient-Extrême passe en revue les derniers CD de MUCC et the studs (deux groupes déjà bien connus en France), ainsi que le nouveau maxi-single du groupe de visual kei MATENROU OPERA, ceci afin de mieux appréhender la première partie de Versailles ce dimanche 6 avril 2008 à la Locomotive de Paris.





MUCC : Shion
Le vieux MUCC est mort, vive MUCC !
Album import / Japon / Rock



Si les activités européennes de MUCC baignent dans le flou depuis la récupération du groupe par la major UNIVERSAL aux dépens du label spécialisé GAN-SHIN, un nouvel album vient de sortir au Japon. L'hétéroclisme des derniers singles avait fait trembler les fans de la première heure ; sans doute à raison. Le groupe de rock nippon nous avait habitué à ses fréquents changements de style et à ses nombreuses expérimentations musicales, mais malgré ça, Shion surprend beaucoup.

Après les délires à la Brice de Nice (Gerbera -surf version-), Sum 41 (Utagoe et Flight), ou Saturday night fever (FUZZ), MUCC emprunte à la brousse des bruitages pachydermiques pour l'intro Suion, et des sonorités indiennes à la Bollywood pour Fukuro no Yurikago. Première impression, qui planait déjà à l'écoute du dernier single : le groupe s'amuse avec les sons électroniques, les effets sur le chant de tatsurô, et les distorsions. La formation semble avoir totalement reconsidéré son organisation musicale : les backvoices aiguës de miya sont par exemple omniprésentes, peut-être au détriment de l'ex-Playmobil YUKKE dont on entend à peine un accord de temps en temps. Aussi, des titres pop comme Game ou langoureux comme Chiisana Mado et Karawasure (ressemblant pour le coup à une adaptation japonaise d'une chanson de Stephan Naty) contrastent curieusement avec les relents de MUCC "période WORST", connue pour le son cassant de la guitare, ses riffs reconnaissables entre mille (Nuritsubusu nara Enji), et les quelques hurlements bestiaux de tatsurô (sur ce même titre et que l'on retrouve sur Shion).

Le vocaliste, d'ailleurs, explore à nouveau les limites de son instrument en expérimentant la voix de tête, en particulier lors des refrains de la remarquable Anjelier, qui a le mérite d'être, avec Libra -déjà sortie en single et unique survivante du style Kuchiki no tô-, l'unique chanson à se détacher du lot. Alors l'aura mystique de Shion est troublée par des accents metal timides, comme si MUCC hésitait à affirmer ses racines, ou à franchement tourner la page.

MUCC n'en est pourtant pas encore à négliger la qualité de ses productions, et malgré la courte durée de l'album, chaque titre, par sa richesse, donne l'impression d'en dissimuler d'autres. Après plusieurs écoutes, il ne serait donc pas totalement juste de dire que ce nouveau Shion est mauvais. Il est simplement à mille lieux de la coriace image des "terribles enfants du rock japonais", véhiculant une musique sombre et cruelle, visages barbouillés. Las ! L'heure n'est plus aux lamentations : il y a eu Zetsubou, désormais, il y aura FUZZ. 

Aurélie Mazzeo

Sortie : 26 mars 2008
Référence : UPCI-1982
Site officiel :
www.55-69.com

Tracklist :
01 - Suion
02 - Fukuro no Yurikago
03 - Nuritsubusu nara Enji
04 - FUZZ
05 - Game
06 - Flight -Album ver.-
07 - Anjebel
08 - Chiisana Mado
09 - Semishigure
10 - Shion
11 - Karawasure
12 - shiva
13 - Libra -Album ver.-

Visuels © MAVERICK DC GROUP





MATENROU OPERA : Ruriiro de egaku niji
On y est presque !
Maxi-single import / Japon / Visual kei




Après des débuts encore hésitants, entre metal assumé et ballades larmoyantes au piano, MATENROU OPERA laisse deviner avec son dernier maxi-single,
Ruriiro de egaku niji, l'orientation que le groupe de visual kei se décide doucement à prendre. Son entrée dans la Sherow Artist Society (SAS) et l'influence du blond Kamijo auront sans doute aidé les ex-membres de Jeniva à se détacher de leurs origines obscures, pour les pousser à développer une ligne musicale moins désordonnée, plus symphonique, et conséquemment plus "versaillaise", à l'état embryonnaire sur Alkaloid showcase.

C'est en tout cas ce que laissent penser ces compositions qui manifestent un intérêt pour l'aspect mélodique d'une façon beaucoup plus marquée que dans leurs précédentes sorties ; et on ne parle pas seulement de l'intro de Boukyaku celluloid reprenant la célébrissime toccata et fugue de Bach.
Le titre éponyme, ainsi que l'intro de Honey Drop, plantent clairement le décor. Au clavecin de la première chanson se mêle une guitare affirmée, moins virtuose que celle de HIZAKI, mais occupant dans tout le maxi une place non moins prépondérante, y compris si l'on met les sympathiques soli d'Anzi de côté. Sont surtout  remarquables les envolées vocales de Sono, en particulier sur la seconde piste, agréable surprise, d'ailleurs, dans un milieu visual kei semblant faire l'apologie du clonage musical. Mention spéciale au vibrant dialogue leadvoice lyrique / backvoice caverneuse (digne d'un groupe de black metal, comme le rendu sonore asphyxié du début d'Honey drop) de la très prometteuse face A : Ruriiro de egaku niji. Seule la dernière pistes développera, malheureusement trop peu, cette puissante dualité vocale.

Si, lorsqu'il quitte ses confortables deathvoices, Sono donne parfois l'impression de laisser sa voix s'égarer, ou d'être en pleine mue (à certains moments des refrains de Boukyaku celluloid, entre autres), ce n'est là qu'une caractéristique propre à MATENROU OPERA. Que ce style s'avère séduisant pour certains, ou rédhibitoire pour d'autres, le principal reste que le groupe trouve sa voie… ou "ses voix" si la dualité des timbres antagonistes se trouve amplifiée et magnifiée dans l'avenir. Ceux qui apprécient Versailles seront sans doute séduits par la jeune formation, première partie idéale pour le concert de ses aînés le 6 avril prochain, à la Locomotive parisienne.

Aurélie Mazzeo

Sortie : 5 mars 2008
Référence : SASCD-035
Site officiel avec extrait audio/vidéo :
http://opera.syncl.jp et www.matenrou-opera.info

Tracklist :

01 - Ruriiro de egaku niji
02 - Honey drop
03 - Boukyaku celluloid

Visuels © Sherow Artist Society / CLJ Records / ROCK IDENTITY





the studs : and hate
Pâle ersatz de l'éphémère et de l'homme mort
Album import / Japon / Rock



Le projet the studs, avant de se concrétiser en sorties CD, pouvait pourtant paraître prometteur… Rassembler sur la même scène quelques "grands noms" du visual kei, en outre Daisuke, ex-vocaliste de kagerou, et Aie, ex-guitariste de deadman, laissait espérer aux fans des deux formations désormais séparées une improbable résurrection.

Le problème est bien là. and hate, premier album commercialisé le 5 mars 2008 au Japon, confirme nos craintes : the studs ne parvient pas à se détacher de ses racines. Les compositions d'Aie restent fidèles à elles-mêmes, bien qu'elle ne soient pas aussi sombres et dérangeantes que du temps de deadman, ce qui peut aussi être imputé à la grande différence entre la voix pénétrante de Mako et celle, plus nasillarde, de Daisuke. Cette voix, justement, lorsqu'à quelques rares reprises elle se montre touchée par la grâce (souvent sur les titres les plus calmes, comme missing vain), rappelle incontestablement l'ère kagerou, avec ses chœurs aigus repris ici sur unsightly stupid ou and hate, mais elle rappelle surtout au vocaliste que son chant pouvait être autrefois limpide.

Car le plus déplorable défaut de the studs reste la voix de Daisuke ; même si celui-ci semble avoir appris, depuis studs, à se racler la gorge entre deux titres, il persiste à torturer ses cordes vocales afin de rendre son chant le plus rauque… et le moins naturel possible. Il suffit d'écouter dread pour s'en convaincre. L'intro et l'outro témoignent à l'inverse du grand potentiel musical des studs avec, en plus du virtuose Aie, un Yukino à la basse puissante et vétilleuse (qui brille par exemple sur niji no iro), et un Hibiki aux baguettes plutôt discrètes.

Malgré cela, la primauté des vocalises fait retomber le soufflé. Un peu comme elles, la musique rock tirant parfois sur le punk semble rapidement s'essouffler : à peine réussit-elle à décoller qu'elle se trouve ponctuée de pauses et de silences. Les ancêtres de the studs n'ont pas trouvé de digne successeur, et sans grande surprise, and hate reste un album tiède dont on se passe sans peine.

Aurélie Mazzeo

Sortie : 5 mars 2008
Référence édition simple CD : ENSR-008
Référence édition CD+DVD : ENSR-006/007
Site officiel :
www.the-studs.com

Tracklist CD :
01 - intro
02 - and hate
03 - niji no iro
04 - dread
05 - unsightly stupid*
06 -
hyouryuu no hana
07 -
aru asa
08 -
shakunetsu wa reido
09 - gaze
10 - keishou
11 - advance insane
12 - missing vain
13 - outro*
*édition simple CD uniquement

A lire sur Orient-Extrême :
-
Report du concert de the studs à la Maroquinerie en juin 2007
- Interview de the studs en 2007
- Report du last live français de kagerou au Bataclan en décembre 2006
- Report du concert de deadman au Trabendo en janvier 2006

Visuels © Einustar records

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