Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

ayaka - I believe

ayaka était l'une des artistes les plus attendues de ce début d'année 2006 et les observateurs ne se sont pas trompés : bénéficiant d'un excellent bouche à oreille et d'une attention croissante des medias, l'artiste est en train de réaliser avec I believe, son premier single, un coup similaire à celui d'Ayaka Hirahara il y a 2 ans avec Jupiter. Les deux artistes ont d'ailleurs en commun une voix suave, même si ayaka sembe évoluer dans un registre musical plus influencé rock que son aînée.

2005 fut marquée par la suprématie incontestable de Sony sur le marché des nouveaux artistes, lancés à la pelle par la firme grâce à des thèmes d'anime à succès. Les concurrents du label ont donc fait savoir rapidement qu'ils ne laisseraient pas ce scénario se reproduire cette année, et c'est Warner qui frappe le premier avec ayaka, une artiste dont les débuts avaient été annoncés depuis plusieurs mois, et étaient donc soigneusement surveillés par les spécialistes. Agée de 18 ans, ayaka baigne dans un univers musical aux inspirations rock acoustique et folk, très marquées par Sheryl Crow (son artiste préférée) et de nombreux artistes anglosaxons des années 70. Elle officie dans un registre vocal relativement grave, aux accents gospel, et est l'auteur-compositeur de la grande majorité de ses chansons.

Avec I believe, son tout premier single, ayaka et ses producteurs ont toutefois fait le choix de la "facilité" en nous présentant une ballade très orchestrale, qui sur le plan instrumental lorgne du côté de l'ENDLESS STORY de REIRA starring Yuna Ito, même si la performance vocale, beaucoup moins haut perchée et beaucoup plus en rondeur et en profondeur, est radicalement différente. Le titre est, comme l'était ENDLESS STORY, d'un classicisme à la limite du navrant, mais fait pourtant mouche : les qualités d'interprète d'ayaka, qui semble réellement habitée par sa chansons sur des paroles pourtant elles aussi très bateau, suffisent en effet à insuffler au morceau assez d'âme pour s'assurer l'adhésion de l'auditeur. Le potentiel vocal de l'artiste est d'autant plus flagrant en live, notamment au travers des différentes apparitions TV promotionnelles décrochées par la Warner pour imposer sa pouliche. Et si l'on est certes encore loin d'une Chihiro Onitsuka (à qui ayaka est parfois -abusivement- comparée), Ayaka Hirahara a effectivement du souci à se faire car son homonyme, elle, tient parfaitement ses aigus...

Quoi que moins charismatique et pas beaucoup plus originale pour nos oreilles habituées aux accents folk/rock des productions américaines, la face B intitulée Yume no kakera s'avère tout de même intéressante sur au moins un point : la prestation vocale. D'une nature très différente de celle livrée par ayaka sur I believe, elle tend à démontrer que la chanteuse peut aborder aisément des styles musicaux très différents et est à même de proposer un répertoire varié. Pour le reste, nous avons là une bonne piste effectivement très inspirée par Sheryl Crow, réarrangée avec des sonorités et filtres vocaux typiques de la Jpop pour ne pas trop dépayser le public local, qui ne révolutionnera sans aucun doute pas le genre mais se laisse tout à fait écouter sur la longueur du single.

Soyons clairs, ce premier single est tout de même loin d'imposer ayaka comme une artiste au talent énorme, loin de nous convaincre qu'elle est l'immense révélation que Warner Music essaie de fabriquer de toute pièce grâce à une promotion savamment orchestrée. Il n'en est pas moins que la chanteuse est loin d'être dénuée de qualités, en particulier sur le plan vocal. Son succès n'est donc pas complètement volé : débarquée tout droit en 3ème place du top Oricon la semaine de sa sortie (la meilleure performance réalisée par un premier single d'auteur-compositeur féminine depuis Automatic de Hikaru Utada en 1999), ayaka est aujourd'hui n°1 des ventes au classement quotidien. Il faudra donc surveiller avec attention le second single de l'artiste, encore non annoncé, avant de faire le moindre pronostic sur ses chances de survie dans ce marché musical ô combien difficile, surtout pour les femmes !

Kévin Petrement


Sortie le 01 Février 2006 - WPCL-10255 - 1000 Yens

Tracklist :
01 - I believe
02 - Yume no kakera
03 - I believe (instrumental)

Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême