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D'espairsRay - [coll:set] (version française)

En juin de l’année dernière sortait au Japon le premier véritable album du groupe de metal D’espairRay après six ans de maxi singles et de mini albums. [Coll:set] reprend les deux excellents singles sortis en 2004 et 2005 ainsi que dix morceaux inédits et deux remix d’anciens maxi, pour obtenir un aperçu total de la production du groupe. Les fans européens ont du attendre longtemps avant l’annonce la sortie de cet opus dans leurs contrées, et au final seuls les Allemands avaient bénéficié d’une version européenne. Les Français peuvent aujourd’hui se réjouir : depuis fin avril, [Coll;set] est distribué dans l’hexagone dans une édition spéciale avec un livret au contenu transcrit en romanji et traduit dans notre langue. On peut désormais écouter et réécouter les titres découverts en live l’automne dernier lors du concert du groupe au Trabendo.



La première piste, Infection, joue son rôle d’introduction à la perfection et nous plonge en sans nous brusquer dans l’univers sombre et malsain de D’espairsRay. Le titre commence calmement, laissant nos oreilles apprécier quelques instants vaguement dub (NDLR : style se caractérise par une accentuation rythmique, lourde et dépouillée, sur une mélodie simple et des basses mises en avant, le tout accompagné d’effets). La mélodie, planante, devient vite angoissante lorsque Hizumi se met à susurrer quelques mots d’anglais de sa voix profonde. Puis c’est la descente aux enfers, le chanteur de D’espairsRay se lance dans un chant rauque et craché accompagné par Karyuu à la guitare qui s’en donne à cœur joie. Une telle introduction nous laisse béat et nous fait littéralement baver sur ce que pourrait être la suite des événements…

Pour ne pas relâcher notre attention, l’album enchaîne immédiatement avec trois morceaux de gros rock à commencer par le très efficace Dear. Tsukasa violente sa batterie sans aucun remords aidé par une boite à rythme mise à rude épreuve. Le morceau est défoulant, endiablant ; le refrain facile, efficace. L’atmosphère se fait plus lourde par la suite ; sur in vain et Grudge, D’espairsRay soigne l’ambiance plutôt que le rythme. Ces deux titres sont relativement lents, mais très intenses avec des riffs gras et un chant barbare de métaleux barbus. On retient de in vain les petites pointes d’aigu dans le chant qui ponctuent les refrains ; Grudge reste en revanche anecdotique même si elle s’avère parfaite pour "remuer de la tête".



Tsuki no kyoku offre à nos tympans un instant de répit après cette débandade de riffs lourds. Le synthétiseur est cette fois accompagné d’une guitare acoustique pour ballade torturée. Loin du son saturé des premiers morceaux, la chanson met à l’honneur la voix de Hizumi, seule face à la batterie. Mais les garçons de D’espairsRay ne sont pas là pour nous chanter des berceuses et tsuki no kyoku est une des deux seules ballades de l’album. Il faudra attendre Hai to ame et ses quelques notes de piano pour goûter de nouveau à de la douce mélancolie.

[Coll;set] nous sert aussi un peu de réchauffé avec deux singles bien connus, Gärnet et Fuyu shita riso. Gärnet est un des titres phares du groupe et on se rappelle de l’enthousiasme qu’il avait suscité lors du Coupling Tour en octobre 2005. C’est qu’il est difficile de ne pas se laisser entraîner par les roulements de tambour orageux et les notes cristallines du synthétiseur. L’excellence du titre nous ferait presque oublier qu’il date de 2004. Sur Fuyu shita riso, Tsukasa nous fait une nouvelle démonstration de batterie pour un rythme bondissant. Forbidden est du même acabit mais exploite plus le synthétiseur. Et il faut admettre que D’espairsRay relève avec brio le défit d’intégrer le synthétiseur sans donner dans le rock kitch et ridicule. Ce morceau bénéficie en plus d’un refrain ultra efficace, très court.

[Coll;set] se termine sur [The World Cage]… c’est du moins ce que l’on croit. Cette instrumentale ténébreuse et inquiétante qui renoue avec l’ambiance malsaine de Infection a tout d’une conclusion, mais elle est suivit de deux remix. Sans doute 12 titres pour un premier album ont parut un peu léger, et les grands chefs de DespairsRay ont voulu allonger la tracklist. Coll;set se voit donc affublé de deux remix, de BORN ~white stream mix~ et de Marry of the blood ~bloody minded mix~. Les deux pistes n’étant pas le fruit du travail du groupe, elles gâchent la cohérence de l’album jusqu’ici parfaite…



Ce premier opus apparaît comme un concentré de l’univers de D’espairsRay qui nous montre tout son savoir faire en matière de rock électronique. Le groupe semble accorder une grande importance à l’atmosphère de leurs morceaux et a particulièrement soigné l’introduction de l’album, ainsi que ce qui aurait du être la conclusion. Lors de leur concert en octobre dernier, on avait été comme happé dans ce monde glauque, et à l’écoute de [Coll;set] on se rend compte que ce n’était pas juste une question de customisation gothique ou jeu de scène torturer ; leur musique elle-même porte l’ambiance sombre et tourmentée qui les caractérise. L’album est donc une réussite pour les amateurs du groupe et une agréable surprise pour ceux qui le découvre même si les deux remix en bonus n’étaient vraiment pas utiles à notre bonheur.

Lorraine Edwards


Sortie de l’édition française : 26 avril 2006
Site officiel : www.despairsray.jp

Tracklist :
01 - Infection
02 - Dears
03 - in vain
04 - Grudge
05 -
Tsuki no Kioku -fallen-
06 - Gärnet
07 -
Abel to Cain
08 - 'Fuyu Shita Riso'
09 - Forbidden
10 - Hai to Ame
11 - Tainted World
12 - [The world in a cage]
13 - Marry of the blood ~bloody minded mix~
14 -
BORN ~white stream mix~
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