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MUCC - Kokoro no nai machi

MUCC est un de ces groupes qui savent allier productivité et qualité. Créé en 1997, le groupe est passé en major en 2003, et compte aujourd'hui 4 membres : Tatsurô au chant, Miya à la guitare, Yukke à la basse, Satochi à la batterie. Après la sortie de leur huitième album "Kuchiki no tô" en Septembre 2004 puis d'un album live en fin d'année, ceux-ci nous offrent deux nouveaux singles au premier semestre 2005, parmi lesquels "Kokoro no nai machi", sorti le 30 mars dernier. Le single contient 3 pistes : la chanson titre "Kokoro no nai machi", "Tsuki no sakyû" et une version piano de cette dernière.


Le son...

Le single s'ouvre sur une intro à la basse avec un léger accompagnement à la guitare. Le rythme est lent; on s'attend à une ballade mais un petit effet de cymbales au son cristallin annonce une toute autre couleur. Quelques secondes s'écoulent ainsi avant que Miya ne plaque énergiquement quelques accords sur sa guitare, rejoint par Satoshi à la batterie. Alors qu'on pense la mélodie lancée, la basse et la batterie se taisent pour laisser la place à la voix de Tatsurô portée uniquement par le phrasé de guitare répété avec entêtement. Ce n'est qu'après cette intro bien fournie qu'on entame le couplet. Le titre prend alors le chemin du pop rock faussement naïf propre au groupe.

Le chant n'est pas plaintif mais le timbre de voix de Tatsurô sait être lancinant et dégager une impression de douleur. Il sait comment jouer sur sa voix pour nous accrocher et nous communiquer les sentiments évoqués par la chanson. L'aspect instrumental est bien rodé : Satoshi nous offre une belle démonstration à la batterie, le titre changeant de rythmique à plusieurs reprises. La mélodie varie habilement tout au long du couplet: légère, elle devient presque agressive le temps d'un fill, juste avant d'enchaîner sur le refrain. Les accords se fondent alors dans une mélodie compacte plus intense. Tatsurô donne de la voix et bien qu'on sente ses limites, il tient parfaitement la note.



S'ensuit un pont musical qui ajoute à la diversité mélodique de ce titre. L'harmonica se greffe aux habituels instruments et teinte l'air d'une certaine nostalgie. Au bout de quatre bonnes minutes, le titre reprend la mélodie à la basse et à la guitare du début, à la différence que Satoshi ne cesse de battre frénétiquement le rythme, nous annonçant la fin sans pour autant perdre notre attention. "Kokoro no nai machi" s'avère varié sans pour autant faire preuve de discontinuité, pour notre plus grand plaisir. On adhère rapidement à ce titre qui ne se démarque pourtant pas par la complexité de sa composition ou de son niveau technique.

Dès les premières notes du second titre, lentement égrainées par la guitare, on comprend qu'il sera beaucoup moins énergique que la chanson titre. Cette fois on ne s'y trompe pas : c'est une ballade. Tatsurô débute le couplet par des paroles susurrées. Le chant est retenu comme étouffé par les larmes, la batterie et la basse débutent leurs phrases, Satoshi et Yukke marquent le rythme et jouent avec emphase, donnant un goût de drame à une mélodie simplement mélancolique. La fin du couplet gagne en intensité avec des roulements à la batterie mais le refrain qui s'en suit est d'un calme plat.

Heureusement, un pont musical survient avant l'ennui. Il prend un ton inquiétant, avant de se faire menaçant. Puis la mélodie change radicalement : légère voire enjouée, elle libère toute la tension accumulée alors que le morceau était jusqu'ici tout en retenue. Le pont fini, Tatsurô reprend son chant emplit de douleur contenue avant d'être remplacé par un air sifflé rappelant l'harmonica de la première chanson. Ce titre, très lent, est poignant. C'est une ballade réussie et surprenante sur son pont musical. Si bien que ce deuxième titre fait sévèrement de l'ombre à la chanson titre qui parait bien pâle en comparaison.

Le single se poursuit par une version au piano de "Tsuki no Sakyû". L'instrument se prête parfaitement à la mélodie qui s'enfonce, remixée ainsi, dans le tragique. Epurée, elle met en avant le chant et Tatsurô semble pleurer les paroles. Mais le pont musical de la première version manque cruellement et le titre perd de son originalité et de son intensité. Le morceau est déprimant à souhait mais n'a plus ce goût amer, cette violence sourde qui transpiraient dans la version originale.




...et l'image

"Hello" apparaît sur le viseur d'un lecteur CD. Le CD se lance, les premières notes de "Kokoro no nai machi" se font entendre. Quelques plans sombres se succèdent lentement pour planter le décor : un écran de télévision à l'image grésillante, l'ombre d'un immeuble se détachant d'un ciel ténébreux, une pièce à l'éclairage faible rouge/orangé. Seul le téléviseur posé à même le sol dans un coin meuble la pièce. Un plan se serre sur l'écran et entre les parasites apparaît furtivement l'image du groupe. On rentre dans l'écran, l'image devient claire sur un gros plan de la guitare de Miya quand le riff qui lance la deuxième partie de l'intro se fait entendre. Les couleurs chaudes ont fait place au noir et blanc, le calme a été troublé par l'énergie que les membres du groupe mettent dans leur jeu. Ils déchaînent leurs instruments sur le toit d’un immeuble. S'enchaînent alors des plans rapprochés en caméra libre des quatre musiciens et chanteur, le rythme des plans suivant le rythme de la bande son.

Le clip est simple et sans scénario à proprement parler. Pourtant, l'ambiance générale qui se dégage de l'éclairage et de l'utilisation du noir et blanc renforce la dimension sombre du morceau alors que les gros plan tentent de capter l'énergie du groupe. Tatsurô surjoue, se tordant, s'agrippant le ventre. Satoshi bat nerveusement, Miya semble absorbé par sa guitare la tenant fermement en sautillant, Yukke, plus posé, joue tranquillement ses phrases. Le groupe sait faire vivre sa chanson et bien qu'il aie beaucoup changé visuellement (style vestimentaire classique, maquillage léger, coiffures banales), il garde dans son jeu de scène le coté démonstratif et théâtral propre au visual kei.

Le clip se finit par le lever du soleil amenant non seulement la lumière mais aussi la couleur. Les plans sont plus larges, dirigés vers l'horizon filmant le groupe de dos. Le morceau est fini et nous dévoile une ville jusqu’ici à peine aperçue. "Kokoro no nai machi" se termine donc sur une note d'espoir amenée par un soleil rassurant, note que l'on ne décelait pas à l'écoute du single.




"Kokoro no nai machi", en tant que single varié et accrochant, est donc une réussite. MUCC ne déçoit pas ses habitués qui retrouvent l'atmosphère sombre familière à leurs compositions pourtant si énergiques. Quant au clip, bien que classique, il attire l'attention. Il faut dire qu'il est toujours agréable de voir un groupe en action. Sans expliciter les paroles par un scénario, cette video plante le décor de la chanson : la ville, et confirme l'impression de nostalgie amère qui se dégage de la mélodie. Elle remplit donc bien son rôle en mettant en image l'ambiance de la chanson, tout en nous présentant le nouveau look du groupe qui s'est d'ailleurs considérablement assagi.

Lorraine Edwards


30-03-2005 - POCE-6906 - 1000 Yens

Tracklist :
01 - Kokoro no nai machi
02 - Tsuki no sakyuu
03 - Tsuki no sakyuu (piano ver)
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