|
|
|
 | Review Express 07 : ''Rule/Sparkle'' d'ayumi hamasaki, ''SORRY, SORRY'' de SUPER JUNIOR et ''Altocolony no Teiri'' de RADWIMPS | Ces dernières semaines ont été fournies en sorties CD en Asie, avec des ventes parfois énormes (ARASHI et KAT-TUN), du bon, voire du très bon (le nouveau RADWIMPS, la révélation pop-rock Kylee…), et évidemment du mauvais à dénoncer et à fuir comme la peste (le dernier single d’ami suzuki…). Orient-Extrême s’est adapté au contexte et poursuit sa série de chroniques, afin de vous conseiller dans vos achats et vous faire découvrir les petites perles qui vous auraient échappées, telle Altocolony no Teiri. Parmi les futures nouveautés à surveiller de près : le premier album occidental de BoA (disponible à l’heure où vous lirez ces lignes) le cinquième opus de MONO prévu ce 24 mars en Europe, Butterfly de Jolin, le double DVD live de L’Arc~en~Ciel à Paris, le retour de NEWS en single…

ayumi hamasaki : Rule/Sparkle Agressif mais inoffensif Single import / Japon / Pop
ayumi hamasaki joue potentiellement un gros coup avec son nouveau single Rule/Sparkle, Rule étant la chanson officielle de DRAGONBALL EVOLUTION, l’adaptation live hollywoodienne du célébrissime manga d’Akira Toriyama. Bien que le film s’annonce désastreux, en particulier pour les fans, la popstar japonaise peut profiter de son exposition internationale pour se révéler au monde entier, et pourquoi pas faire de Rule LE véritable atout du long-métrage, à condition d’imposer un hit aussi puissant qu’un "kamehame"… Malheureusement, cette chanson prétentieuse reste incapable de produire la moindre étincelle.
Le choix d’un registre pop-rock à la guitare électrique s’avérait pourtant assez judicieux. Encore fallait-il le transcender avec une composition originale, surprenante et marquante sur la durée. A moins de découvrir la Jpop et les productions de miss hamasaki, on baille en subissant le vacarme à la limite de l’exaspérant des grattes saturées (au jeu simpliste) et des percutions, superposées à la voix trafiquée d’ayumi. Les courts ponts plus light au synthé n’y changent rien, Rule ennuie par son absence de subtilité, d’innovation et de prise de risque, jusque dans son clip chorégraphié, plutôt joli, mais trop propre, trop aseptisé et carton-pâte. Du déjà entendu pour ce morceau agressif mais inoffensif. Beaucoup de bruit pour rien.

Sparkle tente bien de rallumer l’espoir dans son intro, mais ce titre un peu trop obscur et plus électronique se refait prendre au piège du refrain à la finesse pachydermique, qui martèle son rythme à outrance. On se souviendra de ce côté lourdaud, mais du chant et de la mélodie en eux-mêmes… pas du tout ! A quoi renvoient les jaquettes roses superbement flashy, et d’autant plus attrayantes malgré le manque d’à propos ? Peut-être aux reprises à suivre, plus ou moins nombreuses selon l’édition du single, et de qualités diverses… Sur la version CD+DVD, seul le Rule de 80kidz (qui vient jouer les 24 et 25 avril au Printemps de Bourges et à Paris) s’en tire proprement dans un style Daft Punk / Justice passe-partout. L’amusant remix 8-bits à la Game Boy de Days par YMCK fait sourire deux minutes, tandis que les trois autres reprises électro de GREEN, Rule et Sparkle attirent au mieux l’indifférence, au pire l’irrésistible envie de zapper (les originaux sont déjà handicapants…). Notre préférence ira aux jolies versions orchestrales et acoustiques de Days et GREEN, théâtralisées, ambitieuses… mais complètement esseulées sur ces CD.
On oubliera très vite ce Rule/Sparkle sans intérêt, uniquement marquant pour son tie-up avec DRAGONBALL EVOLUTION. Dans la discographie d’ayumi, Préférez le CD talkin’ 2 myself, bien plus efficace dans ce style "pop nerveuse".
Eric Oudelet
Sortie : 25 février 1009 Référence édition A (CD+DVD) : AVCD-31605 Référence édition B (simple CD) : AVCD-31606 Référence édition C (simple CD) : AVCD-31607 Site officiel : www.avexnet.or.jp/ayu
Edition A Tracklist CD : 01 - Rule (Original mix) 02 - Sparkle (Original mix) 03 - Rule (80kidz's "No More Rule" mix) 04 - Rule (Remo-con "tech dance" remix) 05 - Rule (Original mix -Instrumental-) 06 - Sparkle (Original mix -Instrumental-) Tracklist DVD : 01 - Rule (Music Clip) 02 - Rule (Making Clip)
Edition B Tracklist CD : 01 - Rule (Original mix) 02 - Sparkle (Original mix) 03 - Days (8-bits of tears YMCK remix) 04 - Days (Acoustic Orchestra version) 05 - Rule (80kidz's "No More Rule" mix) 06 - Rule (Remo-con "tech dance" remix) 07 - Rule (Original mix -Instrumental-) 08 - Sparkle (Original mix -Instrumental-)
Edition C Tracklist CD : 01 - Rule (Original mix) 02 - Sparkle (Original mix) 03 - GREEN (CMJK Spring Storm mix) 04 - GREEN (Acoustic Orchestra version) 05 - Rule (80kidz's "No More Rule" mix) 06 - Rule (Remo-con "tech dance" remix) 07 - Rule (Original mix -Instrumental-) 08 - Sparkle (Original mix -Instrumental-)
>> Acheter Rule/Sparkle d’ayumi hamasaki chez YESASIA
Visuels © avex

RADWIMPS : Altocolony no Teiri La bonne nouvelle J-rock du début 2009 ! Album import / Japon / Rock
Bientôt six ans que le quatuor tourne et poursuit son petit bonhomme de chemin avec des compositions rock réjouissantes. Son superbe single Order Made avait réussi à se hisser à la première place de l’Oricon la semaine de sa sortie en janvier 2008, un exploit ! Comme tous les petits groupes, RADWIMPS ne produit que peu de singles, Order Made n’était que le huitième (et dernier) depuis 2004. C’est donc avec beaucoup d’impatience que nous guettions le cinquième album du groupe, alléchés par la vidéo promo d’un titre inédit, Oshakashama, absolument fabuleux !
Nos attentes sont comblées. La petite voix de fausset de Yojiro Noda résonne joyeusement sur des morceaux rock non feints, mais toujours très mélodieux. On pourra remarquer la virtuosité du guitariste, Akira Kuwahara, qui balance ça et là des arpèges savoureux qui s’infiltrent insidieusement dans le corps jusqu’à donner la chair de poule. Plus discrète, la basse de Yusuke Takeda est omniprésente et racée, quant à la batterie de Satoshi Yamaguchi, elle joue son rôle de colonne vertébrale musicale sans être bourrine. On ne peut pourtant nier que le son RADWIMPS tient surtout aux guitares de Noda et de Kuwahara ainsi qu’au timbre si singulier de Noda.

Pour synthétiser et comparer RADWIMPS, on pourrait citer ASIAN KUNG-FU GENERATION pour le rock à la limite de la power-pop, les Anglais de Farrah, les Français de Phoenix (Oshakashama ayant des sonorités similaires à If I even feel better, notamment avec le chant de Noda), ou encore ELLEGARDEN dans leurs titres les plus punk east-coast et l’anglais quasi-parfait du vocaliste (pour Bag Pipe et Amaoto Ko notamment).
Altocolony no Teiri est un concentré d’excellents titres, tous indispensables. Il faudra offrir une oreille attentive à Order Made, son solo de guitare, sa batterie finement dosée, la voix du chanteur qui nasille horriblement mais admirablement bien, ou encore aux douces mélodies de Tayuta et Märschen to Gretel (märschen signifiant "contes de fées" en allemand). Le teaser de l’album, Oshakashama est une piste rock hallucinée et groovy, qui repose autant sur une ligne de basse décomplexée que sur les accords et les riffs de guitares affolés, ainsi que sur le chant ininterrompu de Noda. Un pur plaisir musical ! On aime également les pistes enlevées et brutes que sont Socratic Love, One Man Live ou Mahô Kyô. RADWIMPS s’amuse même à détourner les standards de l’électro dans nazonazo, une piste qu’aurait pu arranger Yasutaka Nakata…
Bien évidemment, les réfractaires aux petites voix nasillardes, n’ayant de masculin que l’organe, ne seront pas fans. Les autres, avides de rock mélodique, de folk puissant et de guitares magnifiées par un jeu tout en finesse ne pourront qu’être ravis et comblés par Altocolony no Teiri. Un album à découvrir d’urgence !
Wendy Roeltgen
Sortie : 11 mars 2009 Référence : TOCT-26730 Site officiel : www.emimusic.jp/radwimps
Tracklist : 01 - Tayuta 02 - Oshakashama 03 - Bag Pipe 04 - nazonazo 05 - nana no uta 06 - One Man Live 07 - Socratic Love 08 - Märschen to Gretel 09 - amaoto ko 10 - Order Made 11 - mahô kyô 12 - sakebe 13 - 37458
>> Acheter Altocolony no Teiri de RADWIMPS chez YESASIA
Visuels © RADWIMPS office

SUPER JUNIOR : SORRY, SORRY Pas la peine de s’excuser pour une fois ! Album import / Corée du Sud / Pop
Malgré un titre humble qui aurait pu annoncer l’arrivée du pire dans une discographie pas mirobolante, le dernier album coréen des SUPER JUNIOR est une petite bombe ! Derrière le morceau éponyme, SORRY, SORRY, se cache une piste urban qui flirte avec la dance, mise en scène dans un clip chorégraphié par l’Américain Nick Bass. Les voix légèrement distordues tiennent le premier rôle sur un rythme omniprésent aux percussions lourdes, et si la mélodie au synthétiseur s’avère répétitive, cela n’empêche pas SORRY, SORRY d’être terriblement addictive. Cette chanson très efficace utilise au mieux les capacités du boysband géant, et suce jusqu’à la moelle l’essence de cette nouvelle Kpop qui aime affoler les dance-floors.

Le reste de ce troisième album se compose de morceaux catchy mid-tempo, très synthétiques, bourrés de claps ou claquements de doigts (why I like you, Monster, Reset, Club No.1, Heartquake…) et de ballades typiquement coréennes (Let’s not, What if…). Guimauve, toujours ; mais pas mièvre ! Étonnamment, la sauce arrive à prendre (NDWendy : même avec une rédactrice qui brûlerait en place publique toutes les ballades pleurnichardes…). Si les couplets de certains morceaux paraissent fades au premier abord, les refrains sont toujours calibrés pour s’infiltrer dans les têtes et y rester (Reset, Happy together). Très fort ! Par contre, les SUPER JUNIOR n’ont pas vraiment progressé au chant (on ajoutera éventuellement que quelques membres - notamment ceux du sous-groupe SUPER JUNIOR-K.R.Y. - ont un peu trop monopolisé les micros) mais les arrangements en studio compensent ces faiblesses. On sent cependant beaucoup plus d’assurance, et le bon placement des voix des treize éphèbes, réparties à bon escient à un moment ou un autre du CD, lui fait gagner en puissance ou en maturité. Seule Shining Star, son piano, ses "chak-chak-chak" soufflés et sa mélodie ringarde conservent ce côté boysband que l’on peut aimer ou détester : joyeux mais pas assez entêtant, trop propret pour être une bonne chanson.
Il y a quelque chose de très rétro dans ce dernier opus des Suju. Sans parvenir à en saisir clairement la raison, la majorité des douze titres (Angela, Club No.1 - et son petit côté Mickael Jackson’s - ou Happy Together en tête) rappelle insidieusement la pop de la fin des années 80. C’est fun, sans prise de tête, et ça réveille un je-ne-sais-quoi de nostalgique. Paradoxalement, SORRY, SORRY réussit à concentrer efficacement les sonorités dans l’air du temps (l’électro-pop et les parties "rappées" par exemple), les mélodies émoustillantes et les éternelles ballades (fond de commerce de la musique asiatique en ce moment). Mais, récession oblige, peut-être que l’industrie de l’entertainment va se retourner vers de la vraie pop, celle qui fait du bien au moral et rappelle que non, tout n’est pas foutu ! Alors "sorry, sorry"… mais pas trop quand même puisqu’on tient là l’un des meilleurs CD de SUPER JUNIOR !
Wendy Roeltgen
Sortie : 12 mars 2009 Site officiel : www.super-junior.co.kr
Tracklist : 01 - SORRY, SORRY 02 - Niga Joheun Iyu (Why I like you) 03 - Majuchiji Malja (Let’s not…) 04 - Angela 05 - Reset 06 - Monster 07 - What if 08 - Ibyeol… Neon Suimni (Heartquake Feat. U-Know & Micky) 09 - Club No.1 (Feat. YeonHee Lee) 10 - Happy Together 11 - Jukeoineun Geot (Dead at heart) 12 - Shining Star
>> Acheter le 3ème album coréen de SUPER JUNIOR chez YESASIA
Visuels © S.M. ENTERTAINMENT |
|
|
|