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MUCC - Kuchiki no tô (version française)

Depuis plus d'un mois maintenant, un deuxième album du groupe de "shock rock" nippon MUCC est venu enrichir les bacs des distributeurs de CD. Après le digipack CD+DVD HomuraUta, c'est au tour de Kuchiki no tô, sorti en 2004 au Japon, d’être commercialisé en édition française, avec un contenu et un packaging retravaillé et adapté par Soundlicious.

Le tic tac insistant d’une vieille horloge ouvre l'album… La piste d'introduction, sobrement nommée Kuchiki no tô, nous plonge lentement dans le monde sombre et torturé de MUCC. On prend vite ses aises, hypnotisé par le rythme lent de la batterie qui roule discrètement en fond, oppressante, omniprésente et rejointe par des claps hand. La seconde piste ne nous ménage pas autant : Daremo inai ie lance les gros riffs entêtants, une batterie lourde marque le tempo relativement lent avec violence. Les couplets sont moins saturés mais tout aussi prenants avec le chant essoufflé de Tatsurô. Puis c'est une succession de morceaux puissants qui déferlent dans nos oreilles : Isho, Mikan no Kaiga… Ces compositions complexes multiplient les changements de rythme, alternent riffs déchaînés et notes égrainées, passent sans complexe du cri rageur aux paroles tout juste susurées. La basse, comme souvent chez MUCC, est mise en avant par les arrangements et ses mélodies aux notes profondes font vibrer les murs de notre chambre autant que les viscères au fond de notre ventre. Sur Dakkû, on la distingue slappée entre les accords rapides de la guitare, sur Gentô sanka, elle mène le morceau et se donne l’exclusivité du solo.



La première partie de l’album se termine par la seule ballade de Kuchiki no tô, Akatsuki yami. Ne cherchez ni le violon, ni la guitare acoustique, ni les notes de piano, les ballades du groupe sont tout aussi exaltées que leurs morceaux de gros rock, la différence réside dans la mélodie plus distincte, plus claire, et le chant davantage posé de Tatsurô.

Après l’instrumentale 2.07 qui sert d’interlude, on retrouve des titres plus énergiques, plus punks comme Namonaki Yume. C’est l’occasion pour nous auditeurs, de décompresser un peu après ce début d’album très intense en sautillant un peu partout à travers notre appartement. Même Oboeru sakana qui démarre des profondeurs abyssales de la dépression finit gentiment sur un passage à la guitare acoustique. Après les deux singles, Rojiura to kimi e et Monochrome no Keshiki, MUCC nous replonge pour l’ultime piste dans le noir avec Kuchiki no Tou. Tatsurô y est excellent. Et si, objectivement, il est difficile de venter les exploits vocaux du chanteur, on lui pardonne sa voix un peu vacillante tant l'interprétation est magnifique ! Ce chanteur a un timbre et une force vocale qui lui permettent de transmettre toute la souffrance et la hargne qui dégoulinent de ses paroles.



Cette fois encore Soundlicious nous offre une version spécialement pressée pour les auditeurs français. Nous n'avons pas le droit à un DVD bonus comme pour HomuraUta (ce qui allège sensiblement le prix) mais on retrouve tout de même à la fin de l'album quelques pistes bonus : deux morceaux tirés des singles Rojiura boku to kimi e et Monochome no Keshiki : Mushi et Nukegara ; une manière de découvrir encore un peu plus en profondeur la discographie du groupe. Le livret nous livre à la fois les paroles romanisées des quinze titres ainsi que leur traduction en français. On peut enfin comprendre pourquoi Tatsurô crache ses paroles à moitié étranglé par la haine, comme s’il devait exorciser tout le malheur du monde. Et si vous remarquez tristement que les deux pistes bonus n’ont pas de traduction (un petit oubli ?), il suffit d’aller faire un tour sur le site du label français pour les retrouver.

Mises à part les quelques adaptations précédemment citées, cette édition française reste très similaire à la japonaise : la jaquette est identique et le livret reprend à peu de chose près le même graphisme. La seule différence est à notre avantage : les Français ont droit à un fourreau en carton pour ne pas esquinter le boîtier en plastique.



Kuchiki no tô est assurément plus sombre que HomuraUta mais reste clairement dans la logique de celui-ci. Même s’il nous manque Zekku (un opus sorti en 2003 au Japon et qui se situe entre nos deux adaptations françaises), on ressent bien l'évolution du groupe. Beaucoup plus noir donc, l’album semble un peu moins recherché mélodiquement que HomuraUta, préférant mettre en avant les "sonorités" susceptibles de communiquer le plus directement possible le désespoir et la douleur des chansons. Mais qu’on ne se méprenne pas ; Kuchiki no tô n'a rien de déprimant ou de pleurnichard. Au contraire, il pourrait bien vous remonte le moral à coup de gros riffs salvateurs et de cris vengeurs; un remède idéal pour venir à bout d’examens harassants ou de boulots aliénants. On attend maintenant la sortie très prochaine de l’édition française de 6, le dernier album en date du groupe.

Lorraine Edwards


Sortie : 2 mai 2006
Site officiel : www.55-69.com

Tracklist :
01 - Kuchiki no tô
02 - Dare mo inai ie
03 - Isho
04 - Mikan no kaiga
05 - Dakkû
06 - Gentô sanka
07 - Akatsuki yami
08 - 2.07
09 - Garo
10 - Kanashimi no hate
11 - Rojiura boku to kimi e
12 - Oboeru sakana
13 - Namonaki yume
14 - Monochrome no keshiki
15 - Kuchiki no tou
Bonus Tracks
16 - Mushi
17 - Nukegara

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