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Calmando Qual - Killer Fiction

Calmando Qual, groupe de la scène indies japonaise (synonyme d’indépendance mais aussi de moyens moindres vis-à-vis des groupes dits "majors" ayant signé avec de grandes maisons de disque) né en 2001, vient enfin nous rendre visite en France le 29 juillet prochain après une première tournée en mars 2006 en Allemagne. Cela mérite bien la critique d’une de leur production et pas des moindres : Killer Fiction, leur premier mini album sorti en mai 2003, histoire de se faire une petite idée de l’univers étrange et ténébreux de ce groupe aux tendances goth rock et goth électro. D’ailleurs, ils se définissent eux même comme un groupe "dark"…

Killer Fiction est la première production sortie par Calmando Qual après deux démos. Indéniablement, il s’en dégage une ambiance sordide ; parfaitement illustrée par le visuel de la pochette. La jaquette joue sur les couleurs noire et rouge ; un rouge très sombre. On peut y voir le guitariste Tak et le chanteur Hibiki qui se tient à des chaînes ; tous deux devant une croix et un pentacle. D’ailleurs, nous retrouvons ce même pentacle sur le CD. Le reste du packaging est illustré de différents dessins glauques qui représentent principalement le corps humain détérioré et son anatomie. Mais ce qui nous intéresse, c’est plutôt le contenu du CD. Mettons Killer Fiction dans notre chaîne hi fi et entrons dans ce monde inquiétant…



On commence doucement avec une courte intro d’un peu plus d’une minute. On peut entendre différents bruits… Une ambiance étrange s’installe. De suite, on enchaîne avec death Education qui est déjà beaucoup plus rythmé, très goth dans ses sonorités, et la voix d’Hibiki colle parfaitement à cette atmosphère. Son chant a quelque chose d’inquiétant, parfois même malsain, et ses cris en fin de phrase nous entraîne dans son univers ; le tout accompagné par moment d’un son de guitare dérangeant. Très vite et sans transition, la troisième piste arrive et le rythme s’accélère encore d’un cran, Hibiki chante toujours avec une pointe de violence qu’il semble vouloir retenir. Mais à la fin du morceau, il laisse complètement éclater sa rage. Vision nous offre donc encore une atmosphère lourde et on se laisse facilement fasciner.

Calmando Qual calme ensuite le jeu avec Ayamachi qui démarre calmement. Hibiki se fait plus doux. La mélodie fait intervenir des cuivres, donnant un son assez jazzy, auxquelles s’ajoute un piano. On se croirait presque dans une sorte de piano bar s’il n’y avait la voix, certes plus posée, mais si énigmatique d’Hibiki… Une sorte de mal aise s’immisce au plus profond de nous… Une impression d’inquiétante étrangeté. D’ailleurs cela se confirme à la fin du morceau… En tous cas, il s’agit du titre le plus reposant de Killer Fiction.

Après cette période de tranquillité, il faut bien nous réveiller ! C’est là que surgit Death Song. Très courte (1mn34) mais violente, elle nous emporte dans une folle frénésie avec un son très goth électronique. Le chanteur répète rageusement
"Death Death Death Death Death Song"… Une composition énergique qui s’apprécie à sa juste valeur. Après la violence de Death Song, l’introduction de disorder joue sur les sonorités inquiétantes… puis les guitares lancent vraiment le morceau. S’en suit le chant toujours aussi angoissant d’Hibiki… Angoissant mais fascinant. Disorder est encore une composition plutôt lente, avec par moment des accélérations de rythme et des variations au niveau de la performance du chanteur. A la moitié de disorder, Hibiki se met même à murmurer pour ensuite laisser place à un superbe solo de guitare. Le tempo s’emballe alors pour laisser place à la rage contenue du vocaliste, qui a par moment sa voix trafiquée pour accentuer son côté "dérangeant" et malsain… La piste suivante, Sludge, commence par un petit solo de batterie, le tout encore accompagné de bruits sortant d’on ne sait où… dont une sorte de "biiip" récurrent et assourdissant en fond sonore. Les guitares s’accordent et dialoguent parfaitement avec le chant précipité d’Hibiki, développant une atmosphère indéfinissable. Le refrain mise une nouvelle fois sur la singularité de la performance vocale.

Les plages 8, 9, 10, 11 et 12, qui ne durent que quelques secondes, prolongent le son agressif de Sludge qui semble ici durer une éternité. En y réfléchissant bien, ce bruit ressemble à celui d’un moniteur cardiaque dans un hôpital lorsque le cœur humain s’arrête… ce qui peut être un élément pour l’interprétation possible de la jaquette du mini album. De plus, lorsque que l’on compare les titres des plages 8 à 12, celui de l’intro du CD et celui de la dernière chanson, nous remarquons qu’il s’agit à chaque fois de serial killers, de violeurs et autres cannibales… Tout ceci donne donc un sens au titre de l’album (Killer Fiction) et aux dessins étranges représentant le corps humain altéré, comme si l’humanité elle-même était pervertie.

Finalement, nous arrivons à ce qui boucle cette expérience musicale. Il s’agit de Jeffrey Lionel Dahmer. Le rythme est lent, avec un son de piano désaccordé… la voix d’Hibiki se fait lancinante et inquiétante, voire psychopathe par moment… On entend derrière lui une sorte d’écho. Cette composition, somme toute assez calme, est parfois déchirée par des cris semblant sortir des entrailles d’Hibiki. A l’écoute de Jeffrey Lionel Dahmer, on peut se figurer l’image d’une sorte de boite à musique déglinguée et ancienne, avec des personnages ensanglantés qui dansent… C’est une vision assez subjective, mais cela est assez poétique… Libre à chacun d’interpréter à sa façon. Pour clôturer ce premier opus de Calmando Qual nous entendons une ultime fois le "biiiip" assourdissant…

Killer Fiction est donc un CD à écouter d’urgence pour se faire une idée du concept-style de Calmando Qual : Un univers véritablement unique, une expérience musicale exceptionnelle… Certes, c’est musicalement étrange, mais là est toute l’originalité de Calmando Qual. Ils se démarquent totalement de la scène indies japonaise.

Julie Carvalho


Sortie : 7 mai 2003
Référence : NBR-001
Site Officiel : http://calmandoqual.info/

Tracklist :
01 - G.J.Schafer
02 - death education
03 - vision
04 - Ayamachi
05 - Death Song
06 - disorder
07 - Sludge
.. - Theodore Rebert Bundy
.. - Peter Sutcliff
.. - Andorei Chikatilo
.. - Albert Hamilton Fish
.. - Charles Starkweather
13 - Jeffrey Lionel Dahmer

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