Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

SweetS - Delicious ~Complete Best~

Il y a exactement trois ans naissait officiellement SweetS, un groupe de cinq filles qui, selon les dires de la maison mère avex, devait devenir aux girls bands ce que SMAP était aux boys bands. Rien que cela !
En 2003, les icônes du Hello! Project, Morning Musume en tête, perdaient peu à peu leur leader et leur sacro-saintes auréoles, pour des auréoles moins glamour de sueurs accompagnées de gadins à répétitions dans l’Oricon Chart (le classement des ventes au Japon). Deux schémas pouvaient possiblement expliquer cette dégringolade : soit les Morning mouraient parce que Tsunku n’avait plus le feu sacré, soit le public ne s’entichait plus d’ados pré-pubères engoncées dans des robes froufrouteuses au-delà du ridicule acceptable. Il semblerait que les brillants neurones des marketeux de chez avex n’aient pas senti que la seconde réponse était la bonne et décidèrent de lancer leurs propres lolitas, les SweetS. L’été 2003 était marqué, certains s’en souviennent, par le lancement en grande pompe de ces cinq futures stars de la scène japonaise avec leur titre LolitA*Strawberry in summer, qui valu des crises d’apoplexie à toute personne réfractaire à la pédophilie ! Et même au Japon où cela est mieux toléré, les mignonnettes n’ont pas fait l’unanimité et le groupe meurt, après une lente dégradation de la qualité des morceaux, distinctement audible sur ce best of qui clôt la carrière des SweetS.



Lolitas in summer

Le groupe ayant totalisé onze singles, un score pitoyable, Delicious propose néanmoins quatorze pistes enchaînées non pas selon une logique artistique à laquelle on pourrait s’attendre, mais un ordre chronologique tout bête qui rappelle amèrement le désintérêt flagrant d’avex pour celles que l’on voyait déjà en haut de l’affiche. La version CD+DVD qui sort conjointement, et de façon désormais consensuelle, n’apporte pas grand-chose de plus, si ce n’est une vidéo dénommée de façon originale Graduation et qui n’est qu’une maigre consolation pour les fans de SweetS qui auraient certainement aimé retrouver d’autres lives, et sans grand intérêt pour qui n’apprécie pas le groupe outre mesure.
Les périodes intra-SweetS sont facilement décelables : à leur début, tous leurs titres devaient porter au moins un nom de fruit ou de sucreries pour avoir voix au chapitre. C’est ainsi que nous avons découvert LolitA*Strawberry in summer, Love*Rasperry Juice et Love like candy floss, toutes trois de sympathiques pistes, à mi chemin entre la pop et le R’n’B, dans la veine des premiers morceaux nippons de BoA, tels Amazing Kiss ou ID:PeaceB pourtant bien plus vieux. Les deux premiers titres ayant été enregistrés à quelques semaines d’intervalle, on y ressent la même énergie passionnée de gamines survoltées. Malgré leur jeunesse, 12 ou 13 ans à leur début, les SweetS excellent dans les chorégraphies sautillantes et maîtrisent plutôt bien leur filet de voix sur scène. Les arrangements de bounceback finissent de peaufiner le travail et on appréciera à leur juste valeur ces deux premiers singles rafraîchissant comme les fruits rouges dont elles nous vantent la saveur acidulée. On se surprendra même à chantonner les sympathiques "gimme your love, your body… yeah yeah" de Love*Raspberry Juice avant de s’horrifier du contenu outrageusement sexy des paroles que chantent les 5 lolitas en herbe. Love like candy floss marque la fin d’une première et très courte ère. La chanson est bien plus proche de la ballade que du R’n’B gentillet, les filles subissent un deuxième relooking, doivent désormais s’habiller aux couleurs de Penty’s -une marque en vogue chez les pré-ado japonaises - et les coloristes de s’en donner à cœur joie pour leur faire retrouver les cheveux noir de geais qui sied à une asiatique bien "comme il faut".



Grow into shootin’ stars

Grow into shinin’ stars restera certainement dans les mémoires comme le summum de la carrière des SweetS, leur meilleur morceau s’il en fut, et pointe sans gloire à la quatrième place de la tracklist. Pour notre peine, les deux coupling with du single seront ajouté à la suite. Never ending story (EXTENDET VERSION), même en version extend, n’a rien à voir avec la composition géniale de Limahl pour le film du même nom. Devrait-on y voir une allusion à l’illusoire pérennité souhaitée pour le groupe ? Ce n’est certainement pas shochuu o mimai moshiagemasu qui va nous donner envie d’en écouter plus longtemps. Niaiseuse au possible, avec son léger beat suranné, ses faux cuivres remixés par ordinateur, ses chorus infantilisants s’ils ne sont ridicules, et l’impression cauchemardesque de voir sortir un troupeau de majorettes de derrière un rideau de cirque, cette chanson se relègue directement dans le tiroir des infamies musicales de ce début de siècle ! Les Morning Musume et autre chekkico étaient drôles, elles, au moins !



Suivant la nouvelle ligne éditoriale de Grown into shinin’ stars "désormais on reprend le thème du ciel", vient Sky, une agréable piste mid-tempo, pleine de clap et de "papapa-paiya" qui restent, on ne sait comment, crédibles, où les SweetS font montre de leur plus douce voix. Ça parle d’optimisme et de soleil après l’orage, ça devrait plaire aux Japonais… Et bien pas tant que ça ! Exit les arrangements géniaux des premiers singles, elles ne sont pas suffisamment rentables pour se payer de la qualité. Sky, dépourvu de la pêche qui caractérisait les quatre précédents singles, marque le début de la fin, quand bien même ce titre aurait pu être une vraie perle entre de bonnes mains. avex décide alors de miser le tout pour le tout avec countdown, un second "3 A-side", mais se plante aussi royalement que la chanson. Il n’y a rien à redire sur la prestation de nos cinq nymphettes qui donnent une fois de plus le maximum, mais le morceau n’en finit pas de décevoir. Manque de moyen, de temps ou de volonté ? countdown est tout bonnement bâclé, reprend une sauce archi-servie et sans originalité. Quant à oursong ~wakare no uta qui la suit, c’est une ballade sirupeuse sans grand intérêt que l’on aurait pu entendre dans n’importe quelle discographie d’idol ringarde. A vrai dire, la meilleure chanson du maxi-single était makenai kimochi ~resistance~ qui surfait sur un groove très 70’s, utilisant les capacités vocales du groupe entier, avec des duos et des chorus finement pensés. Mais voilà : elle ne figure pas sur la tracklist du best-of. A méditer…



Comme un avion sans aile

Après shochuu o mimai moshiagemasu, mienai tsubasa est la seconde déclaration de guerre ouverte à la J-Pop. A l’écoute, on se croirait revenu dans sa plus mauvaise période d’avant 1999. avex largue les SweetS en pleine mer avec de gros boulets musicaux à leurs chevilles. Difficile dans ces conditions de ne serait-ce que surnager dans le milieu de la pop. Earthship ~uchuusen chikyuugô~ est comme une main qui les maintiendrait sous l’eau, et ce n’est pas son utilisation comme banal générique de fin d’une série animée, ici Law of Ueki, qui réussira à sortir les SweetS de l’île déserte où elles ont échoué.
Repompant dans les mid-tempo de Sky, on the way ~yakusoku no bashô e~ est un concentré d’insipide et de mortellement ennuyeux : quelques claps par-ci par-là, une mélodie "mono octave" et sans risque… La petite Haruna n’y peut malheureusement rien, désormais seule lead vocal et capitaine d’équipe du quintet devenu trio, suite à l’année pop-sabbatique des leaders charismatiques Aki et Aya reparties studieusement passer leur diplôme de fin d’étude. L’essai sera si désastreux qu’avex décidera de ne plus sortir de single avec la formation à trois. Pourquoi continuer à chroniquer ce CD puisque Bitter sweets et Color of tears ne relèvent malheureusement pas le niveau, aussi bas qu’il puisse être atteint, et il n’est pas intellectuellement intéressant de continuer une critique dithyrambique et forcément paradoxale sur la pauvreté, voire la médiocrité musicale, des derniers morceaux de SweetS.



Une chose est sûre, ce Complete Best est un fidèle et merveilleux témoignage de la carrière des SweetS. Il démarre superbement avec des morceaux rythmés, à la frontière de la dance et du R’n’B comme le savent si bien le gérer les Japonais, avant de s’enfoncer petit à petit dans les limbes du chaos musical le plus désastreux ! Un CD qui se laisse écouter mollement et qui ne vaudra jamais ni le premier (SWEETS), ni le second (Keep on movin’) mini album des SweetS ! Delicious n’a donc de délicieux que le titre et n’est même pas un achat à conseiller.
On peut désormais comparer la carrière des SweetS (trois ans d’existence, un album plus deux mini-albums, onze singles dont on ne sauvera pas la moitié d’un quelconque incendie et aucune nomination au Kohaku Utagassen –le rendez-vous annuel et télévisuel incontournable des stars de la musique-), et celle du boys band SMAP qui viennent de sortir un énième opus (après vingt albums, on ne compte plus) : Pop Up! Eux se permettent de ne sortir qu’un single par an, mais sont réclamés au Kohaku Utagassen quand même…

Wendy Roeltgen


Sortie : 2 août 2006
Référence édition CD+DVD : AVCD-23004/B
Référence édiiton CD simple : AVCD-23005
Site officiel : www.avexnet.or.jp/sweets

Tracklist CD :
01 - LolitA
*Strawberry in summer
02 - Love
*Raspberry Juice
03 - Love like candy floss
04 - Grow into shinin’ stars
05 - Never ending story(EXTENDET MIX)
06 - shochuu o mimai moshiagemasu
07 - Sky
08 - countdown
09 - oursong ~wakare no uta~
10 - Mienai Tsubasa
11 - Earthship ~Uchuusen Chikyuugô~
12 - on the way ~yakusoku no bashô e~
13 - Bitter sweets
14 - Color of tears

Contenu DVD :
Graduation [Documentary]

>>> Acheter l'édition CD+DVD officielle de cet album chez notre partenaire YESASIA (environ 27 euros)
>>> Acheter l'édition CD simple officielle de cet album chez notre partenaire YESASIA (environ 21 euros)


Crédit photo : © avex network
Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême