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MAX - SPLASH GOLD / Prism of Eyes

Pour la plupart d’entre vous, le nom de MAX n’évoque peut-être pas grand-chose en terme de Jpop. Et pourtant ! Ces ex-danseuses et choristes de Namie Amuro ont elles aussi eu une belle carrière, jalonnée de titres eurobeat fédérateurs et de morceaux groovy tripants. Leurs chorégraphies saccadées sont à l’origine du ParaPara et leurs looks ont fortement aidé à implanter une image de femme glamour dans le milieu de la Jpop, jusqu’alors incarnée par des adolescentes mal fagotées et aux timbres de voix haut perchés. Néanmoins, depuis le départ de leur membre Mina, une des premières chanteuses Jpop avec une voix puissante et grave, la formation peine à retrouver son souffle et leur éditeur avex semble prendre un malin plaisir à enterrer vivantes Reina, Nana, Lina et Aki. SPLASH GOLD n’est qu’à une pelletée de la fin des MAX…

C’est donc avec appréhension que nous écoutons la dernière mouture d’avex pour le groupe. Décevant n’est plus le mot, car ce sentiment convenait davantage à l’écoute des premiers titres mollassons comme Eternal White avec Aki, la remplaçante de Mina. Rageant, non plus, car il faudrait qu’il reste une once de passion pour susciter un peu d’émotion. En fait, les singles de MAX s’enchaînent au rythme poussif d’un opus par an et leurs mélodies de moins en moins abouties lassent plus qu’elles ne fâchent.



L’année dernière, pour les dix ans de carrière du groupe, un petit sursaut eurobeat s’était fait sentir, enthousiasmant le peu de fans acharnés qu’il leur reste, mais l’engouement est retombé aussi vite qu’un soufflé mal dosé. Quid de ce SPLASH GOLD –natsu no kiseki-, titre hautement énigmatique ? Eh bien, il n’est pas très miraculeux ! Les trois premières notes tirées d’un koto, cet instrument à cordes japonais, font tomber la curiosité à son point le plus bas et un long soupir dépité est à peu près tout ce que la mélodie vous inspirera. Tout comme Nirai Kanai l’année dernière, SPLASH GOLD surfe sur une vague dance façon Kylie Minogue dans les années 80, la fraîcheur en moins, les sonorités traditionnelles japonaises en plus : koto, sifflets et onomatopées typiques de la musique des îles austro–japonaises. Or, là où Nirai Kanai tirait son épingle du jeu avec sa rythmique up-tempo et un bon dosage entre la dance et le traditionnel, SPLASH GOLD plonge sonder les bas-fonds de la musique artificielle. Complètement synthétique et ponctuée par les fameux "Iasasou" d’Okinawa préenregistrés et réutilisés à tout venant, (même les KinKi Kids les reprennent dans leur dernier single), la chanson surnage péniblement tout au long des cinq minutes qui la composent. Malgré tout ce qu’elles peuvent déclarer dans leurs interviews (qu’elles préfèrent se concentrer sur leurs concerts et que ce rythme de sortie leur convient), les MAX semblent pourtant n’en plus pouvoir de ces chansons banales, à des miles nautiques de ce qu’elles faisaient il y a quelques années. Reina, pourtant lead-vocal du quatuor, perd d’année en année son joli filet de voix et son légendaire enthousiasme pour reprendre les couplets de façon atone. La mélodie se veut douce sur une musique qui affiche nettement sa préférence aux sons métalliques des ordinateurs. Le résultat n’en est que plus accablant car en tentant de sauver la chanson de la noyade dans les classements japonais, les MAX chantent de la manière la plus suave et lascive possible, rendant difficile tout intérêt pour la chanson. Seule la petite voix fluttée et naturelle de la sublime Lina (qui parle de parti pris ?) sauve le passage le plus calme de la chanson. A trop mélanger modernisme et tradition, on pourra, nous petits Européens, être fascinés par la coexistence possible des genres, mais on pourra parfois également obtenir des hybrides non-viables comme ce SPLASH GOLD.



Le clip résume lui aussi l’investissement plus que minimal, superficiel et désintéressé d’avex dans la carrière déclinante des MAX, et ne vous encouragera certainement pas à acquérir la version CD+DVD disponible et pourtant indispensable ! Seul vestige de la grandeur des MAX, la pochette du single avec l’édition DVD est, il faut le reconnaître, de toute beauté. Ce n’est pas véritablement étonnant quand on sait que les MAX sont maîtresses de leur image, à défaut de maîtriser leur carrière.

La moins mauvaise surprise viendrait presque du second titre, Prism of Eyes. Les MAX renouent avec de vrais rythmes empruntés à la dance et l’eurobeat qui ont fait leur succès, si ce n’étaient leurs meilleurs titres.
Prism of Eyes, surprenante et enlevée, puise dans tout ce qui peut rester de vintage chez avex… jusqu’à ce que le premier bridge se termine et qu’étonnamment, on aurait attendu la voix caricaturale et sous hélium d’une Megumi Hayashibara ! La chanson est effectivement un générique d’une série sentaï (Maden Senki Ryukendo) et cela s’entend. Avec une pointe de cynisme pour les artistes incriminées, on pourra dire de cette chanson qu’elle serait un exemple parfait de ce que pourrait être la discographie de Nami Tamaki si elle avait eu un peu de talent et une voix moins criarde. Une piste finalement sympathique mais convenue qui n’a pas vocation à se tailler une place au soleil…



SPLASH GOLD / Prism of Eyes renie définitivement toute la politique engagée par Max Matsuura il y a plus de dix ans de cela, quand il avait décidé de les recycler après le départ d’une Namie triomphante. Exit les rythmes dans l’air du temps, les best-sellers du top Oricon et les chorégraphies traumatiques, MAX pourrait encore intéresser un Pascal Sevran local, en attendant de chanter du enka dans une maison de retraite.

Wendy Roeltgen


Sortie : 2 août 2006
Référence édition CD+DVD : AVCD-16106/B

Référence édition CD Maden Senki Ryukendo Special Package : AVCD-16107
Site officiel : www.avexnet.or.jp/max

Tracklist CD :
01 - Splash gold -natsu no kiseki-
02 - Prism of eyes
03 - Splash gold -natsu no kiseki- (instrumental)
04 - Prism of eyes (instrumental)

Tracklist DVD :
01 - Music clip
02 - Making of

Crédit photo : © avex network
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