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Aya Ueto - UETOAYAMIX

Aya Ueto’s on fire ! Après son rôle principal dans "l’extraordinaire" film Azumi 2: Death or Love, chambara sorti le 12 mars au Japon, l’idole nippone la plus médiatisée du moment enchaîne avec un album de remix tout aussi prodigieusement exécrable. Parvenir à atteindre simultanément un tel niveau de médiocrité dans des domaines aussi différents est un véritable tour de force. UETOAYAMIX décroche donc sans coup férir la palme du plus mauvais CD pop de la rentrée, avec mention très bien et les félicitations du jury. Omedetô !


En idole accomplie ("aïdolu" comme on dit dans l’archipel), la starlette japonaise Aya Ueto truste les média : photobook, séries télé, films, CD, jeux vidéo… On la voit et on l’entend partout. Mais bouffer du Ueto à tous les repas, il y a de quoi être écoeuré, surtout quand le plat est aussi indigeste que son dernier long métrage (l’anesthésiant Azumi 2) et cet infâme UETOAYAMIX. Il faut dire que la demoiselle ne sait ni bien jouer ni chanter, mais comme elle est assez mignonne et photogénique, ça doit compenser. Ses trois premiers albums (AYAUETO, MESSAGE et Re.), dans un registre pop 100% commercial, se laissaient écouter sans convaincre. Les instrumentalisations et les effets en post-production masquaient sans trop de soucis les faiblesses de son chant, loin d’être juste. On trouverait facilement meilleure vocaliste au karaoké de la première convention française venue, toujours est-il que ça tenait à peu près la route. Ce nouvel album reprend la plupart des titres marquants d’Aya, dans des versions plus électroniques qui restent tout de même très pop, loin des compilations de remix trance speedées qui pullulent sur le marché nippon. UETOAYAMIX s’adresse donc exclusivement aux fans de la chanteuse et autant prévenir : il faut vraiment l’aimer la petite Aya pour s’aventurer sur les pistes de ce CD…

En effet, la voix d’Aya Ueto est ici propulsée dans toute sa pureté au premier plan de remix miteux à l’instrumentalisation aussi ridicule que plate. Conséquence : on subit de plein fouet le chant comme une performance a capella et ça fait mal… Excepté durant quelques passages, la performance vocale est nullissime du début à la fin. Aya chante non seulement faux la plupart du temps, sans que cela ne soit retravaillé ou atténué en studio comme pour les albums précédents, mais en plus, toute pincée d’enthousiasme de sa pathétique performance est anéantie par une partie instrumentale synthétique soporifique et hors de propos.

Pour concocter les neuf pistes de cet album, les producteurs ont dû faire simple : prendre d’un côté neuf (mauvais) rushs audio de la chanteuse et de l’autre, quelques samples sonores gratuits grappillés sur le net, copier/coller le tout l’un sur l’autre avec la pertinence de la fonction "random" du logiciel de mixage et, au final, on obtient un magnifique CD de remix… qui a le mérite de produire du son quand on l’insère dans une chaîne, ça peut servir, pour se venger de voisins trop bruyants la veille par exemple. Autant dire que les neuf titres de cet album heureusement court n’arrivent même pas à la cheville des chansons originales pourtant bien moyennes. Pêle-mêle, les sonorités se succèdent : une ambiance seventies avec des cuivres pour Ai no tameni -Cloudberry Jam- (l’album a un petit côté vintage récurrent), une rythmique un tantinet tribale et des chœurs d’enfants pour Kaze -Home Grown- (fou rire au moment de l’arrivée du chant après l’intro instrumentale, on cherche lequel des deux est le plus pitoyable), une mélodie et une flûte de pan rappelant les Mystérieuses Cités d’Or (incohérent avec le chant) dans Usotsuki -Jazztronik-, un pseudo blues dans MESSAGE -Incognito-, du disco eighties pour Binetsu -DJ Watarai-, un solo de guitare tétraplégique dans Hello -Reggae Disco Rockers-… On trouve un certain nombre d’influences variées, souvent rétro, parfois américaines ou ethniques, une variété appréciable hélas bêtement exploitée dans sa plus simple et caricaturale expression, recyclée dans les plus bas de gamme des boites à rythme pour grabataires. L’accompagnement musical s’avère par conséquent mauvais, lourd, assommant et cacophonique, ou risible de ridicule. En plus, le tempo lent et poussif tue systématiquement le moindre élan dynamique insufflé par la chanteuse (il y en a si peu pourtant).



Que retenir de cet album ? Rien ou presque. Le seul et unique bon point revient à la fin instrumentale de Ano hito ni aitai -Towa Tei-. Pas de quoi se réveiller la nuit ou se mettre en transe avec cette petite minute mixant synthé, scratchs et nappes disco ; mais c’est le seul moment agréable qui parvient à relaxer nos pauvres tympans martyrisés par ce CD. Ce que nous n’oublierons pas par contre, c’est la fabuleuse première chanson… Dans ce mix électronique, le sample "wataaaaaa-shi namae… U-e-to Aaa-ya…" tourne en boucle et fait figure d’exercice de prononciation désarticulé donné par une prof de maternelle complètement bourrée et shootée. S’affirmer comme l’auteur de ce pathétique morceau inécoutable, c’est quand même audacieux, suicidaire ou alors c’est de la moquerie poussée à son paroxysme envers les fans consommateurs.


Honteux à l’image de son premier titre, cet album est l’exemple type de tout ce qu’il ne faut pas faire en musique. On s’ennuie ferme à l’écoute de ces chansons réarrangées avec mauvais goût, sans aucun talent ni dynamisme. Même le public de la chanteuse devrait frôler l’écoeurement. Après un dernier film complètement loupé et un produit aussi abject, on voit mal comment Aya Ueto pourra gagner un peu d’estime sans un encadrement créatif talentueux capable de la transformer. UETOAYAMIX n’est peut-être qu’un simple album de remix, mais il n’aurait jamais dû voir le jour.

Eric Oudelet


Référence CD : PCCA.2168
Sortie : 24 août 2005
Site officiel : www.uetoaya.tv/index1.html

Tracklist :
01 - afuresou na ai, daite -DJ TASAKA-
02 - ai no tameni. -Cloudberry Jam-
03 - kaze -Home Grown-
04 - Hello -Reggae Disco Rockers-
05 - usotsuki -Jazztronik-
06 - MESSAGE -Incognito-
07 - binetsu -DJ Watarai-
08 - ano hito ni aitai -Towa Tei-
09 - ai no tameni. -KREVA-
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