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Mai - MAISELF

Même si son nom est assez récent dans le milieu artistique, Mai n’est pas une débutante à proprement parler. Cette originaire d’Hokkaido a commencé sa carrière en 2002 sous le pseudonyme obscur de Ruppina. Bien que sous la houlette d’artistes tels HAL ou ats-, et que ses premiers singles FAITH et Violet Flow aient été choisis pour apparaître sur la bande originale de l’anime à succès ONE PIECE, la carrière de Ruppina n’a pas vraiment décollé. Est-ce le nom de Ruppina (qui fait certainement plus penser à une fleur -famille des Lupinus-, un travesti pro-wrestling -Ru Paul- ou bien une tapineuse d’Europe de l’Est) qui a été le frein au succès, pourtant mérité, de la jeune fille ? Qu’à cela ne tienne, on vire le pseudo un peu louche pour le prénom originel et plus japonisant de Mai pour repartir de zéro : nouveau nom, nouveau look, nouveau label -toujours chez avex pourtant- et surtout nouvel album !

Après cinq singles et deux mini-albums pour Ruppina, MAISELF est le premier véritable album de la discographie de Mai Kudô, de son vrai nom, en plus de trois ans ! La chanteuse officie dans un registre empruntant aussi bien à la pop qu’à la techno légère, pour un résultat des plus enchanteurs. Afin de s’assurer d’un bon nouveau départ dans les classements musicaux et ratisser large, la stratégie marketing de Mai a été des plus osées, reléguant Koda Kumi et ses jeux de mains au rang de récréations mormones ! Une imagerie ero-kakkoi (érotico-génial, si vous préférez) comme on l’appelle au pays du soleil levant, qui a idéalement fonctionné au point de ne plus montrer Mai autrement que dévêtue dans ses clips. La pochette de son album est elle-même un trompe-l’œil ! Et vos oreilles dans tout ça ?…



Mai sortie des (f)lots

La première piste de l’album est évidemment Reborn, le premier single de l’artiste, où les sonorités les plus métalliques rappellent le gazouillis joyeux d’un ruisseau de montagne dévalant les pierres de son lit, avant de devenir un torrent à gros bouillon, mis en scène par des basses sourdes et puissantes. Au milieu de ce tumulte pseudo aquatique, émerge la voix retravaillée de la chanteuse, comme Botticelli avait imaginé Venus sortant des flots plusieurs siècles auparavant. Et tout comme la représentation picturale de l’italien, Mai est apparue nue !
La piste est enlevée, tripante. Que demander de plus, si ce n’est que la qualité globale de ce MAISELF soit similaire à celle dont ont bénéficié les trois premiers singles de la chanteuse et que l’on retrouvera sur l’album. Outre donc Reborn, Eyes et Princess - Candy, trois pistes purement électro à la limite de la trance gentillette, revues et arrangées par SiZK (qui s’occupe régulièrement de Heartsdales et BENNIE K, il a notamment écrit et arrangé Losin’it le dernier Yuna Ito), toutes les autres compositions sont des morceaux originaux, ce qui ne gâche rien. Pour faire suite à Reborn, Mai nous offre It’s a little luck, une excellente composition de pop lounge, gaie et soignée, à la manière du travail de CAPSULE sur leur album Nexus 2056, qui se marie à merveille avec la voix haute et légère de la chanteuse. Cette voix est d’ailleurs si habilement retravaillée et additionnée de chorus, par Mai elle-même, que l’on peut se demander la valeur d’une prestation en live. Precious Moment vient alors enfoncer le clou, car cette bluette tranquille, dont les sonorités ont été calquées sur le vieux Cake is Love du duo PUFFY, nous laisse tout le loisir d’écouter et de détailler les performances vocales de Mai. Si la piste est sympathique mais sans plus, elle laisse toutefois entrevoir la belle couleur artistique que peut prendre cet album.

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Si toutes les pistes appartiennent à la catégorie musique électronique, les influences et les ambiances sont diverses et changent parfois du tout au tout d’un morceau à l’autre. Tantôt proche de la musique expérimentale de Björk, tantôt aussi disco qu’un tube de la nouvelle mouture Madonna ou aussi transcendante que les morceaux d’Enya, certaines pistes peuvent également être influencées par ces artistes japonaises qui vénèrent le rétro et la nouvelle vague à la française, comme Karie Kahimi ou Kojima Mayumi. L’enchaînement des morceaux semble aussi avoir été savamment étudié afin de donner une réelle dynamique. Au lieu de parquer toutes les compos les plus "dancefloor" au même endroit, elles sont négligemment éparpillées sur le disque, entrecoupées par les morceaux les plus doux et planants comme Precious moment et Sincerely yours, de la pop kaléidoscopique avec Rosy Rosa Lolipop qui s’offre les sons acidulés du Calypso de Jean-Michel Jarre pour couronner ce pur moment de délire hallucinogène ou par le petit OVNI du disque, bye bye blues. C’est une bossa kitsch à outrance mais qui démontre une fois de plus que votre synthétiseur 128 touches et sa programmation tempo automatique peut se révéler une source intarissable de morceaux à la fois bons et hallucinatoires ! Il reste à vous parler du magnifique Here we go again, un très bon tube qui fleure bon le disco des années 2000. Antithétique ? Pas vraiment, il suffit de se rappeler les titres de Kylie Minogue qui mixaient allégrement les rythmes joyeux de la dance façon années 90 avec un accent un peu rétro seventies. Here we go again est un peu comme le paroxysme dance avant de revisiter la pop onirique avec le mélodieux Sincerely yours et le tube techno Eyes. Te o tsunago vient délicatement et magistralement ponctuer cet album, puisqu’il reprend symboliquement le rythme de MAISELF. Un début doux sans être authentiquement calme avant de laisser place à une boîte à rythme résolument up-tempo, puis finir en beauté sur une phrase musicale quasi a capella.



MAISELF ne manque décidément ni de punch, ni d’audace, ni de qualité… L’album alterne très intelligemment des pistes soignées et variées, quoique toujours dans un même registre musical électro-pop-techno, afin de tenir l’auditeur en haleine. Les arrangements des artistes comme le japonais SiZK ou les américains de COLDFEET (Rosy Rosa Lolipop), qui ont travaillés sur les discographies de hiro et Mika Nakashima, entre autres, ajoutent un savoir faire et une plus value non négligeable au produit fini. La résultante est un ensemble cohérent de chansons pourtant très diverses, un CD très agréable. Ajoutez à cela un packaging alléchant, dénudant Mai jusqu’à son string pour la rhabiller de rayures de peinture blanche et verte (un travail d’orfèvre qui a duré plus de vingt heures), et vous n’avez plus vraiment de raison de ne pas craquer ! On reconnaîtra là la signature de l’hétéroclite et polymorphe Nomiya Maki, emblématique chanteuse groupe Pizzicato Five qui s’est occupée de la production visuelle de cet album !

Malgré des résultats décevant, seulement 13ème au top Oricon le jour de sa sortie et oublié depuis, MAISELF est une petite perle bondissante qu’il fera bon écouter en ce mois de septembre idéalement ensoleillé !

Wendy Roeltgen


Sortie : 6 septembre 2006
Référence édition CD+DVD :
RZCD-45436B
Référence édition simple CD : RZCD-45437
Site officiel : www.rythmzone.net/mai


Tracklist CD :
01 - Reborn
02 - It’s a little luck
03 - Precious moment
04 - Rosy Rosa Lolipop
05 - Princess - Candy
06 - bye bye blues
07 - Here we go again
08 - Sincerely yours
09 - Eyes
10 - Te o tsunago
11 - Moshiawake Single MEGA MIX*
*bonus track disponible uniquement sur l’édition simple CD

Tracklist DVD :
01 - Reborn [MUSIC VIDEO]
02 - Eyes [MUSIC VIDEO]
03 - Princess - Candy [MUSIC VIDEO]
02 - Offshoot de la séance de body painting

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Visuels © avex/rythmzone

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