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BUMP OF CHICKEN - Planetarium

Le 21 juillet sortait dans les bacs japonais, Planetarium, nouveau single de BUMP OF CHICKEN. Comme à son habitude, le groupe a pris son temps pour nous livrer de nouveaux morceaux; leur dernier album date d'août 2004 et le seul single sorti depuis était issu de ce même album, Yggdrasil. On attendait donc un nouveau single avec une petite impatience, sans appréhender pour autant; BUMP OF CHICKEN ne s'éloigne jamais des sentiers battus.


Simplicité et sérénité

Depuis la sortie de ce single, on ne compte plus les interviews et les photos A4 dans les magasines jpop de ce groupe bizarrement aligné en rang d'oignons, les sourires timides, la chemisette bien blanche. Perplexe, on cherche pourquoi ces quatre musiciens sans particularité apparente ont gagné le titre "d'un des groupes les plus prometteurs du rock nippon".

Une part de la réponse se trouve dans leur simplicité : la scène musicale japonaise s'est longtemps noyée dans l'excentricité et les artifices en tout genre, si bien qu'aujourd'hui, son public se tourne vers des groupes simples, facile à écouter. BUMP OF CHICKEN est assurément un de ces groupes pour lequel nul besoin est d'écouter une dizaine de fois chaque nouveau titre pour espérer s'habituer à une mélodie avant-gardiste ou un chant révolutionnaire. Planetarium bénéficie de cette accessibilité accrue et on ne s'étonne pas de voir ce single effleurer les hauteurs de l'Oricon.

Mais le pop-rock grand public représente un grand danger pour les groupes qui s'y adonnent et BUMP OF CHICKEN a un pied dans la banalité. Pourtant le groupe sait se démarquer de ses confrères grâce à un univers singulier porté par une atmosphère musicale entraînante et légère, un chant calme et étrange, et des chansons pleines d'histoires qui fleurtent avec le fantastique. Avec ce single, on quitte le monde du buffle sans visage de l'imagerie de Yggdrasil pour visiter un planetarium d'appartement.


Calmement dans les étoiles

Planetarium. La mélodie s'installe lentement : un son cristallin de petites cloches soutenu par quelques accords simples de guitare marque le début, puis la batterie et la basse se font entendre discrètement jusqu'à ce que Hiroaki Masukawa s'empare de la mélodie armé de sa guitare et la charge d'une douce vitalité sans brusquer le rythme. Motoo Fujiwara entame sa chanson; sa voix posée, un peu nasillarde alourdit la mélodie, plutôt gaie, d'une pointe de mélancolie. Une légère accélération du rythme sur une poignée de secondes amplifie cette impression qui reste très diffuse. Ce savant mélange de légèreté colorée et de tristesse estompée rend un tableau étrange qui perturbe gentiment l'esprit et pousse à la rêverie. C'est les yeux perdus dans le vide qu'on écoute cette chansonnette, entraînante malgré un rythme lent. Motoo élève la voix sur ce qui s'apparente à un refrain, bien qu'il n'y en ait pas à proprement parler au niveau du chant : il aime raconter des histoires et ne s'encombre que rarement de la répétitivité qu'apporte un refrain. Le morceau se finit de façon abrupte alors qu'il n'avait été que douceur enjouée; on est coupé en pleine ascension par l'arrêt brusque et un peu dissonant des cinq instruments peu après le chant. Dans un état de bonne humeur aux couleurs ternies, on enchaîne sur la deuxième piste.

Quelques notes égraînées sur une guitare commencent ce titre, Ginga Tetsudô (le chemin de fer de la voie lactée ). On reste dans les étoiles et on continue de rêvasser. Seule une guitare accompagne le chant, les autres instruments ne font leur apparition que très tardivement, nous laissant le temps de nous imprégner de la voix sereine et tremblante de Motoo qui souffle à peine ses mots. Ainsi faite, la première partie du morceau à la spontanéité et la simplicité d'une version acoustique. Aucun ornement superflu ne vient surcharger cette ballade qui glisse dans l'air et dans les oreilles avec une facilité déconcertante même après l'arrivée de la batterie et de la basse. Motoo donne un peu de voix, le chant prend de l'intensité, la mélodie aussi... mais toujours avec une extrême lenteur. Sa voix monocorde donne étrangement beaucoup de chaleur à ce titre touchant. La deuxième guitare joue de temps à autres une mélodie toute scintillante superposée à celle de base. La tendance est alors inversée par rapport à la précédente chanson; la mélancolie à la part belle et c'est la gaieté qui se fait discrète, cachée derrière ces quelques notes de guitare enlevées.

Planetarium est un joli titre qui fait honneur au succès du single bien que Ginga Tetsudô, plus émouvante, lui vole au final la vedette. Le single ne s'éloignent pas du registre habituel du groupe et reste profondément encré dans leur univers qui se fige un peu plus à chaque nouvelle sortie mais dont on apprécie toujours autant la qualité.

Dans la plus pure tradition BUMP OF CHICKEN

Tout est en demi teinte dans Planetarium : les morceaux, qui transmettent bonne humeur et morosité dans un mélange curieux, et le single dans son ensemble qui marie un titre gentiment enlevé et une ballade mélancolique. Cette couleur indéfinissable est la marque de fabrique de BUMP OF CHICKEN. Ainsi, quand on écoute leurs morceaux on se demande toujours s'il faut balancer la tête avec un sourire niais ou se concentrer sur la moindre note avec un air grave... grand dilemme valable aussi bien pour les chansonnettes entraînantes que pour les ballades aériennes. On retrouve ce même cocktail d'émotions contradictoires dans leur album précédent et Planetarium se présente alors comme un petit condensé de la recette de Yggdrasil bien qu'une longue année les sépare. Aucun changement à l'horizon donc. Il ne reste plus qu'à espérer que leur prochain opus ne soit pas une copie conforme de celui de 2004.

On peut reprocher beaucoup de chose à BUMP OF CHICKEN, leur manque de renouvellement ou leur coté fleur bleue par exemple, mais on ne peut leur retirer le mérite d'avoir construit un univers reconnaissable dès les premières mesures : une voix originale, une musique simple, des sentiments multiples et éparses qu'on ne peut distinguer clairement et qui nous plongent dans une confortable perplexité. Rien de bien sensationnel donc mais leurs compositions sont toujours chaleureuses et humaines; elles sont terriblement agréables à l'écoute et c'est au final tout ce qu'on est en droit de demander à une simple chanson. Planetarium remplit parfaitement ce contrat d'agrément.

Lorraine Edwards

Sortie le 21-07-2005 - TFCC-89142 - 1000 Yens

Tracklist :
01- Planetarium
02- Ginga Tetsudou

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