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Ai Otsuka - Planetarium

Ni plus ni moins que la future reine de la Jpop, voilà comment avex trax essaie de nous vendre Ai Otsuka depuis maintenant 2 ans. Succession désignée d’Ayumi Hamasaki au titre suprême, la jeune chanteuse connaît effectivement un succès non négligeable auprès de la jeunesse nippone, mais reste encore loin de la popularité d’Ayu. Avec sa senpai, Ai possède toutefois un point commun notable : celui d’être une artiste qui ne laisse pas indifférent. Les uns idolâtrent son sourire communicatif et ses chansons pétillantes, les autres décrient sa voix haut perchée agressive et ses choix artistiques qui, même pris au second degré, laissent souvent dubitatifs. Réconcilier les deux camps, tel pourrait être le pari de ce nouveau single.

Depuis son premier grand succès avec l’horripilant Sakuranbo, Ai Otsuka est devenue la nouvelle coqueluche des cours de récréation. Mais les plus jeunes ne sont, étonnamment, pas le cœur de cible de la demoiselle : sa fraîcheur et son image très kawaii font également un tabac auprès des collégiennes et lycéennes de l’archipel, tandis que leurs homologues masculins l’ont élue valentine idéale cette année ! Sourire franc et chaleureux, tenue mode plutôt sobre, coiffure sage et maquillage discret : Ai n’a sur le papier rien d’effrayant. Au contraire, elle réussit le pari difficile de se donner une image accessible et populaire sans tomber dans les habituels travers caricaturaux des idoles. Mais ce n’est guère qu’apparence, et il suffit de regarder le clip de Sakuranbo pour comprendre qu’il y a tromperie sur la marchandise… Dans des décors rose flashy et sur des arrangements synthétiques immondes, Ai Otsuka sautille comme une puce en geignant de sa voix braillarde à côté de laquelle les pires ratés d’Ayu feraient office de berceuse.

Second degré ? Selon ses fans la musique d’Ai Otsuka serait d’abord rafraîchissante, et à ne pas prendre au sérieux, même si en marge de cela les talents artistiques de l’artiste ne semblent leur laisser aucun doute : n’est-elle pas auteur et compositeur ? Pas certain qu’il faille se vanter d’être à l’origine de pareils immondices, mais après tout pourquoi pas : voilà quelques années Ayumi Hamasaki elle-même ne faisait pas toujours dans le bon goût, en particulier pour ce qui est de ses tenues de concert. Seulement voilà : faire du second degré c’est bien, mais une fois dépassées certaines bornes la crédibilité de l’artiste ne peut plus rester intacte. Cet été, Ai nous a ainsi gratifiés d’un atroce single dont les prestations live de promo TV, notamment dans l’émission Music Station, avaient de quoi abasourdir. Avec SMILY, toujours dans un genre musical criard et édulcoré, Ai nous exhibait en effet, en background visuel, une bande de polynésiens vêtus d’une jupe de paille caricaturale au possible, exécutant avec un sourire béat une chorégraphie des plus avilissantes sans manifester la moindre conscience du pathétisme extrême qu’inspirait leur situation.

Et pourtant… Et pourtant Ai semble ne pas être complètement envahie par le côté obscur de la pop nippone. C’est d’ailleurs bien pour ça que ses débordements à peine dignes du Hello ! Project sont aussi difficiles à tolérer. Car à plusieurs reprises, notamment sur certaines ballades tel Daisuki da yo, Otsuka-chan a su démontrer qu’elle était également capable de prestations techniquement et émotionnellement réussies, avec une maîtrise vocale qui cette fois ne laissait aucun doute sur la supériorité de l’artiste par rapport à ses homologues du poulailler de Tsunku. Planetarium est une nouvelle démonstration du potentiel –nullement exceptionnel mais au minimum intéressant - de la nouvelle égérie d’avex. Il s’agit d’une ballade à la sobriété bienvenue, dont l’accompagnement dominé par le piano est également ponctué de petites mélodies à la flûte au rendu original et bien trouvé. L’interprétation d’Ai y est douce et nuancée, sa petite voix mignonne insufflant ce qu’il faut de charme à la chanson pour la rendre tout à fait agréable à l’écoute. Bien sûr on reste là bien loin du chef d’œuvre, mais trouver un morceau ne serait-ce qu’audible dans la discographie d’Ai Otsuka est déjà chose suffisamment rare pour qu’on ne crache pas dans la soupe… La face B du single, drop, est déjà nettement moins réussie. Sur une rengaine de guitare répétitive et lassante, Ai nous livre une chanson plate comme un cul de bouteille dont la majeure partie des paroles est rehaussée d’un chorus qui rend le chant nasillard et donc assez désagréable. Le tout fait penser à une mauvaise piste d’aiko (pléonasme ?), mais a au moins le mérite d’être inintéressant sans provoquer les mêmes crises d’urticaire que d’autres titres du répertoire d’Ai.

Le single est comme souvent disponible en deux versions, l’une d’entre elles étant agrémentée du traditionnel DVD contenant le PV de la chanson-titre, Planetarium. Un PV qui ne justifie pas une seule seconde l’investissement dans la version CD+DVD tant il est pauvre et navrant. On y retrouve de gros plans sur des plantes qui tournent (sic), parmi lesquels une Ai Otsuka qui se la joue jeune première dans une de ces atroces robes de femme enceinte que portent toutes les stars nippones en ce moment, avec drapés multiples en tulle verte et ceinture qui remonte jusque sous la poitrine. Poésie diront les fans, mais les personnes sensées passeront leur chemin après les 20 premières secondes.

Difficile de prédire les chances de succès de ce Planetarium… Ceux qui en pincent pour la fraîcheur et l’insouciance revendiquée des plus grands succès d’Ai Otsuka ne trouveront ici nullement leur compte, tandis que le public plus adulte, meilleur client pour ce genre de ballades assez sobre, risque d’être rebuté par la crédibilité moindre de l’artiste sur ce type de chanson. Même si l’on est assuré que les fans seront au rendez-vous, on voit ici les limites du produit marketing Ai Otsuka tel que livré par avex : à vouloir toucher à la fois les jeunes et les moins jeunes, l’artiste est encore en quête d’une réelle identité musicale qui permette au public de s’identifier à elle. Et il est clair que dans l’état actuel des choses, ce n’est pas encore demain qu’Ayumi Hamasaki sera poussée par sa maison de disques vers cette retraite annoncée depuis… trois ans déjà.

Kévin Petrement


Sortie le 21-09-2005 – AVCD-30768/B~AVCD-30769 – 1050 / 1800 Yens

Tracklist CD :
01 - Planetarium
02 - drop
03 - Planetarium –Instrumental-
04 - drop -Instrumental-

Tracklist DVD :
01 - Planetarium (Music Clip)

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Visuels © avex

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