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MUCC - HomuraUta (version française)

Les "chanceux" qui passaient leur mois d'août cette année à Paris, ont pu assister au très sympathique concert de MUCC, venu faire la promotion de HomuraUta. Le public de la loco qui a découvert l'album en live, a aussi eu l'honneur suprême de se procurer le digipack créé par Soundlicious spécialement pour la distribution française, plus de trois mois avant sa sortie officielle. Le digipack est, depuis le 28 novembre 2005, accessible à tous, et est désormais indispensable à toute discothèque qui se respecte.


Le plaisir du carton et du plastic

Les artistes nippons débarquent sur notre vieux continent en chair et en os, leur discographie les suit en CD et en feuilles plastifiées. Quelle joie d'avoir entre les mains un album, un "vrai" sur un CD, un "vrai" et on est comblé devant la version française de celui-ci tant elle a été soignée : digipack cartonné, couverture originale respectée, livret avec les paroles de chaque chanson en japonais (romanisé) et... en français ! Il se promène et glisse facilement du digipack mais nous donne enfin la satisfaction de comprendre clairement les chansons du groupe et de découvrir le monde de MUCC dans son contenu et plus uniquement dans sa forme.

On ouvre le fameux digipack pour trouver deux galettes : l'album HomuraUta évidemment et un DVD entièrement dédié aux bonus exclusifs de cette version française. On est décidemment bien gâté et on comprend mieux le prix sensiblement plus élevé que celui des versions européennes d'autres albums nippons.

HomuraUta, le très bon

HomuraUta n'est pas l'album le plus récent de MUCC, mais il est le premier à bénéficier d'une sortie dans l'hexagone. Il faudra attendre encore un peu pour trouver une version européenne de Kuchiki no tou, dernier album en date du groupe. Le choix de Soundlicious peut soulever alors quelques interrogations, mais lorsqu'ils nous répondent que c'est simplement un coup de coeur, on ne peut qu'acquiescer. HomuraUta est une petite perle du métal japonais et sûrement le meilleur opus de MUCC à ce jour, sans pour autant remettre en cause la qualité du reste de leur production.

Le CD débute par la glauquissime HomuraUta : percussions, gros riffs et harmonica nous plongent instantanément dans l'ambiance sombre et gentiment malsaine qui caractérise bon nombre de morceaux de cet album, toutefois très varié.

MUCC nous offre tout d'abord du métal torturé avec Zetsubô, un titre très fort rythmé par une ligne de basse cliquetante comme Yukke sait si bien les faire. Les parties de métal sont entrecoupées d'une mélodie légère de guitare qui nous prévient que le groupe a l'art et la manière de donner naissance à des mélodies efficaces. Tatsurô malgré une voix en apparence peu assurée tient parfaitement la note et crache ses paroles avec l'énergie du diable. Le chanteur fait aussi des étincelles sur les titres lourds et lents tel Kimi ni sachi are, susurrant ses paroles, ou les dictant, l'angoisse au fond de la gorge façon Boku ga hontou no boku ni taekiezu tsukutta hontou no.

On trouve aussi sur HomuraUta des morceaux... "dansants". Tatsurô nous a prouvé en concert sur Mae E, titre entraînant au pont musical très rocksteady que l'on peut se déhancher sur du MUCC. Uso De Yugamu Shinzou, rend un son plus jazzy et swinguant pour notre plus grand plaisir ; ce genre de morceaux donne à MUCC sa petite originalité. Mais, la MUCC's touch nous saute à la figure avec la présence surprenante de la chanson Oyoge! Taiyaki kun, le pendant japonais de notre pauvre petit bonhomme en pain d'épice. Ils rendent à cette chanson son côté dramatique, chose peu aisée quand on raconte les déboires d'un gâteau en forme de poisson, tout en gardant un morceau énergique et rythmé.



Les deux dernières pistes calment le jeu. Kaeranu Hito, la ballade de l'album, est prenante et larmoyante à souhait en évitant soigneusement d'être ennuyeuse et la traumatisante Zutazuta avec envolée de voix agonisante, a une mélodie lourde qui nous entraîne au plus profond de la dépression. Une petite surprise nous remonte le moral à la fin de l'album : une piste bonus, différente de celle de la version japonaise. On regrette un peu ce changement, la quinzième piste japonaise étant beaucoup plus sympathique et festive que ce morceau anecdotique.

HomuraUta sait donc varier les plaisirs, on accroche facilement à tous ces morceaux pour leur refrain efficace, leur rythme balancé, leur atmosphère lourde ou leur mélodie entraînante. Que du bon, on ne se lasse pas facilement de l'album.

Bonus "pour français"

On est tous un peu chauvin dans le fond ; quel plaisir alors de se retrouver face à des bonus réalisés pour nous, français, avec des sous titres français à toutes les sauces, du japonais romanisé, des questions d'interview ciblées "français"... 69 minutes donc pour découvrir MUCC sous tous les angles dans notre langue.

On commence par l'interview de MUCC, entrecoupée d'images de live, qui répond à bon nombre des interrogations qui planaient autour d'eux : pourquoi 69 ? que symbolise leur logo ? quels sont leurs passe-temps ? leur grand mère fait-t-elle du vélo ? Ils se prêtent tous au jeu et répondent aux questions avec une apparente franchise.



Les images en backstage nous montrent l'envers du décor, c'est toujours intéressant de voir un concert des loges et amusant de suivre les âneries du bassiste. Quelques images du même concert nous sont ensuite présentées du point de vue de la salle cette fois dans un liveMix. Une petite frayeur nous serre le coeur au début : aucun des morceaux pendant les premières minutes n'est montré dans son entier... Mais au fur et à mesure les chansons s'allongent et on peut apprécier enfin quelques titres du début jusqu'à la fin. Ceux qui ont assisté au live du 9 août apprécieront de retrouver un semblant de l'ambiance de ce soir d'été, et les absents seront ravis de voir comment le groupe se débrouille sur scène.

Le clip de Zetsubô complète la panoplie MUCC, on découvre la chanson en image : héroïne à faire pâlir Sadako, quatre musiciens déchaînés dans un garage. Plusieurs sous-titres nous sont proposés : japonais pour faire un karaoke ou français pour comprendre pourquoi ils paraissent si torturés dans leur costume. On se remémore à cette occasion le visuel du groupe en ces temps éloignés, clairement plus "visual-kei" qu'actuellement.


Nous voilà donc face à une version française comme on n'osait pas en rêver : un packaging léché pour un album excellent. Le digipack de HomuraUta est donc une réussite et fait découvrir MUCC à la France dans de parfaites conditions : traductions de paroles, interview, extrait de live, clip... sont autant de détails utiles pour se plonger corps et âme dans l'univers du groupe et apprécier l'album à sa juste valeur. Espérons maintenant que les prochaines sorties signées Soundlicious soient de la même qualité ; espérons parallèlement que le prochain opus de MUCC annoncé pour cet automne bénéficie d'une pareille sortie française.

Lorraine Edwards


Tracklist (français / japonais) CD :
1 - Chant funèbre / HomuraUta
2 - Désespoir / Zetsubô
3 - La finalité du bonheur / Shiawase no shûchaku
4 - Tous mes vœux de bonheur / Kimi ni sachi are
5 - Ce vrai moi que j'ai créé à force de ne plus pouvoir supporter le vrai moi que j'étais /
Boku ga hontô no boku ni taekirezu tsukutta hontô no boku
6 - Maman / Mama
7 - Les fleurs des ténèbres / Kurayami ni saku hana
8 - Un cœur déformé par le mensonge / Uso de yugamu shinzô
9 - Nage ! Petit Taiyaki / Oyoge ! Taiyaki-kun
10 - Avançons / Mae e
11 - Fumée noire / Kokuen
12 - Sommeil / Suimin
13 - Celui qui ne reviendra pas / Kaeranu hito
14 - En lambeaux / Zutazuta
Bonus track : La fin du monde / Sekai no owari

DVD Bonus :
- Interview du groupe (32 minutes)
- Backstages (14 minutes)
- Livemix : Extraits de concert tournés à Tokyo le 13 septembre 2004 (20 minutes)
- Clip vidéo de Zetsubô (VO, VOSTF et VO avec sous-titres des paroles en japonais transcrites en lettres romaines)


NB : les captures d'écran illustrant cet article on été réalisées à partir du DVD vidéo inclus au digipack.

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