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MUCC - Gokusai

Album très attendu, mais surtout très appréhendé par les fans de MUCC, groupe désormais incontournable de la scène rock/metal nippone, Gokusai sort enfin après quatre sorties singles qui laissaient plus que perplexe. A quoi s’attendre, donc, face à cet album "multicolore" à la jaquette on ne peut plus représentative ? A une grosse surprise. Gokusai est un bijou, travaillé et scintillant, une œuvre éclectique qui semble dénuée de toute difformité… Ce semblant de perfection ne serait-il pas en soi le défaut majeur de ce dernier album ? Outrepassons cette manie de toujours traquer matière à critiquer, impossible de le nier : Gokusai dépasse largement nos espérances.

Comme souvent chez MUCC, l’introduction aiguise la curiosité et annonce la suite en en donnant un petit avant-goût épicé. Déjà, on esquisse une explication probante du titre "Gokusai", littéralement "Multicolore". Rave Circus permet donc de lever timidement un pan du rideau qui cache le grand spectacle à venir. Une Andalouse agite sa robe rouge au rythme de la guitare de Miya, jusqu’au passage d’un son léger et sautillant à un son plus lourd. Là résonne cette sonorité qu’on reconnaît entre mille, cette sonorité qui fait sourire les fans les plus fervents. Les premières notes du titre Gokusai résonnent, et l’espoir de ces derniers renaît. Non, MUCC n’est pas mort.

Voilà la relève de Zetsubou, Gokusai, qui parfois a des airs de Daremo Inai E, promet de faire sa place parmi les titres phares du groupe. Yukke et sa basse ne sont pas en reste : le plus talentueux des Playmobil impose sa présence du premier au dernier titre, et plus particulièrement dans cette deuxième piste, où son jeu ferait presque oublier les autres instruments. Tatsurou exploite chacune de ses capacités vocales, de la voix claire et limpide aux cris rauques et agressifs. On retrouve aussi avec plaisir la voix de Miya, ni trop effacée, ni trop présente. L’instrumentalisation, sans bavure, est impeccable, chaque son à sa place. On respire, et Gokusai est loin de l’album pop/rock tout gentil tout rebelle que l’on présageait après un single comme Utagoe. Nageki no Kane le confirme, ouvert par un joli aboiement de Tatsurou. La chanson se révèle au final assez calme, les consonances reggæ, pourtant pas toutes neuves chez MUCC (on les retrouve par exemple dans Mae E), surprennent toujours un peu, sans pour autant être désagréables. Mention spéciale pour le refrain très entraînant qui devrait déchaîner les foules lors de la prochaine tournée européenne, déjà annoncée pour 2007. Le titre est ficelé à merveille, les back-vocals de Miya sont placés exactement là où il faut, même la fraction de seconde de pause juste avant le dernier refrain semble avoir été calculée, pour être jouissive, bien entendu.



L'enthousiasme de la découverte de ces premiers nouveaux titres retombe cependant lorsque suit Utagoe… Place à la controverse : le simple choix de la place du titre redouté est en lui-même plus que discutable. Mais laissons à ses détracteurs le loisir de médire. En fin de compte, Utagoe est un titre inattendu, surprenant, mais loin d’être mauvais. Pour celui-ci, peut-être que MUCC s’inspire de Sum 41 tout comme Dir en grey peut plagier copieusement Slipknot…

Changement total de registre avec Gekkou , l’une des grosses surprises de l’album. Tatsurou place d’emblée la barre très haut avec un chant de plus en plus aigu. Le refrain est sublimé par la voix de tête inopinée mais au combien éminente. Le contraste singulier entre un accompagnement soutenu et une voix posée mérite lui aussi sa part de gloire. Pour rester dans les chansons assez calmes, Panorama suit avec son intro de marche militaire à la batterie. Panorama ne brille pas par son originalité, mais surtout par sa forme, carrée, polie, à l’image de l’album en lui-même. Une chanson de feu de camp, dans le genre guitare sèche sur les genoux et chant à tue-tête, pour peu qu’on ait un peu de coffre pour monter aussi haut que Tatsurou. En balançant la tête de droite à gauche, le voyage se poursuit avec Gerbera, single sorti en février 2006. Après une intro revue et musclée pour l’occasion, on retrouve bien le même excellent titre, où la voix de Tatsurou et la basse de Yukke sont mises au premier plan. Une chanson fraîche que l’on est heureux de retrouver dans cet album.

De toute évidence, il est hors de question de s'endormir, Gokusai est une succession de chansons douces et de chansons entraînantes. Risky Drive est l'une d'entre elles, avec son rythme rapide et son riff un peu trop répétitif. Tatsurou parle plus qu’il ne chante, et Miya semble être dépassé par sa propre guitare qui se déchaîne sans retenue, donnant ainsi un petit côté désordonné à la chanson. Kisenka, le titre suivant, vient également s’inscrire dans la liste des chansons qu’on se lasse d’écouter en boucle, mais qui ne sont pas mauvaises pour autant. Très travaillée, mêlant aigus et graves, mais d’une couleur uniforme. Car là est le gros problème des chansons de Gokusai. Techniquement, il n’y a absolument rien à redire, mais est-ce suffisant, si l’âme fait défaut ?



Comme pour interrompre nos interrogations, D.O.G. ravit par ses gentils couplets et ses refrains énervés, son solo de guitare "comme on les aime" et la batterie de Satochi qui refait surface. Véritablement optimisé pour déchaîner la foule en concert. Alors pourquoi chercherait-on la petite bête ?... Soudain, alors que l'on s'est à peine remis de notre headbang, 25ji no yuutsu nous plonge, nous glisse lentement dans une ambiance feutrée, voire malsaine, avec des effets sur la guitare et la voix susurrante de Tatsurou. Le refrain surprend par son calme, peut-être aurait-on préféré quelque chose de plus… rapide ? Qu’à cela ne tienne, le break amorcé par le solo de basse annonce une accélération du rythme, comme si l’on avait appuyé sur le bouton "avance rapide". Même schéma, en plus accentué, avant de replonger dans l’ambiance initiale.

Cet album compte bien malmener l’auditeur jusqu’au bout. Passons à présent de la rue sordide, d’une nuit sans lune, à un lever de soleil, cheveux à la brise matinale. Horizont, sans équivoque la meilleure sortie, loin devant Gerbera et Utagoe, précède tout juste Ryuusei. La flûte, instrument à l’usage surprenant, est ici du plus bel effet. Le refrain accrocheur qui reste dans la tête toute la journée est sublime. Ce titre qui a tout pour plaire, sauf aux médisants accusant les MUCC de se commercialiser. Ceci dit, comme on peut le découvrir avec Horizont, "titre passe-partout" ne rime pas toujours avec médiocre qualité, bien au contraire.

Yasashii Uta avec son titre complètement décalé fait déjà sourire. Sans convaincre, on qualifiera cette chanson de simplement… "gentille". Le refrain devrait être du plus bel effet en live, le public aux bras levés reprenant les "la la la" en chœur, briquets à la main. On regrette de ne pas entendre plus longtemps le fameux harmonica qui disparaît aussitôt après s’être révélé. La fin se fait sentir, et c’est avec une chanson chargée en émotion que l’album se clôt : Ryuusei. Inutile de répéter ce que l’on a déjà dit et redit, on notera simplement le refrain en deux parties, l’une à deux voix, l’autre plus puissante, ainsi que le chant parlé qui fait frissonner et qui termine la chanson en beauté.



Deux digipacks en édition limitée de Gokusai sont vendus dans le commerce, chacun incluant un DVD différent : celui de la "Type A" propose des extraits live des Six Nine Days alors que celui de la "Type B" propose des images des tournées 2006 Devlish Years. Pour les acquéreurs de la Regular Edition, point de DVD, l’écoute se prolonge avec un CD 2 titres bonus exclusif où deux nouvelles plages sont en totale opposition l'une de l'autre : du violent avec G.M.C et du délirant avec Gerbera surf version. G.M.C. donne même tellement dans le bourrin qu’elle en devient limite inaccessible. Tatsurou pousse des gueulantes impressionnantes, le son est lourd, gras… et on apprécie, car depuis 6, ce style fait cruellement défaut. Gerbera surf version contraste totalement avec G.M.C.. Comme son nom l’indique, il s’agit bien d’une (bonne) reprise de Gerbera...en plus estival, comme un clin d’œil farfelu aux fans. "J’aime le surf, mais j’en fais pas, désolé" disait Satochi. Dommage, le t-shirt jaune fluo lui siérait à merveille.

Cet album, vu par certains comme le meilleur de la formation, est en toute objectivité très bon et travaillé avec sérieux (ou presque). Il visite tous les genres avec brio. On regrette cependant le déclic émotionnel qu'ont pu procurer les albums HomuraUta ou Kuchiki no tô (plus chaotique, mais "plus MUCC"), absent ici. De quoi patienter, cela dit, avant de découvrir ce que nous réserve encore MUCC pour ses dix ans de carrière en 2007.

Aurélie Mazzeo


Sortie japonaise : 6 décembre 2006
Sortie de l'édition française : 27 février 2007
Référence Regular Edition japonaise : UPCI-9013
Référence Limited Edition Type A japonaise : UPCI-9011
Référence Limited Edition Type B japonaise : UPCI-9012
Site officiel : www.55-69.com

Tracklist CD :
01 - Rave Circus
02 - Gokusai
03 - Nageki no kane
04 - Utagoe
05 - Gekkou
06 - Panorama
07 - Gerbera
08 - Risky Drive
09 - Kisenka
10 - D.O.G
11 - 25ji no yuutsu
12 - Horizont
13 - Yasashii Uta
14 - Ryuusei
15 - G.M.C*
16 - Gerbera surf version*
*Bonus Tracks uniquement incluses à la Regular Edition

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Visuels © DANGER CRUE, INC.
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