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Kanjani8 - Kanfu Fighting

Les fêtes sont traditionnellement l’occasion pour les boys bands de sortir des singles ultra commerciaux pour tenter de toucher le jackpot. Avant Noël, en écartant KAT-TUN réduit à un soliste, deux tubes se sont ainsi battus en haut des charts : Miso Soup de Tegomasu et Kanfu Fighting des Kanjani8. C’est le boys band d’Osaka, Kanjani8, qui est sorti grand vainqueur du duel avec 260.000 unités écoulées (en une seule semaine !) contre 88.000. Quoi qu'il arrive, aucun d'eux n'égalera Shiroshi, le dernier single de Mr.Children qui a cartonné, comme à chaque fois, avec plus de 600.000 exemplaires vendus en un mois et demi d’exploitation.

Revenons à Kanjani8, ce groupe "SMAP-esque" composé à l’origine de huit jeunes beaux gosses dépravés (d’où le 8 à l’envers), réduit à sept depuis qu’Uchi Hiroki a été écarté pour consommation d’alcool en juillet 2005 alors qu’il était mineur (mais il pourrait revenir un jour…). Le groupe fut monté de toutes pièces en 2002 par Johnny’s Entertainment (d’où le "jani"), boîte de production spécialisée dans les boys bands tout juste pubères. L’objectif était clair : lancer un groupe super branché provenant du cœur historique du Japon, le Kansai (d’où le "Kan"), pour les confronter dans un faux combat promotionnel aux "Janiz" (surnom des groupes de Johnny’s Entertainment) du Kanto (Tokyo) comme Tokio, V6 et le grand-frère SMAP...

Cette année, pour Noël, pas de Yamashita Tatsuro avec son Christmas Eve (qui pourtant brillait à chaque hiver depuis 1983), place à la nouvelle génération avec en tête le sentai de la jpop, Kanjani8, et son nouveau single, Kanfu Fighting, sorti le 13 décembre. Le disque inclut quatre titres tous plus commerciaux les uns que les autres ainsi qu’une version karaoké de la face A. Pourquoi "sentai", terme qui désigne un escadron coloré de héros en costume qui combattent les forces du Mal dans les séries télé ? Parce que les Kanjani8 aiment se faire passer pour des super-héros en s’attribuant chacun une couleur et se renommant de temps en temps les "Eitorenja" (les "8 Rangers"). L’équipe est composée de Yokoyama Yuu (de son vrai nom Yokohama Kimitaka, force noire), Murakami Shingo (force violette),
Shibutani Subaru (force rouge), de Maruyama Ryuhei (force orange), Yasuda Shota (force bleue), Nishikido Ryo (force jaune), Okura Tadayoshi (force verte) et de Uchi Hiroki (force rose, viré en 2005 comme dit précédemment). Pour Kanfu Fighting, les Kanjani8 ont ainsi sorti sept éditions limitées du single, chacune dédiée à l’un des membres, avec le bracelet coloré correspondant à son favori en cadeau.

Comme la plupart des produits récents du terroir commercial nippon, ce CD fade et sans âme ne marquera pas l'histoire de la musique. La chanson phare purement pop Kanfu Fighting (le "Kansai Style Fighting", jeu de mots ou hommage au "Kung fu Fighting" de Carl Douglas ?) ouvre le bal, introduit par un jingle aux sonorités chinoises et quelques mots sympathiques dans la langue de Lao-Tseu. On aurait pu s’attendre à un nouveau délire musical, ici sur le thème du kung fu, avec un clip adéquat, mais le résultat est tout autre. Le sujet n’a rien à voir avec la Chine, ils chantent (ou plutôt parlent, sans grande passion…) d’un chagrin d’amour, exhortent à avancer dans la vie tout en souriant… Ils se basent alors sur un jeu de mots liant la Chine : "waracchaina !", "souriez !" renvoie phonétiquement à "chaina", "China". Le tout est accompagné de quelques trompettes et violons qui sonnent faux, et parfois d’un ou deux accords joués sur un violon chinois (le Er Hu) pour le côté exotique. Ennuyeux, pénible, déjà entendu et kitsch sans être amusant, Kungfu Fighting fait étrangement penser à une piste bâclée d’un album de SMAP. On retrouve exactement la même facture qu’un morceau de leurs grands-frères : un son et des accords très simples emportés par une voix langoureuse qui plaît aux minettes, mais qui laisserait de marbre n’importe quel auditeur censé. Comble de tout, le clip est risible à souhait avec ses sept minots à moitié amorphes en costard, qui peinent à entamer de temps en temps un semblant de chorégraphie (comme s'ils avaient un balai mal placé...). Un véritable nanar.



Même si un single mise beaucoup sur le titre placardé sur la jaquette, la face A, on peut parfois faire de drôles de découvertes derrière celui-ci... Cela aurait presque pu être le cas avec les pistes 2, 3 et 4 de ce CD. Elles se ressemblent, ont aussi leurs sonorités propres,
mais ne brillent pas par leur originalité.

Propellar donne un coup de speed sur un accompagnement assez proche de la country. On voit que les Kanjani8 sont un peu plus emballés que sur Kanfu Fighting. Propellar fait toujours penser à du SMAP et s’écoute presque sans effort, sur le rythme d'un violon bien présent. On se surprendrait même à l’apprécier alors qu'il n'y a rien de bien croustillant. Du commercial efficace, qui marche. Allez, tous ensemble, chantons "lalalalala..." ! Le troisième morceau constitue la bonne surprise ; le single aurait dû porter son titre : Samurai Blues. C’est donc du blues (sans en être) que cette balade langoureuse puise son charme, avec un refrain vraiment transcendant. La composition très simple fonctionne à merveille, tout particulièrement grâce à son accompagnement : un air enjoué à l’harmonica. Pour finir, Mirai no Mukou he est un morceau jpop des plus classique, romantique, certainement pour faire plaisir aux midinettes avec son texte et sa musique lente qui sentent bon la fleur de cerisier, avec en fond sonore un piano bien présent. Le fameux gimmick d’étoiles scintillantes cher à SMAP et que l’on entend partout est bien sûr au rendez-vous. Yuu se distingue plus que les autres mais globalement, c’est plat et inintéressant. A oublier.



Q
uelle drôle d’idée d’avoir privilégié le navrant Kanfu Fighting au détriment de Samurai Blues ou encore de Propellar. On ne se sentira par contre pas floué par la présence de quatre vraies chansons inédites, là où la production aurait pu nous pondre plusieurs remix faciles de la face A. Hélas, la musique n'offre aucune profondeur, et le son semble sorti tout droit d’un ordinateur. On est très loin de l’époque où le groupe reprenait avec délice de vieux titres enka en version rap, d’où leur fameux "rap-enka" qui fit leurs beaux jours. Les Kanjani8 sont tombés dans la facilité. On pourra s’en plaindre, mais cela n’empêche apparemment pas de vendre beaucoup au Japon, et à faibles coûts. Vivement que la page soit tournée, que l’on passe à quelque chose de plus intéressant.

Pierre-Yves Tonin


Sortie : 13 décembre 2006
Référence Regular Edition : TECH-78 (7 autres éditions collector existent)
Site officiel : www.teichiku.co.jp/artist/kan8

Tracklist :
01 - Kanfu Fighting
02 - Propellar
03 - Samurai Blues
04 - Mirai no Mukou he
05 - Kanfu Fighting (Karaoke version)

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Visuels © TEICHIKU ENTERTAINMENT, INC.
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