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KM-Markit - VIVID

Absolument exceptionnel, voilà un CD comme on en voit tous les 3 ou 4 ans ! Vivid déboule sans crier gare et marque profondément dès la première écoute, terrassant même les plus blasés par son implacable médiocrité.


KM-Markit, qui signe ici son premier album solo, n'est pas un nouveau venu sur la scène hip-hop japonaise. Il squatte le milieu depuis sept ans, travaillant entre autres avec Zeebra et enchaînant les apparitions en guest, notamment dans Hot Stuff, un des gros titres du dernier Kumi Koda. Assez bon dans l'art de débiter inlassablement quinze lignes de texte à la seconde, il a donc décidé de nous en faire profiter durant 50 minutes...

Dès l’Intro, le ton est donné : la voix arrogante du rappeur enchaîne les "yeah" et "ha" sur une boucle sonore sombre et interminable. Cet opening qui se voulait intimidant en devient rapidement soporifique, et ce ne sont pas les quelques scratchs bien placés qui évacueront notre impatience d’entendre la suite. La track 2 commence et là, c'est la consternation... Une vieille boucle sonore, rappelant tellement celle de l'Intro qu'on sent déjà l'arnaque, sert de fond "musical" à la voix monocorde d'un KM-Markit en pilotage automatique. Une deuxième voix masculine relève un peu la sauce de temps en temps, mais le plat est tellement indigeste par sa répétitivité que l'effort est vain.
Le problème est que l'album aligne les titres tout aussi lamentables. La recette est systématiquement la même : un sample aussi insipide qu'assommant répété à l'infini associé au flux intarissable du rappeur.
Alors c'est vrai qu'on a droit a quelques goodies de temps à autres : une sorte de castagnette et trois minables notes de synthé flinguent une troisième chanson déjà ridicule, des "squizz" et des "fuzz" balancés de-ci de-là maintiennent l'auditeur éveillé durant Oudou, la piste suivante... Celle-ci parvient même à nous faire rire (jaune) avec son sample basé sur une phrase musicale lourde qui s'écroule sur elle-même dans une curieuse cacophonie. L'effet est là, interpelle et a son charme, mais enchaîné des dizaines de fois, ça devient pénible.
Au sixième round, Do The Grind veut nous mettre K.O avec un son risible chargé en prouts bien lourds, accompagnés de clochettes et d'une mélodie synthétique qu'on croirait sortie d'une parodie pondue par les Inconnus à leur grande époque. Le coup est dur à encaisser et, complétement lessivé mentalement, le pauvre auditeur échoue sur la plage 7, le doigt tremblant fébrilement posé en embuscade sur la touche stop de son baladeur...

Un scintillement spatial résonne (petite remarque au passage : la stéréo n'a pas été inventée pour les sourds, des réels effets auraient été pertinents ici), des notes de piano viennent caresser l'oreille, suivies d'une voix féminine suave, inattendue et inespérée. Révélation. Miriya Katou, très sensuelle, métamorphose un KM-Markit jusqu'alors tristement mécanique. Véritable bouffée d'oxygène salvatrice, Sunshine, seul titre produit par SUBZERO, brille et redonne espoir. Le duo chic fait preuve d'un certain cachet. Sa petite touche seventies et la douceur de l'instrumentalisation charment par leur ambiance piano-bar cosy. Prenant la lourdeur de la première moitié de l'album à contre-pied, ce titre soft et classe s'apprécie d'autant plus : à savourer jusqu'à la dernière seconde car une nouvelle plongée abyssale en apnée nous attend.



Sunshine n'aura guère fait illusion, la seconde moitié de l'album est à l'image de la première, pesante et répétitive, avec toujours ces maudites boucles insupportables. Zeebra, Uzi et d’autres guests virils n’y changeront rien. On passe ainsi laborieusement d'une ambiance dark mysterieuse un chouïa teintée de moyen-orient asphyxiée par des salves de pets malodorants (mode orientale que l’on retrouve bien mieux assimilée dans Make You Mine de Crystal Kay), à un passage calme se voulant très reposant, hélas complètement sabordé, avant de subir une nouvelle fois l'oppression d'un flux de paroles ininterrompues et un énième sample abrutissant, sans oublier un trip musical aboyé venu de l'espace. Hallucinant de ridicule, plat, poussif voire pitoyable... Vivid montre l'étendu de son désastreux pouvoir lobotomisant. On termine l'écoute sur les rotules, le cerveau labourré. L'avant-dernière track, où apparait Kumi Koda, aura essayé de reproduire l'effet de Sunshine en milieu d'album, sans réussite malgré une voix sexy assez langoureuse et une atmosphère assez planante.


D'une platitude affligeante, rien ne ressort de cet album rouleau compresseur mis à part le duo glamour avec Miriya Katou sans qui le CD aurait fini comme cible au ball-trap. Vivid est un supplice répétitif et lourd qui ferait un parfait cadeau empoisonné. On en ressort vidé et anéanti en souhaitant que KM-Markit retourne bien sagement assurer des featurings auprès de ces demoiselles.

Eric Oudelet


Sortie : 20 avril 2005
Référence : PCCA-80033

Tracklist :
01 - Intro
02 - Mr. Abarian
03 - Dirty Talk
04 - Oudou
05 - You're My...
06 - Do The Grind
07 - Sunshine feat. Miriya Katou
08 - Snatch feat. OJ FLOW & Typewritter
09 - Mirai he no Kagi ~The Key~
feat. SPHERE of INFLUENCE
10 - Tokai no Yabanjin feat. ZEEBRA, UZI, OJ&ST
11 - U.B.Party
12 - Memory Lane
13 - Rainy Day feat. KODA KUMI
14 - Inner City Blues
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