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Ayabie - Virgin Snow Color (version européenne)

Après le départ de Ryohei, guitariste et principal compositeur du groupe, on pouvait se demander ce qu’il adviendrait d’Ayabie, l’un des représentants les plus connus du genre oshare kei, le dérivé "choupi kawaii" du visual kei. Aoi au chant, Takehito à la guitare, Intetsu à la basse et Kenzo à la batterie ne se sont pas laisser abattre, bien au contraire. Avec Virgin Snow Color, leur premier album "four men" (probablement le dernier après la récente intégration de Yumehito, ex-membre de Soroban, comme second guitariste) sorti en décembre en Europe chez CLJ Records, Ayabie nous présente un nouveau son et de bonnes résolutions pour 2007. Cet album, trop court car trop bon, nous offre une musique plus mature, diversifiée et structurée, ainsi que des paroles rêveuses, d’une poésie et d’une innocence surprenantes. L’hiver 2006-2007 est une saison faste pour Ayabie : ils donnent ici le meilleur d’eux-mêmes avant la sortie d’un DVD live le 14 février et d’un nouveau mini-album le 7 mars.

A l’écoute de Virgin Snow Color, on a l’impression que les membres d’Ayabie se sont remis en question et ont réfléchi à la direction qu’ils souhaitaient prendre avec leur musique. Les nouvelles chansons semblent plus travaillées et abouties que celles des précédents albums. Le style un peu éparpillé et pétillant de l’ex-compositeur et charismatique Ryohei (parti former Megamaso) s’en est allé. Il a été remplacé par une discipline et un effort certain pour renforcer la cohésion des mélodies et perfectionner les paroles. Les personnalités du groupe se révèlent enfin et chacun semble avoir trouvé sa place au sein même des compositions. Du coup les guitares ne se marchent plus dessus, la batterie est mieux mise en avant et le chant d’Aoi tend à devenir parfait sur certaines chansons. Qu’on se le dise et qu’on se le répète : l’Ayabie nouveau est convaincant et semble bien parti pour durer.

L’une des grandes nouveautés de cet album réside dans l’arrivée de très beaux morceaux joués au piano par Intetsu. Virgin Snow Color, le premier titre, est une simple et douce mélopée sans parole… bien qu’il y en ait sur le livret bonus de l’édition européenne ! En effet, en supplément au livret original, on trouve une extension avec les paroles japonaises retranscrites en romanji et une traduction anglaise. On est gâté ! Bel effort, d’autant plus qu’après chaque chanson se trouve un "Appendix", sorte d’histoire parallèle qui nous renseigne sur le contexte et les sentiments de l’auteur pendant la composition. Inutile de préciser que ces textes doivent être découverts ! Magnifiques, ces paroles donnent encore plus de cachet aux créations d’Ayabie. On retrouve aussi le piano dans LE titre qui porte définitivement Aoi au rang de bon chanteur : Mefish no uta, koigarano suihou, alias "une chanson de Mefish, une bulle aux contours amoureux". Durant ces quelques minutes, on pourrait presque comparer la voix d’Aoi à celle de Gackt : bien que moins puissante, elle a la même douceur et la même profondeur. Aoi ne fait aucune fausse note et maîtrise aussi bien les graves que les aigus. Son chant s’est définitivement amélioré, et il est ici parfaitement mis en valeur. Il partage la vedette avec Intetsu qui maîtrise apparemment aussi bien le piano que la basse. Mefish no uta, koigarano suihou est vraiment l’un des meilleurs moments de cet album.



Le nouvel opus d’Ayabie est aussi très bien équilibré. Les trois titres les plus doux (Virgin Snow Color, Mefish no uta, koigarano suihou et ancient-tree -qui parle d’un labyrinthe de forêt où les petits enfants se perdent lorsqu’ils recherchent leur bonne étoile-), sont placés en début, milieu et fin d’album. Le reste nous replonge avec délice dans un rock mélangé à un brin d’électro, une fusion déjà connue du public d’Ayabie. Le programming de la partie électronique est assuré par Takehito, Intetsu et Kenzo ; le groupe s’étant occupé de tous les arrangements. Bien que la frénésie de leurs débuts se soit un peu estompée, les jeunes gens nous offrent tout de même des titres enlevés très plaisants, bien construits et dont on fredonne le refrain avec entrain. Shine (qui nous parle très joliment des sirènes) donne le ton et le bon ! Ce deuxième titre, bien qu’un peu court, nous permet de jauger les créations d’Ayabie : très pop rock, guitare et basse en harmonie, une batterie dynamique et un chant qui se fond dans la musique. Les autres morceaux reproduisent le même principe et cela marche bien grâce aux mélodies résolument différentes les unes des autres : pas de recopiage ici, on essaye de faire dans l’innovant. Lapis lazul, la troisième chanson, possède une bonne ambiance hard rock avec une batterie lourde et répétitive. Elle est suivie par sa consœur Kono no hanoru, elle aussi bien speedée, où les amoureux d’Ayabie retrouveront avec bonheur la deathvoice transcendante d’Aoi lors de passages sombres et lourds, en alternance avec des parties suraiguës. C’est le titre qui se rapproche le plus de ce que faisait Ayabie dans ses précédents albums.

On remarque avec plaisir que la technique des musiciens s’est aussi améliorée. Si le vacarme de leurs précédentes productions servait en partie à cacher le côté amateur du groupe, Takehito et Intetsu sont désormais beaucoup plus sûrs d’eux. La guitare de Takehito est bien mise en avant sur Kono no hanoru, Az et Hoshi furu ohanashi (le final dédié aux étoiles filantes). Concernant la basse d’Intetsu, c’est sur Hinata, 0010 et surtout ancient-tree qu’on la perçoit le mieux. Elle est cependant omniprésente dans cet album, un peu comme si c’était la colonne vertébrale de toutes les chansons. Kenzo, lui, n’était déjà pas manchot et son style et sa technique se sont affirmés. Il se lance dans de bons enchaînements de batterie que l’on retrouve épars sur le CD. Pour ceux qui se demanderaient où est passée Kimi no koeto yakusoku, son clip constitue tout simplement l’unique contenu du DVD bonus. Comme les photos du packaging très soignées (où les fangirls pourront en prime admirer le joli nombril d’Intetsu !), ce clip est très angélique. Les costumes noirs des musiciens contrastent avec le blanc des plumes qui tombent tout autour d’eux. L’ambiance est glamour à souhait et le sens de l’esthétisme poussé à son maximum… séduction garantie !

"Le travail ça paye". Voici une devise qui s’applique parfaitement bien à Ayabie. Virgin Snow Color ne comporte que dix titres, mais tous brillent par leur qualité et démontrent une réelle application… et implication. Peut-être est-ce pour prouver que, même sans Ryohei, Ayabie a du talent. Si son style n’est pas spécialement original, Virgin Snow Color laisse entrevoir une personnalité sous-jacente attrayante, qui ne pourra s’émanciper complètement que si le groupe reste soudé et inchangé pendant un certain temps. N’hésitez donc pas à découvrir la nouvelle voie qu’emprunte Ayabie ; voie qui, on l’espère, les mènera loin dans les cieux musicaux japonais… et autres ! Lors d’une émission télé, le groupe aurait en effet évoqué une tournée européenne courant 2007…

Gwenaelle Durand


Sortie japonaise : 15 novembre 2006
Sortie européenne : 1er décembre 2006
Référence japonaise : SDR-119
Site officiel : http://marie.saiin.net/~mxm/band/

Tracklist :
01 - Virgin Snow Color
02 - Shine
03 - Lapis lazuli
04 - Koto no hanoru
05 - Hinata
06 - Mefish no uta, koigarano suihou
07 - 0010
08 - Az
09 - ancient-tree
10 - Hoshihuru ohanashi

Tracklist DVD :
Kimi no koeto yakusoku (clip)

Visuels © Ayabie
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