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Yuna Ito - I'm Here

Révélée au grand public par son rôle éclair (une phrase en anglais…) dans le premier film NANA, mais surtout par sa chanson Endless Story interprétée pour Reira, Yuna Ito avait (et a toujours) tout pour réussir une belle carrière. Elle est belle et talentueuse, elle a du coffre et beaucoup de charme. Alors pourquoi, diable, Yuna Ito peine tant à s’imposer au public japonais ? Au bout de six singles et un album un peu plus remarqué début 2007, la Raymond Poulidor de la Jpop s’accroche et, lentement mais sûrement, réussirait presque à s’imposer dignement dans les charts avec ce septième single : I’m Here.

Après le succès de son album Heart en janvier dernier, sorti dans le creux de la vague et rapidement submergé par le reflux de sorties d’albums et bests-of d’artistes dont le nom n’est plus à faire, on aurait attendu un vrai septième single. Las, Yuna Ito n’excelle que dans les chansons à film. Qu’elles soient theme song ou insert song, les dernières grosses sorties de Yuna ito sont forcément rattachées à NANA (deuxième film) ou, en l’occurrence pour I’m Here, à Unfair (à l’origine un drama de la chaîne KTV avec Ryoko Shinohara en premier rôle, adapté au cinéma en ce mois de mars 2007).



Sur un fond vert, retapé en 3D pour ressembler au décor du Wild Wild West de Will Smith, et dans une débauche de violons qui marque l’intro de I’m Here (rappellant furieusement ceux entendus sur Survivor des Destiny’s Child), Yuna Ito impériale s’encadre de danseurs, façon Britney et habillée telle une Namie Amuro, et s’essaie à une danse au bâton repompée sur J.Lo dans Get Right. Non, I’m Here n’est pas une parodie ou un plagiat, mais bien une espèce de paraphrase musicale de tout ce que l’on a déjà pu voir et entendre en matière de R’n’B. Pourtant, reconnaissons que Yuna Ito est magnifique dedans. Alors, on ne peut qu’être écartelé entre l’envie de se refuser à la tentation de cette chanson convenue (sans aucun relief de plus que les courbes agréablement mises en valeur par le corset de sa chanteuse) et celle de succomber aux charmes sus mentionnés de la demoiselle. Et elle s'est donnée du mal ! En effet, pour I’m Here, Yuna Ito aurait presque appris à danser. Certes, cela semble lui arracher le cœur de faire un pas de deux, mais elle pouvait au moins se fendre ne serait-ce que d’un sourire pendant les passages chorégraphiés.

Vocalement, il n'y a rien à redire. Mais malgré les emphases musicales, de la profondeur de la voix de Yuna Ito à ses envolées lyriques dans les aigus… tout est si maîtrisé que cela en devient lourd, convenu et presque pathétique. Yuna Ito pourrait se permettre de faire du yaourt tout du long de I’m Here, la fredonner, ou la chanter en swahili, en burkinabé, ou même en français (comble de l’horreur en général) que l’on aurait toujours cette impression de débitage froid et parfait de notes. C’est beau, certes, mais c’est terriblement ennuyeux, tout comme le clip vidéo. Son seul intérêt serait de s’amuser à déceler les moments où Yuna adopte, en vrac, les attitudes d’Ayumi Hamasaki avec ses coiffures de fleurs ultra compliquées, de Koda Kumi avec son maquillage ultra-brite-omo-micro-javel-lacroix (plus blanc que blanc), de Namie Amuro et, à travers elles, de toutes les figures actuelles du R’n’B, de Janet Jackson à Beyonce. La seule chose pour laquelle Yuna Ito reste fidèle à elle-même, et on lui en sait gré, c’est sa pudeur. À peine quelques épaules dévêtues à l’heure de gloire de l’erokawaii, c'était osé !



Reason why, la piste coupling du single, est elle chantée toute en anglais, et se rapproche encore plus de ce style R’n’B vieillissant qu’avait importé de façon plus subtile Utada Hikaru au Japon. Le refrain frôle la mélodie du Billie Jean de Michael Jackson, la même mélodie vocale que pour I’m Here avec ce petit relent de synthétiseur que l’on avait déjà entendu dans La soupe aux choux. Reason Why ne constitue donc pas une raison de se procurer le single, sauf si vous aviez naturellement aimé I’m Here et son prédécesseur R’n’B mou du genoux losin’. Parce que ces trois-là se ressemblent plus que trois chatons d’une même portée… tout en gardant le potentiel uber-kawaii d'un chaton… Enfin, on passera sur la troisième et dernière piste, hors instrumentale, le remix de Faith plutôt banal et arrangé semble-t-il à la va-vite, histoire de dire que…

Bref, Yuna Ito, il faut aimer ou pas. Fidèle à son style gentillet de diva néoclassique, elle apparaît, dans tous ses clips, parée de tenues plus somptueuses les unes que les autres, avec ce regard toujours aussi craquant et sa moue adorable malgré des morceaux lourdingues et peu originaux. Le mieux serait qu’elle apprenne un jour à danser pour de bon si elle veut pouvoir concurrencer les performers du genre que sont Namie Amuro ou Kumi Koda, ou bien apprendre à être moins lisse afin de plaire au public japonais qui idolâtre, rappelons le (même si cela fait mal) Ayumi Hamasaki et les premières Morning Musume. Le pire serait qu’elle plagie ad vitam aeternam les poncifs américains du R’n’B de manière plus subtile (ou pas) que les autres, sans que cela ne soit payant auprès du public de base, friand de rythmes entendus et de mélodies poussives. Et Yuna de continuer à chanter cheveux au vent.

Wendy Roeltgen


Sortie : 14 mars 2007
Référence : SRCL-6504
Site officiel : www.yunaweb.net

Tracklist :
01 - I’m Here
02 - Reason Why
03 - Faith -Teardance Remix-
04 - I’m Here -Instrumental-

>>> Acheter la version officielle du single chez YESASIA (environ 9 euros)

Visuels © Sony Music
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