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Various Artists - Darkest Labyrinth

On vous en avait parlé, la voilà, cette fameuse compilation hétéroclite distribuée par Nanimato. Au programme : un heureux mélange d'électro, de metal, de rock, et d’autres styles difficilement définissables. Le projet parvient à rassembler les meilleurs groupes du milieu underground nippon actuel, de Calmando Qual à BAAL en passant par les ovnis Rose de Reficul et Guiggles ou The Candy Spooky Theater. Le CD s’avère globalement de bonne facture, même si certains titres, passablement mauvais ternissent un peu l’ensemble.

Si la musique électronique est la plus représentée dans cette compilation, en l'occurrence par BAAL, Despair, -quiche-, Calmando Qual et Virgins O.R. Pigeons, les groupes qui en portent les armoiries, s'ils sont comparables pour le style, n'en conservent pas moins un univers qui leur est propre, à commencer par Calmando Qual (récemment renommé Twisted Clock au Japon). Ce groupe est incontestablement l'un des plus savoureux de l'album avec un savant mélange d’électro et de metal réalisé par des mains de maître alchimiste. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve Emnity for God, titre qui figure dans le premier single signé sous le nom Twisted Clock, et qui a d'ailleurs évolué depuis le premier concert à Paris. Alors que la voix rauque d'Hibiki reste la même depuis le début, ce qui n'est pas pour nous déplaire, le son de Calmando Qual, par contre, a évolué, s'habillant de plus en plus d’effets synthétiques en tous genres, si discrets qu'il faut tendre l'oreille pour les entendre. Tout compte fait, ce qui fait la particularité d'Emnity for God reflète ce que l'on aime chez Calmando : une chanson simple, mais qui regorge de richesses cachées.



Toujours dans l'électro-metal violent : BAAL, à n'écouter que si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs des situations suivantes : 1) vous avez besoin de vous défouler, seul ou avec/sur d'autres personnes, 2) vous êtes sur le point de commettre un meurtre, 3) vous aimez la musique apocalyptique et les hurlements destinée à "exorciser le démon qui possède le chanteur" (selon leurs termes). Et à l'entendre dans VERMIN, U-tarou a en effet une voix de fou furieux psychopathe, que ce soit dans ses cris ou ses chuchotements qui accompagnent une musique rapide et grinçante, truffée d'effets électroniques. Il s'agit donc d'un très bon morceau qui résume parfaitement le son du groupe, de quoi convaincre les non-initiés.
Toujours dans le même registre, Despair fait des ravages avec son MDP conflict complètement dingue, alternant cris de femme et deathvoice masculine sur une musique synthétique saccadée et explosive. L'univers glauque à souhait de ce groupe quasi-inconnu se ressent tout au long de la composition, mettant presque mal à l'aise l'auditeur le plus averti. De quoi ravir ceux qui ont aimé BAAL.

Virgins O.R. Pigeons est, avec Hallows End, le seul groupe non japonais qui figure sur la compilation. Il n'est cependant pas inconnu de la scène, puisqu'il a d'abord joué aux côtés de BLOOD à Athènes, pour ensuite créer des remix de leurs chansons (qui figureront sans doute sur les prochaines sorties de BLOOD). Dès les premières notes d'existe, on reconnaît tout de suite l'empreinte musicale de cette formation au nom étrange : la musique pourtant assez lente compresse le cerveau par cette ambiance envoûtante, et ce jeu intelligent des intensités, tantôt portées sur la deathvoice, tantôt sur les effets, qui, bien distincts les uns des autres, marquent le rythme. En somme, un groupe à rapprocher de AAL et Despair, pour les fans d'electro dark à la Tamtrum.

Cela dit, on ne pourra pas garantir leur assentiment à l'écoute du nouveau projet de Ju-ya (ex- D'AIR) : -qiche- (NDLR : oui, ça nous faire rire aussi), nettement différent puisqu'il s'agit plutôt d'electro-techno-pop joyeux tout droit sorti d'un jeu vidéo, un peu comme si une chanteuse de Jpop faisait la bande son de Kirby. silent-stream, qui figure également dans le premier maxi single du groupe, est donc tout gentil, un peu répétitif, mais agréable à écouter et se range plutôt du côté des titres plus calmes de Darkest Labyrinth. La production de -qiche- est la seule du CD à ne pas posséder le côté "dark" revendiqué par cette compilation. En effet, même la piste la plus calme, Fountain of Blood, dégage une ambiance mystique, grâce à une batterie qui résonne en alternance sur deux plans d'écoute, et à la voix lyrique féminine accompagnant les refrains. Cette ballade signée BLOOD dresse un portrait assez caractéristique de la variété des genres dans lesquels le groupe évolue, entre punk, metal et indus. La chanson reste cependant vierge de cette originalité propre à la première formation de la scène visual kei à avoir foulé nos terres lors d'une tournée en 2004.

De la même façon, ai no hate, tatoeba yoake ni de Rose de Reficul et Guiggles, en apparence bien calme elle aussi, se repose presque uniquement sur la voix de sa chanteuse mentalement instable en pleine incantation, bien décidée à pénétrer l’esprit de l’auditeur. Plutôt atypique, surtout quand surgissent les grognements d'un semblant de tribu de cannibales, ou... peut-être est-ce le chœur de la secte pour laquelle elle officie ?...



Les groupes restants sont seuls représentants de leur courant artistique, ce qui n'en empêche pas certains de rester d'une fade banalité. heisabyoutou par exemple, surgi d'on ne sait où, aurait mieux fait de rester là où il était. Avec un genre typique du visual kei, maisyu getsuyoubi no kindansyoujyou ressemble à une chanson de garage mal fignolée, chantée en yaourt, déjà entendue maintes et maintes fois. Sans caractéristique propre, sans intérêt, donc. On sera moins sévère avec SUICIDE ALI, mais pas moins déçu, le groupe nous ayant habitué à bien meilleurs titres. Rien de transcendant avec favorite song (sic), qui ne sera la chanson préférée de personne, avec son électro-metal basique, à peine rattrapé par les aboiements fastidieux du chanteur.

Hallows End, de son côté, joue le rôle du cheveu sur la soupe. Cette formation autrichienne présente ce qu'elle sait faire de mieux : une chanson dans la veine de groupes comme Nightwish, à savoir voix féminine lyrique et voix masculine plus grave. Pas de quoi comparer, cependant, puisque FORSAKEN est un titre qui manque d'ampleur et de puissance, par rapport aux grands du genre, qui ont déjà trouvé les meilleurs filons à exploiter.

Pour en terminer avec les groupes n'ayant pas de lien avec les autres, syara no sui et The Candy Spooky Theater méritent leur part d'éloge. Kaikon to shitsui no hate ni reste la surprise de Darkest Labyrinth : une chanson pop-rock teintée de touches électronique marquant sa différence dans le milieu visual kei par son calme reposant et ses variations entre voix de tête et voix claire très harmonieuses. Encore très peu connu, syara no sui mérite sa petite place au soleil par sa simplicité et son élégance touchantes. Pour finir, The Candy Spooky Theater, très en vogue en ce moment dans l’underground, et pour cause… Sortis tout droit d'un cirque morbide en décrépitude, là où les clowns font très, très peur, Jack Spooky et sa bande de marionnettes sanglantes martèlent leur musique avec leur Bordeaux after Midnight, au rythme aussi régulier qu'une horloge. Si le titre ne vaut pas Merry Go Round ou Trick Or Treat, peut-être à cause des cris inhabituels de Jack, il est la représentation même du monde angoissant construit autour de The Candy Spooky... On en redemande.

Vous l'aurez compris, il n'est pas aisé de rendre un avis global d'un CD regroupant tant de personnalités différentes. Quand certaines formations parviennent en un titre à se discréditer, d'autres au contraire réussissent à se démarquer et à susciter un intérêt tout particulier pour l'auditeur malencontreux qui se serait perdu dans les méandres du plus sombre des labyrinthes...

Aurélie Mazzeo


Sortie : 17 mars 2007
Référence :
CRCD-25

Tracklist:
01 - Calmando Qual / Emnity for God
02 - Hallows end / FORSAKEN (Pre-Release Version)
03 - heisabyoutou / maisyu getsuyoubi no kindansyoujyou
04 - SUICIDE ALI / favorite song
05 - BAAL / VERMIN
06 - Virgins O.R. Pigeons / existe
07 - Despair / MPD Conflict
08 - The Candy Spooky Theater / Bordeaux after midnight
09 - -qiche- / silent-stream (Mog Decorate Mix)
10 - syara no sui / kaikon to shitsui no hate ni
11 - BLOOD / Fountain of Blood
12 - Rose de Reficul et Guiggles /
ai no hate, tatoeba yoake ni

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