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D'espairsRay - MIRROR

11 avril 2007 : le fameux et tant attendu second album du combo gothique D’espairsRay, MIRROR, est mis en vente dans les bacs japonais en deux éditions disctinctes ("Regular" avec une photo et un clip en bonus-Rom, "Limited" sous la forme d’un digipack avec une photo). Principalement écrit par le chanteur HIZUMI sur des compositions de Karyu (TSUKASA n’a créé que deux chansons), cet opus porte indéniablement la D’esray touch et apparaît de prime abord plus uniforme que [Coll:Set], paru deux ans plus tôt. Mélangeant des morceaux de metal sombres et puissants à d’autres plus pop-rock, la formation nous offre ici une descente un peu plus profonde et subtile dans leur univers rageur et désemparé. Les sonorités électroniques moins présentes laissent une place de choix aux riffs explosifs et au chant torturé de mieux en mieux maîtrisé. Un album plus travaillé qu’il n’y paraît, mais dont la beauté intérieure n’apparaît qu’aux plus tenaces…

C’est en effet après plusieurs écoutes que l’on découvre toute la saveur de MIRROR, production assez déstabilisante lorsque l’on a encore en tête [Coll:Set]. Une fois débarrassé des a priori, on ne peut que savourer l’ambiance sombre et envoûtante de son digne successeur, surprenant par l’originalité de certains morceaux, à commencer par DAMNED, premier titre aux sonorités caverneuses qui impose d’emblée une bestialité que l’on retrouvera dispersée sur le CD. Sur le terrain de l’originalité, c’est sans aucun doute SIXtyNINe qui se distingue tout particulièrement avec son introduction et ses refrains typés indus’. Les deathvoices profondément gutturales sont soutenues par des cymbales martelées, sur un jeu trépidant de TSUKASA à la batterie. La mélodie de Karyu à la guitare est coupante comme un fil de rasoir et la basse de ZERO nous plonge dans une ambiance résolument gothique. Un must. On pense ensuite à Hollow qui débute sur le chant sévère et agressif d’HIZUMI. Le refrain chanté d’une voix aigue par le duo Karyu/ZERO joue sur un effet de reverb’ original, alors que la prestation très sensuelle d’HIZUMI sur certains passages tranche singulièrement avec le style globalement nerveux du titre, idéal pour headbanguer jusqu’à épuisement. Angeldust est aussi l’une des très bonnes surprises de MIRROR. On navigue ici entre différentes ambiances. Le début très dark-goth (avec des voix torturées, une basse lourde et des accords d’outre-tombe) introduit un long passage mélodieux et aérien dopé à l’électronique… pour revenir à une brève mais sauvage séquence électro-rock. Ce mélange stylistique donne beaucoup de cachet à cette chanson très intéressante à l’écoute.



La deuxième grosse évolution, celle qui froisse certains fans, est l’introduction d’éléments pop dans la production d’un groupe réputé pour son atmosphère gothique. C’est le cas de MIRROR, très mélodieuse, prenante, rapide et aux consonances résolument pop qui pourraient en faire un générique d’anime, telle l’expérience Nightmare avec Death Note. Ces qualités en font surtout l’un des titres les plus accrocheurs de l’album. Squall mérite aussi notre attention. C’est l’une des rares chansons qui parle d’amour ; et la musique, toujours sur un rythme assez soutenu, se fait moins agressive, plus mélancolique. Bien que chargée en émotion et pleine de détermination, elle manque d’originalité. Le break surprise en milieu du morceau lui donnerait presque une dimension orchestrale : la guitare de Karyu se fait acoustique et la voix d’HIZUMI prend toute son ampleur, notamment lorsque le violon d’Hiroo Muto vient s’y superposer. Squall est idéal pour faire découvrir le groupe au grand public, voilà peut-être l’une des raisons de sa sortie en maxi-single... tout comme Kogoeru Yoru ni Saita Hana, une consoeur elle aussi très harmonieuse et mélodique. Enfin, TRICKSTaR, entraînante avec un HIZUMI rageur, n’en conserve pas moins certains traits caractéristiques de la musique pop. Karyu la tisse comme une toile d’araignée avec sa guitare et ZERO nous offre une ambiance envoûtante avec une basse fluide. Les épileptiques devront peut-être s’abstenir de visionner le clip correspondant, au montage ultra-dynamique, inclus en extra sur le CD de la Regular Edition.

Les quatre derniers outsiders de l’album ont aussi leur personnalité propre, plus ou moins fouillée et accrocheuse. SCREEN offre un début très doux et lent : quelques menus accords de Karyu, beaucoup de retenue chez TSUKASA, HIZUMI qui murmure et la douce basse de ZERO qui rend l’atmosphère cotonneuse. Puis un éclat de voix lance la musique. HIZUMI fait alors passer beaucoup d’émotions en variant son registre des graves aux aigus. Lost Scene s’illustre en devenant le titre le plus plat de l’album (qui n’est donc pas parfait), à peine sauvé de la noyade par HIZUMI. Cette composition de TSUKASA déçoit après ses précédentes créations (Grudge avec Karyu, Hai to ame sur [Coll:Set], MAZE sur le maxi-single Kogoeru Yoru ni Saita Hana…) au niveau nettement plus élevé. Avec Closer to Ideal, on retrouve le style original, à la fois doux et délicieusement violent de D’espairsRay. La signature de Karyu, pilier du groupe, en atteste. L’alternance guitare saturée / guitare mélodieuse est une pure réussite. Pour finir, Kaleidoscope, ballade rock et dernier titre du CD, se laisse écouter mais s’avère totalement anecdotique.



Avec une production de haut niveau (reflétant la popularité grandissante du groupe, tout particulièrement en Europe) et son rendu sonore, MIRROR n’est pas sans rappeler les standards metal actuels de notre continent. Néanmoins, cet album, très bon et efficace, divise un peu les fans. A cause de ses petits côtés pop, certains reprochent abusivement à D’espairsRay la perte de son identité pour des aspirations plus commerciales, alors que d’autres ressentent des émotions aussi vives qu’au premier jour. La puissance de leur musique goth fait toujours l’unanimité, avec ici plus de lancinance et de subtilité que sur [Coll:Set]. De ce fait, la plupart des titres de cet album s’adressent aux connaisseurs qui sauront apprécier évolutions et nouveautés. D’autres, comme Squall ou Kogoeru Yoru ni Saita Hana, permettront aux novices d’approcher en douceur l’une des meilleures formations japonaises du moment. La tournée européenne 2007 de D’espairsRay n'inclut pas d'étape française. Une décision cruelle car, si les morceaux de MIRROR s’écoutent en boucle, on ne peut manquer d’imaginer les sentiments violents et fulgurants qu’ils pourraient procurer en live.

Gwenaelle Durand


Sortie : 11 avril 2007
Référence Limited Edition : POCE-94102
Référence Regular Edition : POCE-14102
Site officiel : www.despairsray.jp

Tracklist :
01 - DAMNED
02 - TRICKSTaR
03 - MIRROR
04 - SIXtyNINe
05 - Kogoeru Yoru ni Saita Hana
06 - SCREEN
07 - Lost Scene
08 - Hollow
09 - Closer to Ideal
10 - Angeldust
11 - Squall
12 - Kaleidoscope

Bonus Vidéo* :
Clip TRICKSTaR
*uniquement sur l’édition POCE-14102

>>> Acheter l'édition officielle japonaise POCE-14102 chez YESASIA (environ 21 euros)

Visuel © D’espairsRay
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