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the studs - studs (version européenne)

Ce n’est que quelques semaines après la séparation officielle de kagerou (janvier 2007) et environ un an après celle de deadman (avril 2006) que se forme le nouveau groupe rock the studs, composé de l’ancien chanteur de kagerou, Daisuke, et des ex-membres du groupe kein, qui s’étaient dispersés depuis : le guitariste Aie (ex-deadman), le bassiste Yukino (ex-GULLET et lynch.) et le batteur Hibiki (ex-BLAST). Deux mois après le faire-part de naissance de the studs sort un premier maxi single, studs, immédiatement suivi d’une tournée principalement japonaise qui fera un petit crochet par Paris le 16 juin. La création d’un groupe de revenants supervisé par le manager de kagerou, un mini-album lancé simultanément dans l’Archipel et en Europe, une tournée aussi rapide… Toute cette précipitation laisse planer le spectre du Jrock "commercial" sur le projet. L’heure est au premier verdict après écoute du CD, juste avant le passage de the studs à la Maroquinerie.

Si studs est disponible en deux éditions au Japon, l’une de six titres et l’autre de cinq titres avec un petit DVD en supplément (le clip de Thursday et son making-of), la version européenne lancée par le label GAN-SHIN correspond à l’édition nipponne simple CD de six pistes. Dès la première écoute, on ressent une volonté de diversification avec l’exploration de différents styles : pop dans tonight is the night, ou funky dans thursday (jouissant d’excellentes successions de riffs et d’effets de syncope extrêmement prometteurs pour du live, malgré certains passages trop confus)… tout en gardant le rock comme ligne directrice, avec une sonorité japonaise affirmée (le timbre de voix, l’orchestration…) qui ne laisse aucun doute sur les origines du groupe. spread from sister est le morceau qui rappelle le plus deadman, que ce soit par sa musique ou ses paroles dérangeantes. Petite mention aussi à disclosure où Aie nous séduit par ses talents de gratteux et où les chorus glissants et languissants tranchent singulièrement avec le chant presque "vomi" de Daisuke [NDLR : non, ce n’est pas mamie qu’on égorge même si ça y ressemble]. Le petit passage de rush un peu bordélique frise parfois le death metal et s’avère particulièrement vivifiant.



Après les bonnes surprises, disséminées aux quatre coin du CD entre diverses déconvenues sur lesquelles nous reviendrons, abordons un élément qui réussit à la fois à nous perturber et à se faire remarquer positivement : la performance vocale de Daisuke. Creusant un fossé avec les braillements live de kagerou, sa voix se fait superbement claire, légère en survolant l’orchestration et presque féminine sur les titres un peu pop et leurs passages lents comme false the skin, la première chanson du CD (et aussi la plus mélodieuse et la moins sombre de l’album). Plus loin, Daisuke adopte un jeu plaintif sur rain drop qui oscille entre lumière douce et ombre nauséabonde ; puis, sur tonight is the night (morceau très accessible mais qui manque d’originalité), c’est un chant plus posé et dansant que l’on a le plaisir d’écouter. Le changement de groupe n’a cependant pas fait de miracle, si le chanteur se dépatouille plutôt bien lorsque qu’il faut chanter sur quatre ou cinq tons, c’est la bérézina dès qu’il faut grimper dans les aigus ou descendre dans les graves : sa voix éraillée de fumeur déraille complètement. Risible. Il transforme la fin de disclosure en calvaire, incapable de tenir ses notes. De même sur thursday, à la place d’une véritable "voix de barbu", plus rauque et bourrue à la Lofofora qui aurait littéralement fait exploser le titre, on se contente d’un Gremlin au karaoké…

Musicalement, on peut regretter que le bon jeu de guitare soit autant mis en avant face à la basse elle aussi excellente de Yukino et la batterie trop effacée d’Hibiki. Avec plusieurs compositions construites sur une profusion presque continue de notes, sans assez de nuances et temps de respiration, on frise parfois la saturation. On apprécie en particulier la basse durant rain drop, où elle se fait simultanément lourde et résonnante. Le petit pont vers la fin de la chanson lui permet de s’exprimer seule. Yukino se fait beaucoup plus sec sur spread from sister, adopte une ligne irréprochable sur thursday et joue sur des effets de flux et de reflux dans tonight is the night. Aie quant à lui s’offre un petit solo prometteur à la fin de false the skin ainsi qu’un petit aller retour entre acoustique et électrique saturée sur thursday. Sur ce futur titre incontournable en concert, ses riffs jonglent entre rock débridé et ambiance disco-club… avant de redevenir mélodiques –quoiqu’un peu lourds ou bruts par moments- sur tonight is the night. Dommage que cette touche lumineuse ne parsème pas entièrement le morceau. Sur l’ensemble de studs, la récurrence des passages décevants (pour des motifs divers : fouillis, manque de finesse, chant ridicule…) ternit l’excellente surprise laissée par d’autres, fort réussis (pour des raisons tout aussi variées : performance vocale simple mais juste et brillante, jeu rythmique prenant…).



Entre d’un côté les bonnes surprises, la recherche d’originalité en gardant une pincée de deadman touch, des passages exaltants… et de l’autre plusieurs séquences sans panache, brouillonnes, sans oublier les errances de Daisuke, difficile de se forger une opinion franche. studs est certainement sorti un peu trop vite, nous laissant sur un avis mitigé, mais laisse entrevoir un futur prometteur. Nous ne nous attendions pas à un mini-album aussi travaillé et innovant, toutes proportions gardées. Le groupe a du potentiel, reste à voir s’il saura l’exploiter. En attendant de nouvelles chansons plus mûries et fignolées, nous aurons bientôt le plaisir de découvrir sur scène le potentiel de thursday ou encore du colérique disclosure. Ce sera le moment pour the studs de nous convaincre en s’armant de maîtrise, d’un bon son, et sans tomber dans le piège des habituels concerts brouillons. Rendez-vous le 16 juin 2007 à la Maroquinerie.

Gwenaelle Durand


Sortie mondiale : 13 juin 2007
Référence édition japonaise type A (CD+DVD) : ENSR-001/002
Référence édition japonaise type B (CD) : ENSR-003
Site officiel : www.the-studs.com

Tracklist édition européenne :
01 - false the skin
02 - disclosure
03 - rain drop
04 - spread from sister
05 - thursday
06 - tonight is the night

Visuel © Einastar Records
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