Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

BRAHMAN - a forlorn hope (version américaine)

La venue en France de BRAHMAN est l’occasion de présenter l’un des meilleurs albums du groupe, à savoir a forlorn hope. Cet album n’est pas récent puisqu’il date de 2001, mais il a été réédité cette année sous le label américain Revelation Record USA. C’est le CD idéal pour faire découvrir la musique enlevée et rock punk de BRAHMAN aux européens, public qui ne connaît pas encore bien, pour ne pas dire pas du tout le groupe. La situation devrait changer d’ici peu si Toshi-Low, Kohki, Makoto et Ronzi continuent à faire des premières parties de bons groupes rock et à se démener comme des beaux diables.


Le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on écoute a forlorn hope est "rafraîchissant". Enjouée et dynamique, la musique du groupe tranche fortement avec les paroles globalement révoltées et furieuses de Toshi-Low. Vu qu’à la première écoute la signification des paroles n’est pas la préoccupation principale pour qui ne parle pas couramment le japonais, on se surprend à secouer la tête en cadence sur les différents titres et à se sentir fébrile à chaque début de chanson, curieux de savoir quelle mélodie et quel rythme va nous jouer BRAHMAN cette fois-ci.

La deuxième impression, très forte et qui donne envie de hurler sa frustration, c’est : "trop court !". En effet le CD dure 33 minutes et 11 secondes chrono pour 12 chansons. Il est surprenant qu’un groupe japonais fasse des chansons aussi courtes. Certaines d’entre elles auraient pu devenir des morceaux de choix une fois rallongées de deux minutes. C’est le cas du premier hit du CD, For one’s life, un tube en puissance dont nos oreilles ont peine à se régaler vu que la chanson n’affiche que 1mn52 au compteur. Lors de la dernière note de gratte endiablée, on ressent un cruel manque et un sentiment de trahison s’empare de nous : mais pourquoi s’arrêter si tôt et en si bon chemin ? Pour notre plus grand malheur, cette sensation reviendra régulièrement lors de l’écoute de l’album.



Intrigué et se sentant brimé, on ne peut s’empêcher de vérifier que le CD ne comporte bien que les douze chansons que l’on vient d’écouter. On regarde à nouveau la liste des titres imprimée sur le dos de la jaquette lorsque nos yeux se posent sur la mention "plus enhanced live footage : 2 songs". Dès lors, BRAHMAN redevient un groupe mythique et c’est avec un sourire béat que l’on s’empresse d’ouvrir le CD sur son ordinateur pour y découvrir les sessions live de For one’s life et Basis, les deux premières chansons de l’album. Ces clips live sont l’opportunité de voir de quel bois se chauffe BRAHMAN sur scène. La réponse est simple : des fous furieux qui s’en donnent à cœur joie devant un public surexcité friand de slams en tout genre. Les quatre compères vivent littéralement leur musique et communiquent une énergie dévastatrice qui galvanise la foule en délire. En bonus on trouve aussi toute la discographie et la biographie du groupe, ainsi que des liens vers les sites officiels de BRAHMAN. Ca y est, nous voilà réconcilié avec le groupe, et c’est avec un enthousiasme non feint que l’on se repasse le CD une deuxième fois, juste pour le plaisir.

Le départ se fait en fanfare avec l’excellente chanson For one’s life qui lance merveilleusement bien le ton de l’album : une batterie en pleine forme avec un tempo rapide, une guitare aux riff accrocheuses, une basse qui rend le tout harmonieux et la belle voix de Toshi-Low dont le timbre assez neutre se marie agréablement avec tous les styles de musique.

L’un des points forts des chansons de BRAHMAN sont les mélodies qui vous trottent dans la tête et vous donnent le sourire rien qu’à y repenser. BRAHMAN sait composer des refrains simples mais très efficaces qui restent ancrés dans votre mémoire, comme c’est le cas pour Basis avec un couplet très musical au niveau guitare et Shadow play ou Deep, plus dynamique avec des paroles faciles à retenir.

Une originalité de l’album pour un groupe japonais est que BRAHMAN chante dans sa langue maternelle, mais aussi en anglais dans For one’s life par exemple et en espagnol, fait beaucoup plus rare, pour Mis 16 qui contient plusieurs paragraphes en langue latine. Toshi-Low s’en tire avec les honneurs : il maîtrise très bien la prononciation et arrive à faire un "r" sans que ce dernier ne ressemble à un "l", ce qui est avouons-le assez rare chez les japonais. Cependant, si l’on s’intéresse à la langue japonaise et que l’on souhaite comprendre voir maîtriser le yaourt que l’on chante, on voudra connaître par cœur l’intégralité des paroles de l’album. On ouvre alors sa pochette de CD et… on essaye désespérément de lire les paroles mais on s’abîme les yeux sur un texte rouge qui ne ressort absolument pas sur le fond marron gris. C’est bien dommage car l'intérieur du livret dépliant est esthétiquement réussi.



La touche BRAHMAN est très reconnaissable. Même si les chansons ont toutes leur originalité, on commence à repérer un style qui après-coup paraît tellement évident que l’on se demande comment on a fait pour passer à côté jusqu’alors. Les introductions douces à la gratte font immuablement place à une batterie énervée et à un jeu de guitares speedé, véritable bataille rangée entre Kohki et Makoto qui ont chacun leur moment de gloire dans les chansons. En effet, BRAHMAN est un groupe où la basse joue un véritable rôle, à savoir qu’il n’est pas rare de l’entendre seule avec la batterie et le vocaliste, comme c’est le cas dans Basis. Dès lors, on a intérêt à aimer cette personnalité musicale, car ce pattern se répète sans cesse. Pour celui ou celle que les changements de rythme brutaux laissent indifférent, il ou elle risque fort de trouver le CD ennuyeux.

Les BRAHMAN ont la pêche et ils ne nous ont pas concocté un CD reposant. Ce serait un vrai défi que de rester amorphe à l’écoute de cette suite de rythmes rapides et entraînants, plus efficaces que de la caféine pour se réveiller. Il y a très peu de chansons que l’on peut qualifier de lentes, et ces dernières se trouvent en fin d’album. Les dix premières pistes sont très rythmées et varient entre le rock tendance pop acidulée pour Z et Sliding Window, à du bon gros rock agressif tendance punk pour Deep et Box. Deep est d’ailleurs sans conteste l’un des titres phares du CD, avec un rock qui met en avant la batterie lourde et puissante de Ronzi et la voix de Toshi-Low qui devient légèrement plus gutturale pour coller au caractère pulsatif et agressif des refrains de la chanson.


a forlorn hope est donc l’album idéal pour remettre un peu de gaieté dans ces longues journées d’hiver. Le groupe a su trouver un style authentique et une manière simple de jouer de la musique parfaite pour éliminer toutes les toxines accumulées pendant la semaine, qu’elles soient physiques ou mentales. BRAHMAN n’est peut-être pas la révélation de l’année, il n’empêche que la qualité du travail est indéniable et que le groupe arrive à communiquer son énergie à travers ses chansons. Si vous avez besoin d’un bon coup de fouet avant de partir travailler le matin, a forlorn hope est l’album qu’il vous faut.

Gwenaelle Durand


Sortie : 11 février 2005
Référence : RD006
Site officiel : www.tc-tc.com

Tracklist :
01 – For one’s life
02 – Basis
03 – Sahdow play
04 – Last war
05 – Deep
06 – Z
07 – Sliding window (instrumental)
08 – Box
09 – Mis 16
10 – Plastic smile
11 – Arrival time
12 – Bed space requiem

Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême