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PENICILLIN - BLUE HEAVEN

PENICILLIN fait partie de ces groupes vétérans du visual kei. Il a débuté au début des années 90 et a réussi à perdurer en se renouvelant, délaissant peu à peu le look excentrique démodé qui attire tant de moqueries chez ses détracteurs… L’une des particularités de PENICILLIN réside dans la voix maniériste de HAKUEI, son playboy de chanteur, au timbre unique en son genre… et qui pourrait lui valoir son lot de railleries, notamment en provenance du public rock/metal européen. A l’occasion de la venue de HAKUEI en France à JAPAN EXPO 2007, Orient-Extrême revient sur le dernier album de PENICILLIN, BLUE HEAVEN. Ce CD sorti fin février, le second édité chez la major avex, est aussi le dernier réalisé avec le bassiste GISHO qui a fait ses adieux le 20 mai. BLUE HEAVEN rassemble quelques-uns des singles récents tels que Grind Candy, hyper chord / hyper kids ~daigaku monogatari~ et tsuki senko ni kagayaku, mais aussi des inédits qui tentent de revenir à un rock plus dur.

La jaquette annonçait une ambiance sombre flirtant avec le malsain… et il n’y a pas vraiment tromperie musicale sur la marchandise. BLUE HEAVEN bénéficie d’une orchestration rock solide, couplée à une sensation de finesse permanente et à la légèreté du chant d’HAKUEI ; le tout constituant la marque de fabrique de PENICILLIN.

L’écoute débute avec le très pop-rock Hana. Le refrain très entraînant n’efface pas la petite pointe de tristesse omniprésente qui s’exprime plus particulièrement dans les sonorités de la guitare. Dans un style similaire, on peut citer Misery qui fait intervenir un synthétiseur très discret lors les couplets, le tout étant mené par une gratte un peu plus mordante. Ces deux titres résolument pop s’avèrent accessibles et agréables à écouter. Le genre pop-rock fétiche de PENICILLIN est évidemment très représenté ; comme en témoignent également hyper chord et hyper kids ~Tokai Daigaku monogatari~ qui jouent à leur tour la carte de l’efficacité et du tempo rapide entraînant. Le groupe aime mêler les genres et le prouve ici avec du ska dans les couplets de hyper kids ~Tokai Daigaku monogatari~.



Les sons électroniques, timides dans Misery, s’expriment pleinement dans Galaxy Train, lancé par une nappe de synthé rétro digne d’un film de SF des années 80. La guitare puis le chant d’HAKUEI -qui s’envole relativement haut en fin de phrases- montent alors au créneau pour rythmer définitivement une composition efficace, globalement classique malgré l’instrumentalisation électro vintage / rock. tsuki senko ni kagayaku en piste 6 fait exactement l’inverse : tempo assez lent, rythme lancinant à trois temps -un peu à la manière d’une valse- et accompagnement discret… Alors que le ton monte crescendo pendant les refrains, la basse qui joue l’un des premiers rôles et la voix d’HAKUEI parfois légèrement voilée rajoutent du mystère à un titre définitivement vaporeux (ce n’est pas péjoratif ici), comme une longue transition que seul le solo énergique de Chisato rompt momentanément dans son dernier quart. tsuki senko ni kagayaku est très certainement l’une des productions les plus intéressantes du CD pour l’univers qu’elle développe.

BLUE HEAVEN de PENICILLIN offre aussi quelques bonnes ballades telles que Hotarubi et Eden qui débute par la voix lointaine d’HAKUEI. Il s’en dégage une dimension très dramatique. Eden est très prenante notamment par sa mélodie mélancolique et l’émotion transmise par la performance vocale du chanteur. Paradoxalement, le tempo s’avère rapide et le titre réussit simultanément à se faire violence avec l’ampleur et l’effet de masse des jeux du guitariste Chisato et du batteur O-JIRO. Un morceau hybride en quelque sorte. Quant à Hotarubi, il s’agit d’une ballade rock beaucoup plus conventionnelle, et donc plus légère et posée qu’Eden.

PENICILLIN aime également jouer avec les contrastes. Le très bon Kamikaze SURFER oppose d’un côté un refrain énergique et accrocheur stylé pop-rock avec voix claire, et de l’autre des couplets plus punk, agressifs et violents grâce aux cordes. Dans la même veine, encore plus fort et avec plus d’amplitude, Grind Candy alterne des couplets sombres guidés par la voix saturée d’HAKUEI, à des refrains virevoltants, illuminés par un chant très clair. Une transformation magique pour ce bonbon musical double saveur, qui nous achève d’un superbe solo de Chisato.



On vous avait prévenus, PENICILLIN allait revenir à un son plus dur. C’est le très jouissif Blood Red Snow White qui en apporte la meilleure preuve en proposant comme bouquet final le titre plus violent et le plus agressif de l’album BLUE HEAVEN, tendant même vers la fusion avec une pincée de hip hop dans le flow et l’utilisation de scratch. La guitare est une fois de plus mise en avant, les chœurs féminins apportent une nouvelle dimension, la batterie force le rythme et la voix d’HAKUEI se fait plus rude et agressive qu’auparavant. Le quatuor se lâche et Blood Red Snow White constitue une explosion flamboyante d’énergie, une apothéose pour un CD qui avait commencé plutôt tranquillement… et laisse donc une très bonne impression !

Pour ses quinze ans d’activité, PENICILLIN nous gâte en sortant un album réussi et très riche. Pas une seconde d’ennui à l’écoute de ce disque dépourvu de la moindre fausse note. Si la petite touche efféminée de l’ensemble pourra ne pas convenir au public traditionnel européen, reconnaissons-lui une maîtrise dans la variété des registres, toutefois explorés sans grande prise de risque. On appréciera tout autant le très speed hyper kids ~Tokai Daigaku monogatari~, l’indéfinissable tsuki senko ni kagayaku mais aussi les productions rock comme Kamikaze SURFER, voire metal (en fusion) avec Blood Red Snow White. Comme le "récent" LOVE IS BEAUTIFUL pour GLAY, BLUE HEAVEN démontre qu’un "vieux" groupe comme PENICILLIN peut se renouveler dans la qualité, avec talent et sans sombrer dans la facilité. Un CD à découvrir, et éventuellement à réécouter pour prolonger l’extase de ce "paradis bleu". Malgré le départ de GISHO, bassiste de toujours, espérons que PENICILLIN continue sur cette lancée. Le chanteur/mannequin HAKUEI nous éclairera certainement sur ce sujet lors de sa conférence publique le samedi 7 juillet 2007 à JAPAN EXPO. Affûtez vos questions !

Julie Carvalho


Sortie : 28 février 2007
Référence Regular Edition : AVCD-23183
Référence Limited Edition (CD+DVD) : AVCD-23182
Site officiel : www.penicillin.jp

Tracklist CD :
01 - Hana
02 - Kamikaze SURFER
03 - hyper chord
04 - Misery
05 - Galaxy Train
06 - tsuki senko ni kagayaku
07 - Hotarubi
08 - Grind Candy
09 - neo-glamorous
10 - hyper kids ~Tokai Daigaku monogatari~
11 - Eden
12 - Blood Red Snow White

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Visuels © DUPLEX DEVELOPMENTS LTD & avex
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